Archives pour la catégorie Culture

Happy Monday: Bruxsels plus forte

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Ce vendredi 22 mars, la grande salle de l’Espace Magh était archicomble pour se souvenir du 22 mars 2016. Des rescapées et des survivants, entourés de ceux et celles qui leur ont porté secours et de très nombreux habitants, habitantes et enfants de tout Bruxelles, non pour pleurer, mais pour nous dire qu’ils et elles se sentent plus forts après l’épreuve qui les a unis, qui nous a unis. De l’émotion, mais aussi et surtout du courage, de la tendresse, de la fierté et de l’espoir d’un monde plus juste.

Fionn Perry et Noureddine Zerrad étaient à Zaventem quand la première bombe a explosé. Depuis, ils ont réalisé un documentaire d’une heure, un film singulier qui donne un nom et un visage à quatre rescapés et aussi le temps de se confier dans leur quotidien. Le magazine Moustique a entendu les réalisateurs, publié la bande annonce du film et dit pourquoi les Bruxellois doivent regarder « Tous ensemble ». Si vous êtes touchés et émus par cet extrait, trouvez donc le temps de découvrir ICI le film en entier. Entendez les paroles vraies des témoins de l’indicible, vivez les luttes nécessaires pour vaincre les blessures et les cauchemars, pour oser la station Maelbeek, pour reprendre pied dans la vie.

Une soirée pleine de pleurs de joie et d’émotion. Une lourde tristesse face à l’absence de tous ceux et celles qui n’y sont plus, mais aussi un vrai bonheur face à ce public qui partage le courage et la présence des survivants. Une chorale de Boitsfort entame l’hymne « Bruxelles ma belle » de Dick Annegarn. Le slameur Manza crache sa colère mais aussi sa foi en l’avenir de Bruxsel. Ensuite c’est la fête, parce que la haine ne triomphera pas. Bruxsels est plus forte et plus soudée depuis les attentats qui ont atteint la ville dans toute sa diversité.

 

L’audace du monde culturel bruxellois

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Depuis quelques années déjà, les institutions culturelles bruxelloises, regroupées au sein du RAB / BKO, prennent le risque de braver les interdits que leur imposent leurs pouvoirs subsidiants respectifs: Communautés française et flamande et Etat fédéral. C’est à ce prix qu’une nouvelle identité culturelle florissante a pu émerger et que Bruxelles – le nouveau Berlin – existe désormais sur la scène culturelle internationale.

Tout récemment, le Théâtre National qui dépend de la Communauté française, le Théâtre flamand KVS qui dépend de la Communauté flamande et l’Opéra La Monnaie qui dépend du fédéral, viennent de prendre  la décision d’unir leurs forces autour du projet « Troika ». Une collaboration qui a pour but avoué de transcender les barrières linguistiques et institutionnelles de la Belgique du XXè siècle, en soulignant l’identité multiple et plurilingue de Bruxelles. Vous en saurez plus dans l’édition française de VRT NWS

Et vous en saurez encore beaucoup plus sur cette ville « superdiverse » en lisant  ICI le chapitre « Une multiculture urbaine » rédigé par Eric Corijn et Fatima Zibouh pour l’ouvrage Demain Bruxsel, dont je vous offre ICI la version complète. Le livre est toujours disponible à la librairie Tropismes, qui organise aussi un débat « Bruxelles, demain ? » entre Eric Corijn et Alain Deneef le 21 mars à 19h. Deux bénévoles ont déjà traduit les deux premiers chapitres du livre in het Nederlands HIER en DAAR.  And HERE English abstract.

Troika – photo KVS – de gauche à droite directeurs KVS, La Monnaie-De Munt et Théâtre National

La société civile se rebiffe

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En France – comme en Belgique – la société civile se rassemble, descend dans la rue, formule des exigences en faveur d’une juste transition écologique. Le Journal de l’Environnement rapporte que face aux nouvelles déclarations d’Emmanuel Macron – qui plagie les propositions climatiques de Pierre Larrouturou – une vingtaine d’ONG, de syndicats et de mutuelles publient carrément un nouveau projet de société, que vous pouvez lire dans leur Pacte social et écologique. Un front commun inédit, qui ne donnera que plus de force à leurs propositions. Le journal Le Monde en fait une première analyse ICI.  J’en pointe une déjà évoquée sur ce blog en son temps: création d’un observatoire qui évaluera la durabilité des lois et des décrets à venir.

Chez nous, la RTBF propose quatre grandes conférences-débats en public dans nos universités pour questionner en profondeur la crise qui secoue nos démocraties. Si celle d’aujourd’hui – avec Pierre Larrouturou, Bruno Colmant et Géraldine Thiry est déjà complète – il reste encore des places ICI pour les trois autres. Gratuit, mais inscription obligatoire.

Nous reparlerons demain des réactions de la société civile belge face aux échéances électorales du mois de mai. Si un certain nombre de mouvements spontanés ont choisi de rester vigilants en dehors de l’arène politique, d’autres groupes et personnalités de la société civile ont décidé de franchir le pas, de créer un parti ou d’entrer en politique, comme candidats d’ouverture en vue de forcer un indispensable changement de société.

Vers un repli identitaire ?

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Un courant politique monte presque partout en Europe et en Amérique du nord comme du sud et Bruxelles n’y échappe pas complètement. Face aux démocraties qui peinent de plus en plus à représenter une population qui affiche des attentes non rencontrées, ce courant se présente comme une force nouvelle, anti système et alternative à la classe politique traditionnelle et mainstream.

Que ce soient les gilets jaunes et le pouvoir d’achat, les jeunes et les familles pour le climat, les écoles pour la qualité de l’air ou d’autres pour des logements pour tous ou un plus juste partage des richesses, diverses tranches de population se sentent négligées ou réduites au silence.

Manuel Abramowicz, coordinateur de RésistanceS.be, journal de l’Observatoire belge des radicalismes, qualifie ce courant de « force conservatrice et rétrograde, xénophobe et populiste, qui va de partis d’extrême droite classique à une droite nationale libérale qui se présente comme “populaire”, en passant par un courant interne d’ultra droite qui a fait de l’entrisme dans la N-VA pour en prendre la tête ». Il animera une conférence débat sur le retour des identitaires, des “nationaux” aux “indigènes” ce mercredi 28 février à 15h à l’UPJB au 61 rue de la Victoire à Saint-Gilles.

Vers une démocratie participative ?

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Agora compte créer une assemblée de personnes tirées au sort sur l’ensemble de la Région bruxelloise. Ces personnes seront invitées à délibérer ensemble de façon régulière et ensuite à proposer des solutions pour notre ville. Agora veut que cette assemblée obtienne un pouvoir législatif. Il est temps disent-ils que nous, les Bruxellois, décidions ce qu’il se passe dans notre ville !

Dès l’automne 2019, ils veulent réunir une assemblée mensuelle de 89 citoyens tirés au sort,  en parallèle avec les 89 députés bruxellois. Cette assemblée alternative serait représentative de la population Bruxelloise en terme de genre, d’âge et de niveau de diplôme. Tous les 6 mois, la moitié de l’assemblée serait renouvelée pour permettre à plus de citoyens de participer et pour assurer un transfert de connaissance entre les anciens et les nouveaux tirés au sort. Après 5 ans de législature, 401 citoyens bruxellois auront eu l’occasion de participer à cette expérience démocratique.

Ces citoyens et citoyennes tirés au sort seraient amenés à délibérer sur des sujets tels que l’environnement, l’aménagement du territoire, le logement l’énergie, ou l’emploi. Ils auront également l’occasion réfléchir au futur de la démocratie. Grâce aux discussions en petits groupes en présence de facilitateurs, tous les points de vue pourront s’exprimer dans un cadre serein et constructif. Vous en saurez plus et pouvez participer à la création du groupe Agora en allant sur leur site bilingue.