Archives pour la catégorie Urbanisme

Happy Monday: Bruxelles renoue avec ses arbres

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Des arbres qui meurent de soif à Bruxelles, cela appartiendra bientôt au passé, grâce à une puce électronique qui va leur être implantée. Par ailleurs, une véritable forêt urbaine de 2,5 hectares vient d’être ouverte au public, grâce à Nicola de Schio et à un comité d’habitants d’Uccle, qui en ont découvert l’existence, ont commencé à la nettoyer et à remettre ses sentiers en état. Deux très bonnes nouvelles pour nous et pour les arbres de la ville.

Plusieurs communes semblent avoir pris conscience de la nécessité de planter des arbres et de les protéger, comme le relève l’article de Patrice Leprince dans Le Soir. Le béton a coulé à flots dans nos artères, nos places ont été minéralisées, obligeant très régulièrement les habitants à se mobiliser pour tenter de sauver arbres et autres friches menacés par l’urbanisation effrénée de la cité. L’immense forêt de Soignes a progressivement été fortement réduite, au début du XIXe elle faisait cependant encore 10.000 hectares contre les 4.400 hectares actuels.

Cette attention et cet élan de solidarité pour l’arbre et la forêt pourraient suggérer que la relation entre les hommes et les arbres commence à changer. Les arbres étaient là bien avant nous. Depuis l’invention de l’agriculture, les civilisations humaines les ont considérés comme des objet et non comme des êtres vivants. Nous nous sommes construits aux dépens des forêts, opportunément mythifiées en repaires de bêtes sauvages, de brigands, de sorcières et autres êtres maléfiques. Science & Vie consacre un article de fond passionnant à « ces arbres qui aujourd’hui peuvent nous sauver ».

Qu’en est-il du piétonnier ?

La piétonisation des boulevards du centre aura fait couler beaucoup d’encre et d’oppositions. Devenue enjeu électoral majeur, après le succès de l’occupation massive de la place de la Bourse par les activistes de PicNic the Streets, cette grande zone piétonne n’aura cependant pas tardé à être adoptée par les Bruxellois et les visiteurs de la ville, particulièrement en cette période coronavirus.  Cinq ans après leur fermeture au trafic automobile, la mue des grands boulevards est enfin sur le point de s’achever. Il reste à installer le plan d’eau de la rue Orts, face à la Bourse, dont la rénovation a commencé. Et puis, il subsiste le nouveau « square »  Fontainas, qui ne verra ses plantations achevées qu’en automne et qui se verra doté d’une oeuvre d’art de grand format, à l’issue de l’appel à projet que s’apprête à lancer la Ville.

Accusé de tuer le commerce, le piétonnier aura pourtant réussi à attirer de nouveaux projets commerciaux que détaille le journal L’Echo, qui y consacre une analyse détaillée et y a joint un impressionnant reportage photo avant/après. Pour ouvrir ces articles, il suffit de s’inscrire à L’Echo, pas obligatoire de s’abonner. Si l’arrivée (encore éloignée) de Eataly devrait donner une image plus diverse et plus qualitative à l’offre commerciale. il est regrettable que la Régie foncière de la Ville ne se soit pas montrée plus sélective dans le choix des locataires pour ses nombreux espaces commerciaux sur le boulevard Anspach, en particulier entre Plattesteen et Fontainas. Un meilleur mix commercial serait en mesure d’accueillir sur le piétonnnier cette part de Bruxellois.e.s qui ne le fréquente pas encore et pourrait ainsi assurer une plus grande mixité des visiteurs.

Parmi les personnes interrogées, plusieurs regrettent que le projet ait fait part si belle à la pierre et si peu aux arbres et à l’eau. Sans doute l’obsession de la Ville pour les grands événements aura justifié ce choix malheureux en plein réchauffement climatique. Toutefois, à De Brouckère, un vingtaine d’arbres supplémentaires vont finalement être plantés, la Bourse se contentant elle d’un seul et unique exemplaire. La cohabitation entre piétons et vélos est encore loin d’être harmonieuse et rien ne semble venir règlementer l’usage de cet espace public, pas même pour y interdire d’y jouer au foot. Contrairement au petit bus électrique 33, les grands bus articulés 95et 48 de la STIB perturbent la dense circulation piétonne. Ne boudez cependant pas votre plaisir de vous y promener seul ou en famille.

La mouvance PicNic the Streets de 2012 qui a provoqué la mutation des grands boulevards centraux

 

 

La demande citoyenne de verdurisation a été entendue par Beliris, qui a annoncé récemment la plantation d’une vingtaine d’arbres vélo, commerces bus articulés Uccle

 

Happy Monday: ces maisons de maître nous caractérisent

Maison Beukman à Ixelles – in Wikiwand

L’architecture de leur patrimoine immobilier caractérise les villes, leur donne une identité. C’est ce que chaque ville donne à voir de ses habitants. Une certaine identité bruxelloise se dévoile sans doute au travers de ses nombreuses maisons unifamiliale et « maisons de maître ». Un journaliste anglais a décidé de faire le tour des maisons emblématiques de villes comme Londres, Berlin, Amsterdam ou Paris. Feargus O’Sullivan écrit pour CityLab depuis Londres et ses pas l’ont amené à Bruxelles. il a été frappé par nos maisons de maître, parfois richement décorées, qui contrastent avec la réputation de discrétion (low-key) de Bruxelles.

« Tandis que les habitants de Paris et de Berlin s’entassent dans les appartements de hauts immeubles à plusieurs étages, les Belges du XIXe siècle construisent des maisons unifamiliales richement décorées. Bruxelles a beau apparaitre comme l’une des capitales non officielles de l’Europe, à certains égards, elle n’est pas du tout représentative d’une ville européenne typique ». Contrairement à Paris et Berlin, au XIXe siècle le développement de l’habitat bruxellois en deuxième couronne ne s’est pas manifesté par des immeubles à appartements, mais plutôt par des rangées de maisons unifamiliales, souvent même de vraies « maisons de maître » (Herenhuis).

Dès que l’on s’éloigne des boulevards centraux, construits sur le modèle parisien, on se trouve face a de s alignements de hautes maisons unifamilales verticales s’ouvrant directement sur la rue. Les catholiques se sont plutôt dirigés vers un style éclectique ou néogothique, tandis que les libre penseurs s’adressaient à Victor Horta et autres architectes Art Nouveau, souvent considéré comme un art dégénéré …  Je vous invite à découvrir ICI ce regard extérieur d’un journaliste anglais sur notre ville et son parc immobilier ou ICI vers une traduction non illustrée de l’article, assurée avec DeepL.

A rendering of a typical facade and lower floorplan of a Brussels maison de maître.
Illustrator: Josh Kramer/Bloomberg CityLab

Une ville accessible

Vous l’aviez imaginé comme cela l’an 2.000 ? Non, il ne nous aura pas tous dotés d’ailes dans le dos, ni même d’un drone – qui se contente jusqu’ici de livrer des marchandises à domicile – pas même un taxi volant ou une voiture autonome immédiatement en vue. Etre plus mobile et plus rapide n’est plus vraiment une fin en soi. Tout à dix minutes de son domicile et pour aller plus loin, l’avenir présage plutôt un partage plus équilibré de l’espace public entre plusieurs modes de transport publics et privés, avec une priorité aux modes les plus doux. Non, on ne va cependant pas mettre votre grand-mère sur un vélo, fut-il électrique. Oui, il va falloir demander un peu plus de discipline et de respect aux adeptes des vélos, trottinettes et autres mono-roues, qui mettent trop souvent les piétons en danger.


Bruxelles 2040 – Etude prospective en matière de mobilité confiée aux bureaux d’étude Technum (devenu Tractebel) et Espaces-Mobilités: un autre partage de l’espace disponible en entrée de ville

Dix ans plus tard – en 2050 – voilà comment Vincent Callebaut imagine les villes: plus denses, plus vertes et dépolluées. Cet architecte visionnaire belge, formé à l’ULB et dans la lignée des cités végétales de Luc Schuiten. Il s’est rendu célèbre par des projets d’écoquartiers à l’allure futuriste, qui intègrent tant les énergies renouvelables que l’agriculture urbaine. Sauf évidemment, si après réchauffement climatique et épuisement des resources, nous finissons tous dans des sortes de favelas – avec tout de même l’eau courante – comme l’annonçait Edgar Morin dans une conférence à Bruxelles. Il en reprend le concept dans une interview, tout aussi visionnaire, où il affirme « qu’il est vital de penser autrement » et il décrit un avenir plus simple, pour une l’humanité contrainte à une frugalité heureuse.

©Vincent Callebaut Architectures – Paris en 2050

 

Happy Monday: un nouveau parc urbain

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Sur la friche de Philips et d’un magasin de meubles, la Ville a créé un parc de 10.000 m2 au coeur du pentagone. C’est nouveau et intéressant, parce que la plupart des 60.000 habitants du centre-ville ne disposent ni de jardin, ni même de terrasse ou de balcon. Bien sûr, il y a le parc de Bruxelles, mais il se situe dans une zone fédérale pratiquement sans habitants … et cela monte pour y arriver. Le « Parc Fontainas » a donc été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme en cette période de pandémie. S’y mélangent en toute quiétude, des familles avec enfants, des jeunes des kots étudiants, des sportifs, des personnes âgées, des amoureux, des habitants des quatre quartiers, qui se rejoignent au coeur d’une place Fontainas, désormais aussi plantée.

La conception du parc Fontainas a fait l’objet de nombreuses concertations entre la plupart de ses potentiels utilisateurs. S’il compte des espaces sportifs, du fitness de plein air, des lieux sécurisés pour les petits, les moyens et les grands enfants, il abrite aussi des tables de ping pong et du football de table en béton. Le parc se caractérise particulièrement par ses fossés et son aspect sauvage. On y a semé de la prairie, s’y succèdent donc des coquelicots, des marguerites, des bleuets, de la camomille …. et même des iris et des chardons. Cela peut surprendre et peut sembler assez négligé, mais cette flore varie au fil des saisons et assure une fort belle biodiversité au parc. Nous attendons l’avis des paysagistes d’OLM qui ont conçu l’environnement et que nous avons interrogés à propos de sa réalisation et de son entretien.

Les personnes rencontrées sur place se réjouissent de pouvoir profiter de cet espace vert unique. Ils expriment cependant quelques regrets. L’absence d’eau pour jouer, l’absence de fontaines d’eau potable, l’absence de toute toilette ou urinoir, trop peu des bancs, trop d’arbres morts, des poubelles trop loin des tables, la présence de redoutables orties. Ils déplorent aussi le manque d’indication du nom des arbres et plantes peu connus et l’absence de jardiniers attitrés, qui seraient aussi des gardiens de parc respectés. Ils pourraient également avoir un rôle éducatif pour associer les usagers au respect des lieux. C’est surtout le manque d’entretien des fossés et le nettoyage des tables qui est souligné ainsi que l’absence d’affichage de toute règle d’usage des lieux.