Archives de catégorie : Mobilité

Voitures propres ?

Annoncé pour 2025, le durcissement de la zone de basses émissions (LEZ) a été reporté de deux ans pour des raisons sociales. Ce report a été vivement critiqué par le Conseil d’État, parce qu’il met à mal le droit constitutionnel de chacun à un environnement sain. Ce report ne fera cependant que déplacer les difficultés éprouvées par une population modeste, qui ne peut assumer l’achat d’un véhicule électrique, toujours hors de prix.

Pour les personnes qui disposent d’une voiture de société, ce passage à l’électrique se fait sans trop de difficultés. Pour les personnes aux revenus modestes, le fédéral envisage d’introduire un « leasing social ». Il devrait leur permettre  d’utiliser une voiture électrique pour seulement 100 euros par mois pendant quatre ans. Cet article en dit plus.

Reste un bon tiers de la population de classe moyenne, qui ne dispose pas d’une voiture de société et n’aura pas accès au leasing social. Tant que les constructeurs européens n’auront pas produit des voitures plus abordables, ce problème ne sera pas résolu. Soulignons encore l’insuffisance du réseau de rechargement, indispensable pour alimenter le parc automobile électrique.

Paris vote pour 500 rues piétonnes.

Les Parisiens ont majoritairement approuvé le projet de piétonnisation et de verdurisation de 500 rues de la ville, lors de la votation citoyenne organisée par la Maire de Paris. Parmi les Parisiens qui se sont déplacés pour voter, 66% se sont montrés favorables à ce projet, qui a cependant soulevé les critiques de l’opposition.

Les 56.000 votants ne représentent effectivement que 4% des électeurs, pourtant éligibles dès 16 ans. Suite à ce feu vert, la mairie de Paris va cependant amplifier ses mesures ambitieuses, visant à remettre en cause la domination de la voiture et à développer l’accès des piétons et l’augmentation des plantations. Le plan supprimera également 10 % des places de stationnement actuelles

La participation ne sera cependant pas négligée. Dès le mois d’avril, des concertations démarreront dans chaque arrondissement pour identifier les voiries éligibles – entre 5 et 8 par quartiers. Pour une mise en œuvre d’ici à trois ou quatre ans, et un coût moyen estimé à 500.000 euros par rue. Paris, ville verte et piétonne. 7/7, TF1 et CityLab en disent plus.

photo wikimedia Vert

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Transports plus durables.

Les rames de métro de demain. Le Cetrovo 1.0 Carbon Star Express, premier train de passagers en fibres de carbone a débuté ses opérations en Chine. Un train révolutionnaire dans le domaine des transports écologiques. Non seulement doté d’une efficacité énergétique impressionnante, il offre aussi un trajet plus doux et plus silencieux pour les passagers. Transitions et Énergies fait aussi le point sur d’autres innovations de mobilité étonnantes.

Où en  est le Green Deal ? L’ONG Transport et Environnement (T&E) a réuni des décideurs politiques de haut niveau, des leaders de l’industrie et de la société civile afin de réfléchir aux premiers succès du Green Deal européen et sur ce qui est nécessaire pour maintenir les progrès et décarboniser le secteur des transports en Europe, tout en restant compétitif, dans un monde en évolution rapide. Une réunion en ligne sur ZOOM, a eu lieu le 18 mars. Le rapport – en anglais – est déjà ICI.

Soutenir la recherche. Le mécénat est  très apprécié quand il s’agit de développer des recherches. Toutefois, des contrats de mécénat opaques, entre universités et entreprises, peuvent menacer le monde académique, qui peut être soumis à des stratégies d’influences. L’association Acadamia – créée par d’anciens étudiants – s’efforce de rendre public le contenu des contrats établis entre des entreprises et des universités françaises. Elle se heurte souvent au« secret des affaires ». Qu’en est-il en Belgique ?

Le « rand » se bruxellise.

Limitée à ses 19 communes, l’étalement de la Région de Bruxelles se développe inexorablement dans les communes flamandes qui l’entourent. A la fois à cause des prix inabordables des logements bruxellois et par un désir de campagne, de calme et de villas. Selon le rapport de l’Agentschap Binnenlands Bestuurtraduit ICI – cela fait du Vlaamse Rand la région la plus jeune d’une Flandre vieillissante: un quart des habitants du rand a désormais moins de 20 ans.

À Vilvorde et Machelen, le nombre de jeunes constitue déjà la moitié de la population en âge de travailler. Dans la périphérie, 48 % des habitants ont des racines étrangères. En 10 ans le nombre de personnes d’origine non européenne a cru de 71%. Certaines communes craignent que leurs écoles, leurs garde d’enfants et leurs maisons de jeunes soient sous pression par ce rajeunissement.

L’exode des Bruxellois de classe moyenne vers la périphérie se poursuit. La plupart d’entre eux continuent de travailler à Bruxelles, à s’y distraire, à s’y soigner… mais payent leurs impôts en Flandre. Si ces départs sont compensés par de nouvelles arrivées, ce sont généralement des primo-arrivants, avec peu de ressources et avec des demandes de soutien, de langue et de soins, à charge de la Région. Ceci explique – une fois de plus –  une partie de la dette bruxelloise.

Vivons-nous trop grand ?

Pas tout le monde. A Bruxelles, il y a à la fois des problèmes de sur-occupation du logemenr dans les quartiers les plus pauvres et de sous-occupation dans les quartiers les plus aisés. Selon Eurostat, 42,6%  des habitants des grandes villes vivraient dans un logement sous-occupé. Un grand nombre de maisons deviennent inutilement spacieuses pour leurs occupants seniors actuels (un couple de retraités, une personne veuve, une séparation, …).

Même à Bruxelles – où la natalité était la plus forte – la taille des ménages affiche une baisse depuis 2020. En cause, non seulement la chute de la natalité, mais aussi le vieillissement et l’éclatement des familles, lié aux séparations. Les gardes partagées supposent souvent deux logements avec plusieurs chambres. Suite à un incessant exode urbain – que la réduction des droits d’enregistrement wallons pourrait doper – l’exode de Bruxelles pourrait se poursuivre. En périphérie, la situation est pire. Cet article du Viif le relève. Il épingle le cas de Grez Doiceau et propose des solutions pour en sortir.

« La sous-occupation tire aussi les prix de l’immobilier vers le haut au détriment du droit à un logement décent pour tous. Elle accentue l’élargissement du centre-ville et l’urbanisation de la périphérie, avec pour conséquences une imperméabilisation croissante des sols, une dépendance accrue à la voiture et une hausse des coûts dédiés aux services et aux équipements collectifs en tout genre ». La densification de la ville est la seule réponse. Elle fait peur, alors qu’elle pourrait être harmonieuse et payable.

Des lotissement de ce type sont-ils encore adaptés en périphérie de la ville ? © Capture Google Earth