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Carburant ou nourriture ?

C’est en ces termes que se pose la question de l’usage fait de certaines cultures vivrières. La guerre en Ukraine et des sécheresses record ont eu un lourd impact sur la production et l’acheminement de nourriture, particulièrement à destination de l’Afrique, où des famines commencent à se déclarer, notamment en Somalie.

Les associations T&E et Oxfam révèlent dans ce communiqué – traduit ICI  pour vous – que pendant ce temps, aucune majorité n’a pu être trouvée au parlement européen pour la proposition de la gauche de mettre fin au soutien des biocarburants issus de cultures vivrières. Ni même pour les propositions des Verts et des Socialistes & Démocrates (S&D) de réduire ou de restreindre spécifiquement les biocarburants de culture en période de crise alimentaire. Le Parlement européen a raté une occasion historique de défendre les plus vulnérables … et des mandataires belges en font partie. Pas fiers.

En faisant passer les intérêts des puissants lobbies des biocarburants avant les millions de personnes dans le monde qui luttent pour trouver leur prochain repas, les pays d’Europe continueront donc à brûler chaque jour l’équivalent de 15 millions de miches de pain et 19 millions de bouteilles d’huile de tournesol et de colza pour alimenter ses voitures et ses camions …

La science est-elle neutre ?

Ingénieurs, architectes, agronomes, médecins se réclament à juste titre de leurs connaissances scientifiques pour justifier leurs interventions et leur pouvoir. Mais les sciences diffusées dans l’enseignement supérieur et universitaire sont-elles neutres et donc apolitiques ? La récente protestation d’une poignée d’ingénieurs, fraîchement diplômés, a fait resurgir la question. Au service de promoteurs, de constructeurs, de l’industrie agroalimentaires ou pharmaceutique, ces jeunes scientifiques trouvent-ils leur place ? sont-ils entendus ? sont-ils écoutés ?

The Conversation consacre une analyse intéressante de cette prise de conscience nouvelle, qui touche un certain nombre d’étudiants, mais qui questionne aussi le contenu des cours, l’éthique et la critique qui devraient les accompagner. « Vivement critiques du modèle économique capitaliste, du secteur industriel jugé néfaste sur le plan écologique et des promesses techno-scientifiques présentées comme des instruments de préservation de l’ordre existant, les propos tenus révèlent une dimension revendicative peu répandue au sein d’un corps professionnel qui exprime généralement un faible intérêt pour les questions d’ordre social et politique. »

Les étudiants évoquent « souvent le besoin de comprendre les effets écologiques des technologies étudiées et formulent explicitement la demande que cette dimension soit abordée au sein des enseignements techniques. Ils s’adressent aussi aux directions des écoles et sollicitent l’intégration de cours en sciences humaines et sociales dans les cursus afin d’acquérir des connaissances réflexives et critiques au sujet des sciences, des techniques et de leurs interactions avec la société. » Qu’en est-il dans nos haute écoles et universités ?

Pourquoi l’huile est rationnée ?

Parce que l’on brûle chaque jour des milliers de litres d’huile de colza et de tournesol dans nos voitures sans le savoir. Pas moins de 19 millions de bouteilles d’huile disparaissent chaque jour en Europe pour fabriquer des biocarburants à partir de cultures vivrières. C’est pour cela que les rayons se vident dans certains supermarchés et que les prix s’envolent.

C’est l’ONG européenne T&E qui a lancé cette étude, traduite ICI pour vous. Elle préconise, en cette période de pénurie, de donner la priorité à la nourriture sur le carburant. C’est que l’Ukraine représente 40 % des exportations mondiales d’huile de tournesol et reste le premier fournisseur européen d’huile de colza. Le blocus russe des exportations ukrainiennes exerce une pression considérable sur la nourriture.

L’UE encourage encore toujours les biocarburants de culture dans sa législation sur les carburants verts – la directive sur les énergies renouvelables – une politique que T&E a déjà décrite comme « la chose la plus stupide que l’UE ait faite au nom du climat ». La pression sur les prix est tangible chez nous, mais si l’Europe ne change pas de politique, c’est le sud qui va connaître des famines, parce que nous brûlons aussi 10 000 tonnes de blé dans nos voitures. Rouler ou manger ?

Qui vote aux régionales ?

Cela fait des années qu’Aula Magna milite en faveur d’un droit de vote pour les ressortissants étrangers aux élections régionales. Un habitant de la Région de Bruxelles-Capitale sur trois  [35.3% en 2020] a la nationalité d’un autre pays, mais les Bruxellois internationaux ne peuvent pas voter aux élections régionales. Quelles est alors la légitimité d’une assemblée élue par moins de 65% de la population ?

Un article de BX1 révèle que la plateforme « Brussels Voice », lancée par le commissaire à l’Europe de la Région bruxelloise, Alain Hutchinson, des organisations internationales et le secrétaire d’État bruxellois aux relations européennes et internationales, Pascal Smet, visent à leur donner la parole.  Plus de 1.300 Bruxellois internationaux ont élaboré un Manifeste trilingue contenant 22 propositions politiques pour améliorer Bruxelles. Ce document a été présenté aux députés bruxellois. Y arrivera-t-on par une révision de la constitution ? ou  par la fusion des communes ?

Le Manifeste aborde aussi le coût du logement, la sécurité dans l’espace public et l’accessibilité des services publics. Autre demande: la création d’une assemblée consultative régionale, composée de Belges et de non-Belges tirés au sort parmi tous les habitants de la Ville-Région. Elle aurait un rôle consultatif officiel dans l’élaboration de la politique régionale. « Les habitants internationaux de Bruxelles comptent. Ils sont un élément essentiel de notre société et ne sont pas assez entendus ».

En finir avec le gaz !

C’était déjà le titre d’un billet du 18 janvier. Malgré son pont d’interrogation à l’époque, il avait suscité un certain émoi. Aujourd’hui, un article de La Libre nous apprend que le gouvernement bruxellois pourrait interdire l’installation de chaudières au mazout et au gaz pour les permis d’urbanisme déposés dès 2025. Ce serait aussi la fin des subsides pour ces chaudières dès 2023.

C’est pour se conformer aux exigences européennes, qu’Ecolo veut que le gouvernement acte la rehausse des ambitions bruxelloises en matière de diminution des émissions de gaz à effet de serre de 40 à 45 %. Cela implique de nouvelles mesures pour accentuer l’abandon des énergies fossiles, tel que déjà acté à l’ordonnance Climat de 2021 pour l’installation de chaudières au mazout dès 2025.

Ce qui est neuf, c’est que les nouveaux bâtiments construits en 2025 devront être passifs avec des systèmes de ventilation double flux, ou alors à basse énergie avec pompe à chaleur. Des mécanismes de soutien à cette transition seront mis en place. L’objectif  louable est que ces bâtiments neufs ne soient plus dépendants d’énergies fossiles … ni de gaz ou de pétrole russe.