Archives de catégorie : Urbanisme

Une victoire citoyenne.

Si aujourd’hui, la place de la Bourse et le boulevard Anspach sont débarrassés de toute circulation automobile, c’est une célèbre carte blanche de 2012 – qui a motivé plus de 2.000 Bruxellois à venir y pique-niquer en famille pour rendre cet espace public aux piétons. Un mouvement analysé ICI et de manière plus critique .

A la veille des élections communales, tous les partis ont fini par placer cette piétonnisation à leur programme. Le nouveau Collège a acté cette transformation radicale du centre-ville dans son accord de majorité. La piétonnisation d’Anspach est aujourd’hui irréversible même si elle peut, et doit, être encore améliorée.

Les deux première femmes qui ont osé déployer leur nappe sur l’asphalte – sans permission –  ont eu bien du courage. Contournées par les voitures, elles ont été vite rejointes par d’autres familles, bloquant ainsi toute circulation, sous l’œil finalement tolérant de la police, pour cette manifestation bon enfant de désobéissance civile. « Yes we can ». D’autres PicNic the Streets ont ensuite libéré d’autres espaces publics à Bruxelles comme à Liège. Des victoires d’une société civile vivante. Un reportage photo géant de Saskia Vanderstichele remémore actuellement cet instant sur les palissades de la Bourse.

C’est pour fêter cette victoire citoyenne, saluée par la presse internationale, que vous êtes invités à un nouveau pique-nique à la Bourse ce dimanche 12 juin à 12:30. Cette fois ce seront les vélos et les trottinettes qui auront intérêt à faire gaffe ! Et si vous voulez tout savoir sur l’histoire de PicNic the Street et sur le futur du piétonnier, rendez-vous ce dimanche à 10h au cinéma Palace pour un large débat. C’est gratuit, mais inscription obligatoire ICI encore aujourd’hui. On vous verra dimanche ?

Favoriser l’entre-soi ?

Billet d’humeur

En offrant des primes et en promettant un dumping fiscal aux commerces de standing du centre-ville qui accepteraient de venir s’installer dans les rues commerçantes d’Uccle, le bourgmestre et son échevine du Commerce espèrent débaucher quelques belles enseignes, voire même des théâtres. Ils semblent ne pas avoir de scrupules à accentuer sans vergogne la ville duale. Créer leur petit Neuilly-sur-Senne ?

Avec des commerces de luxe à leur porte, avec des livraisons à domicile et des cyclistes sous-payés pour leur apporter leurs repas, les Ucclois ne devront-t-ils bientôt plus quitter leur commune ? L’entre-soi érigé en mode de vie et la voiture individuelle en mobilité prioritaire ? Avec le bois de la Cambre comme autoroute urbaine …

Le retour des paroisses serait-il le futur de Bruxelles ? Peut-être une question de génération. Il est des jeunes qui finissent par s’ennuyer à Uccle. On commence à les voir au centre dès le jeudredi. Ils se donnent RV à la terrasse du café Au Soleil ou au Fontainas. Ils s’habillent chez Ramon et Valy ou chez  Privejoke. Ils sortent au Belgica, au Cabaret Mademoiselle ou Chez Maman ou alors à Saint Géry. Ouf !

Plus dans les analyses du Soir et de L’Echo.

La fin des cumuls

Cumuler les mandats politiques ne permet pas à certains mandataires de se concentrer à temps plein à la fonction pour laquelle ils ou elles ont été élu.e.s. et concentre trop de pouvoirs dans quelques mains. C’est pourquoi, le gouvernement régional a  (enfin) pu soumettre un projet de décumul intégral au parlement, qui va devoir se prononcer. Seule l’opposition minoritaire semble actuellement défavorable. Dans ce document, Cumuleo se réjouit. Le prix à payer pourrait être absorbé par la diminution du nombre d’échevins.

Si le parlement vote en faveur de ce projet, il ne sera plus possible de cumuler une fonction de bourgmestre, d’échevin ou de président de CPAS avec un autre mandat politique régional ou fédéral. Etre bourgmestre d’une grosse (1) commune bruxelloise n’est-il pas une charge de tous les instants qui exige un vrai temps plein ? et pourquoi pas une juste rémunération revue à la hausse, comme le prévoit le projet ? Plus de détails dans cet article de la RTBF.

Aux citoyens désireux de s’engager en politique à effectuer leur choix entre le niveau communal, régional ou fédéral. Il s’agit là de niveaux de responsabilité fort différents. Trop longtemps, un certain nombre de municipalistes n’ont siégé au parlement régional qu’en vue de maintenir les prérogatives et compétences actuelles des communes, empêchant ainsi la Région de gérer son territoire de manière cohérente et efficace. Cela s’est remarqué, par exemple, dans la saga inachevée du plan de stationnement régional, bien décrite dans un article de L’Echo.

(1) une révision des limites communales et de leurs compétences devrait en finir avec des communes trop petites, comme Saint-Josse ou Koekelberg, ou beaucoup trop grandes, comme Bruxelles-Ville ou Schaerbeek, afin de leur permettre d’exercer leur pouvoir de proximité et de réaliser des économies d’échelle.

Happy Monday: 4 bonnes nouvelles

Plus besoin de permis. Certains travaux sont maintenant dispensés de permis d’urbanisme. Isoler sa toiture, poser des panneaux solaires, décorer un mur avec une fresque, créer une toiture verte, utiliser une partie du logement pour une profession libérale, … Le gouvernement bruxellois a fixé de nouveaux arrêtés qui dispensent de permis ces travaux d’importance minime. Des précisions ICI.

Bons trieurs. Les Belges trient de plus en plus leurs déchets. Recycler ses piles est aussi devenu une (bonne) habitude en Belgique. Leur nombre bat des records : 3631 tonnes de piles ont été récoltées en 2021, mais seulement 149 tonnes à Bruxelles, qui dispose cependant de 2200 points de collecte. Il ne faut plus que nos piles finissent dans l’incinérateur.

Iles flottantes. Sortes de radeaux végétalisés, les premières viennent de faire leur apparition sur le canal. Ces plantes dépolluantes doivent permettre d’améliorer la qualité de l’eau, d’offrir plus de place à la faune et à la flore. La chaleur excessive du canal sera aussi absorbée et le dispositif écologique donnera au canal des allures de rivière naturelle. De belles simulations de Luc Schuiten ICI.

Un pont en lin  C’est une première et c’est aux Pays-Bas, avec la collaboration de la VUB et de la KUL. Ni béton, ni acier, ce pont est constitué de matériaux composites de récupération et de  fibres de lin. Si vous voulez en savoir plus, allez donc voir ICI, c’est étonnant et prometteur.

Direz-vous non à NEO ?

C’est la troisième fois que le gouvernement bruxellois tente de modifier le Plan Régional d’Affectation du Sol (PRAS) afin de créer le cadre juridique nécessaire pour construire son Mall of Europe sur le site du Heysel. 72 000 m² de commerces (2 x City2) et 3 200 places de parking en dessous, c’ est au mieux, démodé. L’enquête publique se déroulera du 4 mars au 2 mai 2022. Chacun est autorisé à réagir à cette demande de permis.

Cela ne vous prendra que quelques minutes, mais chaque réaction compte. Plus il y en aura, moins la Commission de Concertation sera encline à délivrer cette nouveau permis. Alors que la Ville de Bruxelles parle sans cesse de « la ville à 10 minutes », elle entend construire un méga shopping center qui devra attirer une clientèle motorisée dans un rayon de plus de 5 km pour se rentabiliser. Et si elle y arrive, c’est le commerce de centre-ville qui en pâtira.

L’association urbaine BRAL a étudié la question et a lancé un communiqué que nous avons traduit pour vous ICI. Le BRAL vous encourage à réagir par un simple courrier – écrit ou électronique – et vous donne les adresses nécessaires. Ils développent aussi des arguments judicieux, que vous pouvez reprendre dans la réaction que vous allez envoyer. Votre plume ou votre clavier sont votre meilleure arme pour assurer un réel avenir au plateau du Heysel, qui peut se contenter d’un petit centre commercial local, mais devrait accueillir plus de logements abordables et un étang nageable.

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