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Une bataille idéologique ?

L’échevine de l’Urbanisme de la Ville Ans Persoons (one.brussels/Vooruit).) part en guerre idéologique contre les personnes qui louent une chambre dans un ensemble Coliving & Coworking. Trop cher. Trop chic. Trop jeune. Trop bruyant. Pas accessible aux familles. Pour mettre fin à cela, elle va imposer une charge annuelle de 1.520€ par chambre … ce qui les rendra encore plus chères, mais n’en diminuera pas le nombre. Où veut-elle en venir, alors que la Ville peine à retenir la classe moyenne ?

Nécessairement installés dans de grandes demeures souvent à l’abandon, ces espaces de Coliving répondent à une véritable demande et rénovent des lieux souvent sinistrés, comme les annexes abandonnées du Métropole au Passage du Nord. En faire des chambres d’hôtel en plus ? Du logement social à cet endroit ? L’échevine ne se tromperait-elle pas de combat ? Nous avons déjà abordé l’éclosion de ce nouveau mode de vie plus collectif avec des espaces partagés et évoqué les dérives à éviter.

Si l’échevine veut qu’il n’y en ait pas trop, elle dispose de l’outil nécessaire avec les Permis d’Urbanisme. S’ils ont plus bruyants que la grande série de kots étudiants qu’elle a autorisés, il y a la police. Si promoteurs et banques exploitent le filon, que la Ville en aménage de plus accessibles dans ses propriétés. La mixité urbaine exige que l’Urbanisme soit aussi accueillant à cette population jeune spécifique, y compris celle qui dispose d’un emploi et d’un bon salaire … même si elle ne votera pas nécessairement pour l’échevine. Le Collège s’opposera-t-il à cette véritable tentative d’ostracisation d’une partie de la population bruxelloise ?

Photo KBC et Cohabs. Le privé se trouve sans concurrence vu que le public méprise cette demande.

Economiser gaz et électricité.

Chauffer les terrasses des cafés au gaz ou à l’électricité est-il encore tolérable en période de lutte contre les gaz à effet de serre et alors que l’on se demande comment chacun va pouvoir chauffer son logement cet hiver ? Nous posions déjà la question il y a plus d’un an, mais les communes n’arrivaient pas à se mettre d’accord.

C’est évidemment au niveau de la Région que cette interdiction doit être décidée, pour éviter toute concurrence déloyale entre établissements. La décision semble prise. La Région va interdire l’utilisation de chaufferettes sur l’ensemble de son territoire. L’application de l’ordonnance est prévue pour début 2023.

L’hiver est là, pourquoi pas plus tôt ? Nous vivons encore en démocratie et l’impact d’une telle mesure doit être discuté, évalué et voté au parlement bruxellois. Le projet d’ordonnance doit encore passer en deuxième lecture. La mise en application devrait donc se confirmer avant la fin de l’hiver. La ville de Bruxelles a déjà commencé à distribuer des plaids pour tenir les clients au chaud.

100 solutions

Face aux modifications perceptibles du climat, ses inondations et ses feux de forêt générés par l’activité humaine, nous ne pouvons nous résigner. Nous ne pouvons attendre l’arrivée massive des premiers réfugiés climatiques pour agir. Les villes ont une responsabilité particulière, elle doivent  impérativement réduire leur immense production de gaz à effet de serre. Le futur de Bruxelles et de ses habitant en dépend.

La Coalition Climat vient de présenter au Premier ministre ses « 100 solutions pour le climat ». BX1 les évoque ICI et le mémorandum complet pour un Green New Deal belge est disponible . Se préparer à un nouveau monde soutenable, pour nous et pour la nouvelle génération, constitue sans doute le projet le plus ambitieux et le plus motivant que Bruxelles puisse se donner. Cela nécessitera des changement d’habitudes et de la solidarité. Certains pensent qu’il s’agit de bâtir une nouvelle civilisation …

A Bruxelles, plus de 50 % de nos émissions sont dues à nos bâtiments. Pour sortir de cette situation, il va falloir mobiliser tous les outils dont nous disposons pour isoler nos maisons. Le prix de l’énergie nous y pousse, les primes aussi. Propriétaires et locataires doivent se coaliser et les gouvernements régionaux et fédéraux doivent mieux les soutenir. N’ayons pas peur de le dire: ce sont les plus fortunés d’entre nous qui ont le plus de possibilités d’agir … et ce sont aussi eux qui consomment le plus d’énergie et produisent le plus de pollution.

Une mobilité plus saine.

Longtemps vulnérables et réduits à la portion congrue, les deux roues ont conquis leur place dans la mobilité urbaine. Des pistes cyclables dignes de ce nom ont commencé à faire leur apparition et ont offert plus de sécurité aux usagers, comme les cyclistes quotidiens l’exigent depuis longtemps. Vélos, vélos électriques, vélos cargo, livraisons cyclistes, trottinettes, circulent sans polluer l’air, sans bruit et en consommant peu ou pas d’énergie. Voilà pour l’aspect positif.

Pas tenus de passer d’examens, souvent sans casque et sans assurance, il faut bien constater que les deux roues sont nombreux à ne pas connaître le code de la route ou à ne pas le respecter. Si la plupart des voitures s’arrêtent aux passages piétons, les vélos les franchissent allègrement, pour ne pas mettre pied à terre. Ils mettent régulièrement les piétons en danger, c’est bien visible sur le piétonnier. Vias ou le Gracq comptent-ils entreprendre quelque chose ?

Rien dit des motos. Les motards se rendent-ils compte de la gêne qu’ils occasionnent pour les citadins avec leurs accélérations aussi brutales que bruyantes, avec des pots d’échappement souvent trafiqués. Ils peuvent réveiller des centaines de personnes en une seule nuit. Quand le parlement bruxellois va-t-il enfin réglementer leurs nuisances sonores et oser braver les puissants lobbies qui les soutiennent, police en tête.

 

La ville de demain ?

Plusieurs réactions suite au billet sur La Ville de Demain. Un lecteur nous rappelle que construire en hauteur présente un bilan carbone défavorable, appuyé par cette vidéo de Philippe Bihouix, qui ne croit pas vraiment aux métropole vertes. A Bruxelles, on n’est cependant pas obligé de construire des tours pour densifier l’habitat, on pourrait se contenter d’ajouter un ou deux étages aux immeubles existants. Même à deux pas du Berlaymont, on trouve des maisons à un ou deux étages et même sans étages !

Plus que le mitoyen, la villa 4 façades reste toujours le rêve de beaucoup de Bruxellois. Si vous demandez à un gamin de vous dessiner une maison, il vous dessine une maison 4 façades avec un petit arbre et un soleil. Cela figure donc toujours dans notre imaginaire. Sauf qu’en 2030, la jeune génération ne pourra plus se loger comme ses parents, avec le prix du foncier et de l’énergie qui explosent et le coût des matériaux et de la main d’oeuvre qui grimpent.

À quoi ressemblera donc notre société dans 8 ans ? Une lectrice propose de regarder la brève annonce d’un reportage plus complet, que la RTBF consacre à la question de l’avenir de la villa 4 façades. Il rejoint en partie les conclusions de la vidéo de Bihouix, qui pointe l’importante sous occupation des logements existants, les résidences secondaires, la reconversion des bureaux et les possibilités inexploitées d’adaptation de la ville. Vivre mieux avec moins ?