Archives de catégorie : Urbanisme

Pas de guerre à l’auto.

Sur le plan de l’intérêt individuel, la voiture est un objet fantastique qui n’a pas d’égal. Elle fonctionne 24h/24, 365 jours par an, ne fait pas grève et permet d’aller quasiment n’importe où … sauf embouteillages. En ville, on lui a fait une place considérable dans l’espace public, souvent au détriment des autres usagers, qui représentent un peu plus de la moitié des ménages bruxellois.

Au-delà de son efficacité, la voiture est souvent considérée comme un instrument de liberté. Yves Crozet constate que souvent, on ne se contente pas de rouler en voiture, on veut aussi la posséder. Toutefois, un changement générationnel est manifestement à l’œuvre. La voiture fait moins rêver, et de nombreux jeunes sont prêts à moins rouler et à davantage louer des véhicules quand ils en ont besoin.

Économiste et professeur à l’Université Lyon 2, Yves Crozet est interviewé par Alternatives Economiques et se livre à une analyse tout en nuances. Pas de guerre à la voiture, mais vu qu’elle consomme trop d’espace, elle doit être régulée. Il fait des proposition concrètes que vous lirez avec intérêt ICI.

Cohabiter

D’autres manières d’habiter se développent à Bruxelles et pas seulement parmi les jeunes. A la fois de la part de locataires contraints et forcés suite à l’augmentation des loyers, mais aussi par choix d’autres modes de vie plus animés, moins individuels et parfois plus solidaires.

Les législations tant fédérales que régionales n’ont pas pu suffisamment anticiper sur cette évolution et font souvent obstacle à son développement. Le statut de cohabitant est très défavorable à celles et ceux qui se le voient imposer. Il est question de mettre fin à ce statut comme le résume fort bien cet ouvrage collectif «  Cohabitant.e : Vie et mort d’un statut injuste ».

Les personnes bénéficiaires d’un revenu de remplacement ou d’une faible pension suppléée par la Grapa en sont les premières victimes, mais pas seulement. Habiter à un même numéro peut déjà générer de la suspicion et justifier des visites domiciliaires et des cumuls de revenus. Les cohabitats, les habitats groupés, solidaires ou intergénérationnels, bien décrits en page 51 de l’ouvrage, peuvent susciter des interrogations sur le statut de leurs habitants. Il est urgent d’adapter les législations et d’agir pour supprimer le statut discriminatoire de cohabitant.

Bruxelles Ville d’Eau ?

Nous ne sommes ni Spa ni Baden-Baden, mais Bruxelles regorge d’eau. 200 sources bruissent sous nos pieds et l’enquête n’est pas terminée. Ces eaux souterraines finissent souvent dans les égouts. La Coordination Senne poursuit les recherches et s’évertue aussi à remettre plusieurs de nos ruisseaux à ciel ouvert. Une eau qui participe à la lutte contre le réchauffement climatique et dont la vue et l’écoulement nous ravissent.

A la place Saint-Josse, sous l’immeuble Pacific, coule une de ces sources. L’équipe de l’asbl herbronnen.ressources l’a fait ressurgir pour quelques jours afin qu’elle alimente une pièce d’eau qui suscite déjà l’intérêt des passants. Une eau qui pourrait à l’avenir trouver d’autres usages, plutôt que d’être déversée dans les eaux grises des égouts. Ne pas mêler les eaux et remettre des ruisseaux et des sources à l’air libre, tout un programme. Des découvertes à faire aussi au cours du mois Ville-Nature.

Le Brussels Studies Institue consacre une étude très intéressante sur l’eau et son prix. La conclusion révèle qu’au bout du compte le pollueur n’est pas le payeur. L’auteur suggère quelques alternatives. Et puis, à partir de ce jeudi, une exposition de l’artiste  coréen Kim Tschang-Yeul s’ouvrira à la Villa Empain sur le thème de l’eau. Cette “Eau qui fascine par sa dimension vitale et spirituelle. C’est par elle que se noue le lien entre les êtres vivants et le monde”.

Etang temporaire à Saint-Josse / extrait video BX1 et la Woluwe à ciel ouvert / Coordination Senne

Atteinte à la nature.

Pour empêcher toute construction sur les espaces ouverts qui restent en ville, ils exigent un moratoire. Un refus temporaire de tout permis de bâtir, le temps de la réflexion. Qui sont-ils ? Ils et elles sont plus de 900 à avoir créé l’asbl We are Nature. Elle vient de déposer une plainte contre le gouvernement régional. “La fuite en avant doit s’arrêter maintenant”.

Ils se sont déjà battus pour une série d’espaces verts menacés. Le Donderberg à Laeken, le Chant des Cailles à Watermael-Boitsfort, la friche Josaphat sur Schaerbeek et Evere, ne sont que quelques-uns d’entre eux. « Il y a destruction systématique de la nature, alors que nous sommes confrontés au réchauffement climatique et à un effondrement de la biodiversité. Nous avons des îlots de chaleur et le niveau de la nappe phréatique baisse ».

La nature apporte des solutions à ces problèmes: elle offre de la fraîcheur et régule l’eau. En même temps, la nature est importante pour notre santé physique et mentale. Il faut donc arrêter de la détruire. Kris Hendrickx de Bruzz les interroge sans ménagements sur leur action en justice, sur le manque de logements, sur la situation des personnes les plus vulnérables, sur les solutions à apporter. Vous trouverez ICI la traduction de l’interview à laquelle ils se sont soumis.

Ces chers arbres.

La présence des arbres en ville est primordiale, à la fois au niveau physique par la fraîcheur qu’ils dispensent et le CO2 qu’ils absorbent, mais aussi par leur action apaisante qu’ils ont sur nos émotions. Bruxelles compte un grand nombre d’arbres remarquables, de beaux parcs et même une forêt, mais nous savons tous qu’ils sont inégalement répartis. C’est dans les quartiers les plus pauvres qu’il y en a le moins.

Avec la législature communale qui se termine, ne serait-il pas utile de demander à votre échevin ou échevine des Espaces Verts combien d’arbres il ou elle a plantés ? mais aussi combien d’arbres ont été abattus dans la commune et pourquoi ? Un bilan intéressant à connaître lorsqu’il s’agira de savoir à qui donner votre voix dans un an.

Cette semaine débute à Flagey un événement intitulé “ARBR’EMOTIONS”. Un moment ludique et artistique autour de l’arbre et de la reconnexion avec la nature. Place Sainte Croix, la commune commence à débétonner pour pouvoir replanter. BX1 en dit plus et interviewe une organisatrice. Le programme complet est ICI. L’occasion de vous rappeler qu’avenue de Stalingrad on a abattu 128 platanes pour le chantier Métro 3, dont le film « Le Chantier du siècle » repassera  ce samedi à 10h à Jette.

L’avenue de Stalingrad avec ses platanes  © Marc Detiffe – urban.brussels – 2013