Archives de catégorie : Commerce

Une dette qui inquiète

Selon des propos du gouverneur de la Banque nationale, Pierre Wunsch, « la situation budgétaire de la Région de Bruxelles-Capitale est alarmante ». Ces dernières années, le solde de financement n’a cessé de se détériorer et la Région bruxelloise est désormais celle dont le taux d’endettement est le plus élevé: 280% de ses revenus. A titre de comparaison: en Flandre, les dettes ne s’élèvent qu’à un peu plus de 50% des revenus.

C’est avec un certain étonnement, que l’on apprend que contre toute attente la viabilité de la dette de la Communauté française (fédération Wallonie-Bruxelles pour certaines compétences comme l’éducation et la culture) semblerait moins problématique à 80 % des recettes. Il sera intéressant d’entendre les commentaires de notre grand argentier régional Sven Gatz et des économistes qui nous lisent.

Les soutiens, qui ont été nécessaires pour permettre aux commerçants et aux entreprises de rester à flot durant la crise du Covid, ne sont certainement pas pour rien dans cet important déficit, mais on peut  aussi s’interroger à propos des énormes investissements relevés par Michel Hubert pour la réalisation du Métro 3. D’autant plus, que les taux d’intérêt bas, qui financent la dette, ne seront pas éternels. Quelle ardoise allons-nous laisser à la nouvelle génération, qui aura à faire face aux conséquences du changement climatique ?

Chauffer la rue ?

Le Covid a permis l’extension de nombreuses terrasses. L’hiver a poussé les exploitants à y installer des chauffages électriques ou au gaz. On peut bien évidemment en comprendre la raison. Qu’en sera-t-il à l’avenir ? Alors que la lutte contre les effets du réchauffement climatique est loin d’être gagnée, allons-nous continuer à permettre de chauffer la rue ?

Le règlement de police, déjà ancien, de la Ville de Bruxelles interdit l’installation de chauffage au gaz en terrasse, mais ne dit rien à propos du chauffage électrique. Vu l’arrivée du Covid, le nouvel échevin du Commerce n’a pas actualisé le règlement et n’agit pas contre les établissements qui allument leur chauffage au gaz. Face à cette impunité, d’autres établissements s’équipent de la même manière.

Même si on peut apprécier ce confort extérieur, est-il pensable de poursuivre ce gaspillage d’énergie et cette production de gaz à effet de serre ?  En France il sera interdit de chauffer les terrasse dès avril 2022. Quelle sera la situation chez nous, dès que les mesures exceptionnelles Covid auront vécu ? Les communes s’interrogent et la Ville cherche des alternatives avant d’interdire, mais y a-t-il d’autres alternatives que la couverture ou le châle ?

Happy Monday: victoires citoyennes

Une société civile active

Renaissance d’une place. Si vous connaissez la place du Musée, vous faites partie des citoyens bien informés et sans doute ne vous y arrêtez vous pas ?  C’est pour lui donner une existence et une utilité, que les citoyens regroupés dans l’association Quartier des Arts ont pu répartir un budget important entre quatre bureaux d’architecture bruxellois pour dessiner un avenir à cet espace. L’échevine de l’Urbanisme de la Ville va-t-elle s’en inspirer pour mettre cette place oubliée à son agenda ? Exposition des projets dans les appartements de Charles de Lorraine du 15 au 18 février.

A travers les murs. C’est à l’intérieur des logements du Quartier Saint -Jacques, mais surtout du Quartier Anneessens, que Vincen Beeckman a longuement promené sa caméra. Il en a ramené un précieux album dont les photos s’étalent régulièrement sur les colonnes du quai d’embarquement la station de métro Anneessens-Fontainas. Elles révèlent à la fois la banalité et la simplicité du quotidien des habitants, mais aussi la profonde humanité de tous ces petits moments de vie offerts à nos regards.

Une Zinne électronique. La monnaie locale bruxelloise, créée par des citoyens, existe déjà en billets depuis plus de deux ans. 1 zinne = 1 euro. Il sera désormais plus simple de charger des zinnes électroniques et de payer avec votre téléphone dans un nombre croissant de magasins et service bruxellois. Le but de cette limite géographique est de s’assurer que la Zinne reste dans l’économie réelle (biens et services locaux), sans être captée par une banque ou être sujette à spéculation.

Salaires trop bas

Achats trop chers

Nos entreprises se portent bien et les faillites sont en baisse. Tant mieux. La progression des marges bénéficiaires des entreprises indique cependant  que nous payons nos achats trop cher, voilà ce que l’on peut lire dans un article du journal économique L’Echo. Il précise : qu’une part croissante de la richesse créée par ces entreprises va dans la poche des actionnaires et non pas des salariés. Une opportunité pour relever les salaires au-delà de l’indexation et particulièrement les salaires les plus bas. ?

Le phénomène semble être mondial. En cause: le déficit de concurrence dû à la montée en puissance de grands groupes qui réussissent à expulser du marché les plus petits acteurs, ce qui leur permet de relever leurs prix sans crainte de perdre des clients. Mais pourquoi cette évolution est-elle bien plus prononcée en Belgique que dans le reste de l’Europe, comme vous le voyez dans le tableau en annexe ?

« Le gonflement des marges bénéficiaires de ces dernières années nous interpelle assurément, mais pour bien l’interpréter, une analyse plus approfondie serait nécessaire », déclare le patron de l’Autorité belge de la concurrence (ABC), Jacques Steenbergen. Mais, faute de moyens, nous n’avons plus effectué de recherches sectorielles ciblées depuis de nombreuses années. » Et les résultats d’une analyse de la Banque nationale ne sont pas attendus de sitôt.

Un cadeau à ne pas faire ?

Le casque de réalité virtuelle n’est pas encore très populaire chez nous, mais cela ne saurait tarder. Tous les grands de l’informatique nous préparent à son arrivée et Apple ne sera pas le dernier à proposer son modèle. Vous voyez ce dont il s’agit ? Un casque qui permet de défier la réalité et qui impose la supériorité du virtuel sur le réel. Si ces lunettes sont mieux que la réalité, pourquoi chercher à avoir mieux ? C’est le docteur Thierry Schmitz qui soulève ICI cette question de société, en pleine période de cadeaux.

Selon lui, c’est déjà le cas de ces enfants qui restent toute leur vie à jouer aux jeux vidéo chez leurs parents… Les médias ont longtemps soutenu que les jeux vidéo éloignaient du réel, rendaient la jeunesse insensible. Jusqu’à ce que l’industrie du jeu vidéo devienne aussi prospère que celles du cinéma et de la musique réunies. Qu’en sera-t-il quand la condition humaine consistera à vivre avec un écran devant les yeux ? Quand les enfants réclameront leur casque, parce que la réalité est devenue trop laide ou trop inhumaine pour qu’ils l’acceptent ?

N’avoir comme monde où vivre qu’un écran qu’on se met devant les yeux ? Le docteur Schmitz pense qu’il faut pouvoir priver les enfants de certains plaisirs et retarder autant que possible l’usage de la tablette et du smartphone. C’est aujourd’hui ce que font les classes les plus aisées et les pontes de la Silicon Valley, bien conscients de la nocivité de leurs propres appareils et logiciels sur leurs enfants. Pour le docteur Shmitz, enfermer les gens dans une réalité virtuelle, c’est recommencer la lutte des classes. Qu’en sera-t-il à Bruxelles ?  Que cela ne vous empêche pas de vous retrouver joyeusement et prudemment en cette veille de Noël.

photo extraite de l’article du Dr Schmitz