Archives de catégorie : Tourisme

Airbnb en question.

Qui de nous n’a jamais logé chez l’habitant ? Une expérience souvent sympathique, conviviale et économique. Aujourd’hui Airbnb en a fait un business lucratif, dont le nombre excessif de chambres prive les centre-villes d’une partie de leurs habitants et dont l’accueil se limite trop souvent à un simple boîtier code. Plusieurs grandes villes ont fini par prendre des mesures pour en limiter le nombre, en vue de préserver leur parc immobilier et le prix des loyers.

Avec une occupation de près de 30% de l’offre de logement (1) dans le centre historique, Bruxelles n’est pas en reste. La Région a donc fini par adopter des règles successives – et pas toujours très claires – pour limiter le nombre de logements touristiques. Il y a notamment l’exigence d’un certificat de conformité (difficile à obtenir des communes) et une taxe de séjour à prélever auprès des visiteurs. Beaucoup de propriétaires viennent de se voir sanctionnés brutalement pour ne pas avoir versé ces taxes de séjour ou produit ce certificat.

Faute de gouvernement, la règlementation ne peut être revue ni clarifiée. Propriétaires et visiteurs sont  mécontents. Les habitants aussi se plaignent de ces visiteurs qui ne sont là que pour faire la fête et qui mobilisent des appartements entiers, alors que la ville manque cruellement de logements payables. Si le sujet vous intéresse, vous trouverez ICI quelques articles de presse qui en disent plus.

(1) Hugo Périlleux, géographe à l’ULB

Un parc à thème urbain.

Pour un certain nombre d’habitants du centre historique, la ville est en train de devenir un parc à thème, régi par Philippe Close (PS) dans le rôle du GO (Gentil Organisateur) d’un Club Med urbain. Les « événements » se succèdent sans arrêt à De Brouckère, à la Bourse, à la Monnaie, … avec toujours un nombre de décibels et d’ultra basses non contrôlés, qui envahissent les logements des habitants, de jour comme de nuit.

Après les Plaisirs d’Hiver, ce sont les Plaisirs d’Été, en passant par le Belgian Beer WE, le Teadance de l’ULB, le Brussels Jazz WE, le Dance Festival, … soit pas moins de 3.000 événements par an, organisés par la Ville via le Brussels Major Events (BME), le privé ou des associations subsidiées. Tout cela sans compter la multiplication des bars et des « rooftops » avec DJ, jusque tard dans la nuit, malgré les promesses non tenues d’équilibre et de « tranquillité publique »..

Philippe Close veut une ville qui ne dort jamais et qui attire des masses de touristes. Ils font vivre bars et hôtels, qui procurent nombre emplois peu qualifiés. Les commerces de qualité fuient, remplacés par les gaufres, la bière, les souvenirs et la malbouffe généralisée. Les Bruxellois aiment la fête, mais l’équilibre annoncé est largement rompu. Il n’y a pas que des pisse-vinaigre pour le dénoncer. Nombre de messages témoignent d’une pollution sonore insupportable, encouragée ou tolérée par la Ville, au détriment de ses habitants.

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Piétonnier et deux roues.

Le piétonnier a 10 ans. Qui demande le retour des voitures sur le boulevard Anspach ? Le piétonnier s’avère fort fréquenté, de jour comme de nuit. Pas assez bien entretenu au niveau de la propreté et des plantations, avec une offre commerciale peu variée, il peine toujours à attirer les habitant.es du haut de la ville. Si sa population croît légèrement, l’exode d’une certaine classe moyenne se poursuit. En cause, les logements touristiques et les nuisances sonores liées à sa disneylandisation, au profit des touristes. L’article de la RTBF en dit plus.

Une cohabitation revue. Entre piétons et un certain nombre de cyclistes peu disciplinés cela ne s’arrange pas. La Ville compte interdire les vélos et le trottinettes sur la partie la plus fréquentée du piétonnier, renvoyant l’autre partie vers des itinéraires alternatifs pas  encore vraiment évidents. Le statu quo n’est toutefois plus une option pour la Ville. Le débat est ICI.

De l’ordre pour les trottinettes. La Région n’a pas vu venir l’arrivée d’un grand nombre de sociétés de trottinettes partagées. Le chaos fut total et les trottoirs encombrés de véhicules abandonnés. Aujourd’hui fini le Far West, seules deux sociétés ont été retenues et on est passé de 20 000 à 8 000 trottinettes disponibles, avec stationnement dédié, sous peine de poursuite de la facturation du parcours. Certains continuent à contester la transparence du choix opéré.

 

Verdure et paille.

De la paille. Un matériau qui réinvente la maison  et l’isole ? Avec son ossature en bois, son isolation en ballots de paille et ses enduits de terre crue, ce mode de construction commence à se développer. Et pas seulement des maisons privées, mais aussi du public, comme cette école en plein montage à Uccle. La paille fera-t-elle partie de l’architecture du futur ? Une brochure détaillée est disponible sur ce site.

Une capitale verte. Non ce n’est (toujours) pas Bruxelles. C’est Valencia qui a été nommée Capitale verte de l’Europe de l’année 2024, pour avoir amélioré l’environnement et la qualité de vie de ses citoyens et de ses visiteurs, grâce à près de cinq millions de mètres carrés d’espaces verts. Il n’y a pas que le Jardin du Turia, parcs et jardins sont répartis dans toute la ville et parfois bien caché comme le jardin Monforte.

Parc de Forest rénové. Il y a près de 70 ans que ce grand parc n’avait plus connu de rénovation. Restitué dans son aspect historique par Beliris et la commune, il a retrouvé ses sentiers, son mobilier, ses bancs et lampadaires d’époque et même une plaine de jeux. Le jardin de celles et ceux qui n’en ont pas.

photo de la plaine de jeux extraite de BX1

 

Des villes « touristifiées ».

Le 15 juin, plusieurs villes du sud de l’Europe seront le théâtre d’une journée de mobilisations coordonnées contre la « touristification » de leurs territoires. À Barcelone, Lisbonne, Naples ou aux Canaries, le tourisme de masse remodèle les espaces urbains, souvent au détriment des communautés locales.

La lassitude est palpable, et elle s’écrit même sur les murs : les appartements touristiques recouverts de graffitis « tourists go home » sont désormais un paysage familier dans bien des villes. Ce qui est mis en cause une dépendance excessive au tourisme, qui a progressivement chassé de nombreux habitants de leurs logements et de leurs quartiers.

A Bruxelles on n’en est pas (encore) là, mais avec le développement des citytrips, grâce à Airbnb et Ryanair, le centre historique n’en est pas loin. Son bourgmestre rock & roll déploie nombre de grands événements et des podiums musicaux, pour attirer toujours plus de touristes, avec les horeca et les commerces pour touristes qui les accompagnent. Un moratoire ne s’impose-t-il pas avant d’aller plus loin ?

 

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