Archives pour la catégorie Institutionnel

Happy Monday: la transparence a gagné

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La Ville de Namur a été déboutée par la justice à la suite de son action en référé à l’encontre de Transparencia, qui a publié des informations en lien avec des réunions du conseil communal. La commune s’est attaquée au site web qui revendique « le droit de savoir ». Il y a eu des menaces et des tentatives d’intimidation pour que l’on se censure, affirme le porte-parole de l’antenne namuroise de Transparencia, qui confirme son intention de continuer à publier les informations relatives aux prochains conseils communaux, tant que la commune ne le fera pas elle-même.

Les séances de conseil communal sont publiques dans toutes les communes. Il n’y a donc pas de raisons que l’on ne puisse y filmer sans déranger et que les citoyens – qui ne peuvent se libérer pour y assister – ne puissent en prendre connaissance par les médias. Liège et Mons se sont engagées dans la voie de la transparence. A Bruxelles, dans les 19 communes, la situation est plus  contrastée, comme le montre cette carte. A partir du 1er juillet, la Ville de Bruxelles retransmettra ses conseils communaux sur son site. Un dossier du Soir fait le point ICI sur la les aspects juridiques et démocratiques de la situation à Bruxelles et ses 19 communes.

Si vous vous réjouissez de lire de bonnes nouvelles, il faut que je vous communique le lien vers le site  » Victoire Bonnes Nouvelles « , dont cette condamnation namuroise est extraite. Leur site récolte quotidiennement des alternatives et des nouvelles qu’il considère comme bonnes, à travers le monde. Vous pouvez les sélectionner par pays. Happy Monday !

photo BX1

 

Une ville de cols blancs ?

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Principal pôle d’emploi du pays, la grande majorité des offres d’emploi de Bruxelles s’adressent aux cols blancs, alors que la population de la ville comporte un nombre anormalement élevé de cols bleus et de personnes peu qualifiées. Résultat: une énorme navette entrante de non Bruxellois éduqués et bilingues pour occuper ces postes et une navette sortante de Bruxellois pour occuper des emplois manuels ou des postes de manutention peu qualifiés en périphérie.

On se trouve face à une gestion catastrophique des ressources humaines dont dispose Bruxelles. Aucune ville au monde ne peut se permettre de privilégier ainsi les emplois du secteur tertiaire, obligeant la population manuelle à se déplacer loin en périphérie – et particulièrement en Flandre – où la connaissance du néerlandais s’impose à ces demandeurs d’emploi. Cela explique à  la fois le taux élevé de demandeurs d’emploi parmi les Bruxellois.e.s peu qualifié.e.s et la congestion permanente des voies d’accès à la ville.

Brussels Studies consacre une étude à ce sujet, dont la synthèse en trois pages se trouve ICI.
Il est capital de réserver des terrains pour une industrie manufacturière urbaine à développer (par exemple le long du canal). Capital aussi, que les écoles délivrent des citoyens bilingues et même trilingues. Capital enfin, que les trois offices régionaux de mise au travail collaborent et annoncent les emplois disponibles en trois langues. C’est peu dire que tout cela urge.

La Belgique implosera-t-elle ?

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Dans un billet récent, l’essayiste wallon Jules Gheude, évoque l’implosion de la Belgique – écrite dans les astres – selon lui. La question ne manque pas d’intérêt pour Bruxelles. Vous connaissez le rêve N.VA d’une Flandre indépendante. Ce n’est pas le score du Vlaams Belang qui freinera cet objectif final. Une marche vers un certain confédéralisme semble bien être en route. Dans cet  extrait du Brexit à la flamande du journaliste Paul Goossens pour De Standaard , il apparaît clairement que cela ne se pourra pas se faire sans Bruxelles. Il constate que « Bruxelles a dépassé la tutelle wallo-flamande. A son tour, Bruxelles se manifeste comme une communauté avec sa propre identité imaginaire. Une négociation sur le confédéralisme n’est concevable que si Bruxelles est à la table des négociations comme partenaire à part entière et participe à la décision. » (traduction libre).

Frank Vandenbroucke (SP.A) écrit : « Comme un Brexit pur est impossible si l’on ne cède pas l’Irlande du Nord à la République d’Irlande, de la même façon, le confédéralisme n’est pas possible si l’on ne cède pas Bruxelles aux francophones » … sauf que Bruxelles n’est pas demandeur d’être partie prenante d’une Belgique résiduelle menée par la Wallonie. Hervé Hasquin (MR) confirme la place de Bruxelles : « La dynastie ne fait pas l’union de la Belgique. C’est Bruxelles. Je ne vois pas la Flandre emmener Bruxelles dans ses bagages, idem pour la Wallonie ». Et Jean-Luc Crucke (MR) de conclure dans une interview à La Libre:  » Il faudra discuter dans la discrétion d’une Belgique à quatre Régions « .

Certains commentateurs pensent que la Belgique ne se séparera pas à cause de l’énorme dette publique que l’on ne sait comment répartir. D’autres pensent que la Belgique subsistera parce que l’Europe ne lui concède qu’un siège et combat les tendances séparatistes, comme on l’a vu avec la Catalogne. Pour le philosophe Philippe Van Parijs,  » La Belgique subsistera à cause de Bruxelles. Pour des raisons différentes, ni la Flandre ni la Wallonie n’acceptera de s’en défaire, et ni l’une ni l’autre ne peut se l’approprier.”  Il s’en explique davantage dans cet extrait de son livre Belgium. Une utopie pour notre temps.  Vous voilà rassurés ?

 

Vers une coalition progressiste

C’est ce qu’affirment Rudi Vervoort et Laurette Onkelinx – toujours présidente du PS bruxellois – dont le parti se tasse, mais demeure légèrement devant Ecolo. Ils commencent donc leurs consultations avec Ecolo, afin de voir si un programme commun est réalisable. Il faudra sans doute y adjoindre Défi pour assurer une majorité stable.

A Bruxelles, le gouvernement régional est composé de deux ailes: la francophone et la néerlandophone qui doivent gérer la Région ensemble. Personne n’a envie de gouverner Bruxelles avec une N-VA, qui veut la cogestion de la ville par les deux autre Régions. Mais voilà, si Bruzz annonce la groene golf de Groen en tête avec 20,6%, la N-VA devient le deuxième parti avec un score 18% et dépasse donc l’Open VLD de Guy Vanhengel et le One.Brussels de Pascal Smet. Une alliance Groen, Open VLD et One.Brussels compterait 10 sièges sur 17 et pourrait se passer de la NV-A.

Les commentateurs bruxellois néerlandophones de Bruzz voient se former une identité propre à Bruxelles : ‘Brussel is een eigen identiteit aan het vormen’. Pour ce qui est de la montée de l’extrême droite en Flandre qui inquiète les Bruxellois, la presse flamande (traduite par la VRT et par Daardaar) estime dans un article que ce score ne tombe pas du ciel et analyse qu’elle reflète une colère de 18% de la population. Pour le PVDA (PTB) c’est une autre approche “ Le fossé n’est pas entre le nord et le sud du pays mais bien entre les partis traditionnels et les gens ordinaires ”.

 

Pour qui voter ?

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Ce n’est pas de moi que vous attendez la réponse à cette question qui va se poser à vous trois fois le 26 mai. Toutefois, ceux et celles qui s’opposent au pouvoir excessif des partis ne voteront pas « tête de liste », pour ne pas se contenter d’avaliser l’ordre des candidats décidé par les états majors des partis. Ils pourront voter pour plusieurs candidat.e.s de leur choix sur une même liste, y compris pour des « candidats d’ouverture », qui soutiennent la liste sans être membres du parti. Cela ne manquera pas d’influer sur la liste des élus qui les représenteront dans les trois parlements ainsi que sur le choix des personnalités qui seront appelées à faire partie des différents gouvernements ou de la Commission européenne.

Les électrices et les électeurs qui estiment que la question du climat et d’un partage plus juste des richesses constituent des enjeux cruciaux pour cette triple élection, n’auront pas trop de peine à retrouver, dans les slogans et les programmes des partis, les candidats qui ont agi et prennent des engagements clairs sur ces sujets. Les élections ne sont-elles pas aussi une occasion de soutenir ou de sanctionner pour leur gestion les femmes et les hommes qui étaient en charge au cours de la dernière législature ?

Pour vous aider à y voir plus clair, un « test électoral » a été mis au point par des académiques à l’initiative de la RTBF, la VRT, La Libre, De Standaard, l’UCLouvain, l’Université d’Anvers et Tree company. Il vous permet de répondre « D’accord » ou « Pas d’accord » à une série de propositions pour chaque scrutin (fédéral, régional bruxellois ou européen) et savoir ensuite quels partis sont les plus proches de vos convictions. Je me suis livré à l’exercice et il me semble que cela ne manque pas d’intérêt, malgré les limites du genre.