Archives pour la catégorie Culture

Happy Monday: une plante contre la covid-19

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Soigner la covid-19 avec une plante ? Ça se saurait. Pas si sûr. N’étant pas médecin, je me suis toujours abstenu d’émettre un avis sur les moyens choisis pour lutter contre le virus SARS-Cov-2. Si on parle sans cesse de vaccins, n’est-il pas étonnant que l’on parle si peu de traitements à utiliser dès les stades précoces, afin de diminuer les risques d’hospitalisation et de décès ?  On se souviendra de la saga de la chloroquine issue de la quinine. Aujourd’hui, c’est une autre plante utilisée contre la malaria, qui commence à faire parler d’elle pour lutter contre les effets de ce coronavirus chez les humains: l’Artemisia annua (armoise annuelle). Elle est connue depuis 2000 ans en médecine chinoise. Les soldats d’Ho Chi Minh se soignaient à l’Artemisia durant la guerre du Vietnam et elle a valu le Prix Nobel de médecine à la chinoise Tu Youyou dès 2015.

Voilà que cette petite plante très banale commence enfin à être évoquée avec intérêt, notamment par la RTBF. Il a déjà été vérifié qu’elle a une action in vitro sur le coronavirus SARS-Cov-2, responsable de la covid-19. Le très sérieux Institut Max Planck a constaté qu’elle prépare le corps et permet d’atténuer la charge virale. Des études sont en cours en Californie et des tests réalisés sur 360 patients au Mexique. La Maison de l’Artemisia fait le point sur ces recherches.

La vente de produits à base d’Artemisia a été interdite en Belgique comme en France. Voilà ce que dit le docteur Van Snick de ce blocage par les lobbies pharmaceutiques. Après brevets, faudra donc attendre que l’industrie pharmaceutique vende la plante sous forme d’artemisine pour s’en procurer. En phytothérapie, on constate cependant qu’il y a intérêt à utiliser la plante en « totum », la synergie de ses composants plutôt que le seul extrait de son principe actif. Le parasite développe très vite des parades face à une seule molécule, alors qu’il lui est plus difficile de contourner l’ensemble des propriétés de la plante. Mais voilà, une plante qui pousse partout, qui n’est pas chère,…  mais qui n’est évidemment en aucun cas brevetable.

photo extraite de La Maison de l’Artemisia

 

Happy Monday: pas de guerre de religion

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C’est à la cathédrale, que les représentants de la Fédération des Mosquées de Bruxelles ont demandé à rencontrer l’évêque auxiliaire de la ville, pour lui exprimer “en tant que Belges de confession musulmane, leur solidarité avec la communauté catholique, avec tous les frères chrétiens, avec les laïcs, sans oublier les cousins juifs”, comme le relate ce reportage de BX1.

Toute vie est précieuse. “On ne peut tuer quelqu’un au nom de Dieu! Nous croyons en un Dieu de la vie, un Dieu dont la personne humaine est la plus belle de ses créations. Quels que soient les motifs, on ne peut tuer au nom de Dieu”.

“Apprendre à mieux se connaître pour vivre ensemble, les uns AVEC les autres et non les uns ET les autres, parce que c’est là que s’infiltrent les extrémistes” a déclaré Mohamed Belabed, tandis que Jean Kockerols précisait ”Il convient que les responsables religieux réagissent aussi, avec fermeté, avec clarté, ensemble“, en saluant l’initiative de la Fédération des Mosquées de le rencontrer ce samedi. C’est ensemble que chrétiens et musulmans dénoncent tout acte terroriste.

prise de vue extraite du reportage de BX1

Allo ? Police ?

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Le maintien de l’ordre public est une tâche qui relève du corps de police. Dans un Etat de droit, les citoyens ne peuvent se faire justice eux-mêmes. C’est à la police qu’il appartient de les protéger et de faire respecter la loi. Si nécessaire, elle peut faire un usage proportionné de la force. Elle est formée pour cela, doit être capable de conserver son sang-froid et dispose de plusieurs outils d’intervention, dont notamment l’usage d’une arme à feu.

Avec le Covid-19, la police a été en contact plus étroit avec la population, pour la sensibiliser aux gestes barrière et pour verbaliser les réfractaires. Cela ne s’est pas toujours passé sereinement, surtout dans les quartiers où l’exiguïté des logements rendait l’injonction  “rester chez soi“ problématique. On ne peut cependant accepter que des représentants de l’ordre se fassent agresser ou caillasser par des citoyens. Il ne peut y avoir classement sans suite pour les coupables de tels actes. Les sanctions doivent être rapides, pour éviter tout sentiment d’impunité.

La police est là pour nous protéger. Tous les citoyens ont-ils le sentiment d’être respectés et protégés par la police bruxelloise ? Ceux qui se font souvent interpeler et contrôler l’identité, se sentent-ils protégés lorsqu’ils voient arriver un policier ? Le réflexe n’est-il pas plutôt la fuite… avec ses possibles conséquences. Les policiers qui perdent leur sang-froid et commettent des bavures sont-ils écartés ? Et le citoyen, il appelle qui, quand ils se sent agressé par la police ?
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Le maintien de l’ordre à Bruxelles fera l’objet d’un webinaire d’Aula Magna, avec la participation de Jacques Gorteman, directeur de l’Ecole régionale qui forme nos policiers, d’Olivier Slosse, porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles et d’Els Enhus, professeur de Criminologie à la VUB. Ce sera le samedi 7 novembre de 10h à midi. Y participer en ligne sur Zoom est gratuit, mais il faut demander le code d’accès à l’adresse bruxselscity@gmail.com

 

Oui, l’architecture c’est politique

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C’est la réponse à la question que pose la Cellule Architectures de la Fédération Wallonie Bruxelles, qui publie tous les trois ans un livre qui dresse le portrait d’architectures contemporaines à Bruxelles et en Wallonie. Pour sa troisième édition, elle publie un inventaire abondamment illustré. 45 architectures exemplaires désignées pour la première fois par des jurys citoyens. Des maisons privées, des habitats collectifs, des lieux de travail, des équipements collectifs et des espaces publics. L’ouvrage recense également 45 actions engagées pour transformer les villes, les paysages et les vies. Un certain aperçu ICI.

Ce sont les deux commissaires chargés de la sélection – un architecte et une historienne – qui ont voulu aller vers les habitants et sortir du cénacle traditionnel des architectes parlant aux architectes. « On veut reconnecter ce livre au monde réel, aux personnes qui vivent dans ces villes, ces places… ». Bruxelles et ses écoles d’architecture on produit parmi les meilleurs exemples d’architecture Art nouveau et Art Déco. Mais après la “bruxellisation », l’architecture contemporaine ne s’est-elle pas avérée pauvre, fonctionnaliste ou simplement postmoderniste ? On en est encore à devoir citer les anciens sièges de Citroën, de Bruxelles Lambert (aujourd’hui ING), de Glaverbel ou de la Royale Belge/Axa, pour illustrer l’architecture bruxelloise d’aujourd’hui …

Peu d’oeuvres bruxelloises grandioses dans ce recueil, mais un véritable renouveau de la part de jeunes architectes soucieux du choix des matériaux, de leur durabilité, de leur recyclage et d’une réelle collaboration avec les habitants. Loin des « quatre façades entourées de thuyas », des maisons souvent modestes, mais aussi audacieuses, qui s’affirment dans leur rue et que ces architectes aimeraient habiter. Faut-il construire ou rénover ? Est-ce qu’on a tous un lieu dans lequel on se sent bien ? Le beau entraîne un sentiment. Saint-Vide / Leegbeek la vingtième commune bruxelloise. Des dizaine de Post-it interpellant de la part de simples citoyens. Vous l’aurez compris, j’aime ce livre et il sera en librairie dès novembre.

photos extraites de « Inventaires #3 de Wallonie-Bruxelles »

Un enseignement neutre ou pluraliste ?

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La Cour constitutionnelle a statué « une haute école peut interdire le port de signes convictionnels et cela relève de l’autorité de chaque établissement », relançant ainsi le débat « neutralité/pluralisme » de l’enseignement public. Un vieux débat auquel cet article des années 70 pourrait apporter un éclairage. L’école pluraliste, en projet, y trouvait même des partisans parmi les démocrates-chrétiens, parce qu’elle « ne dépendrait pas des partis politiques mais d’instances autonomes où seraient représentés les parents et les enseignants ». Ce réseau unique, mais diversifié, n’a toujours pas abouti et laisse l’enseignement officiel face au type de “neutralité” choisie par chacun de ses établissements. Si la Ville de Bruxelles s’en réjouit, le CBAI, le CAL, le CdH développent d’autres points de vue et des étudiantes contre-attaquent.

Que les professeurs de l’enseignement public soient tenus de ne pas faire état de leurs convictions et croyances personnelles – y compris dans leur habillement et accessoires – peut sembler nécessaire et distingue ainsi l’enseignement public de l’enseignement confessionnel. Par contre, ne peut-on considérer que les étudiants doivent être incités à développer leur esprit critique et autorisés à faire des choix politiques ou philosophiques, avec le droit de les exprimer, notamment par des propos et des signes extérieurs ? Comment peut-il en être autrement, lors d’une dissertation par exemple ? Ou même lorsque les enfants d’une classe primaire se séparent pour rejoindre leurs cours de religion ou de morale respectifs ?

Peut-on imaginer qu’une Anuna De Wever ne puisse pas afficher sa lutte Youth for Climate ? Faut-il qu’un étudiant gay soit obligé de rester dans le placard sans arborer librement son logo arc en ciel ? Qu’un jeune ne puisse porter un triangle rouge à sa boutonnière ? Qu’une étudiante doivent cocher F ou M, sans pouvoir affirmer qu’elle est non binaire ? Il reste manifestement du chemin à parcourir pour sortir de la neutralité au profit d’un vrai pluralisme.