Archives de catégorie : Sécurité

Lettre aux enfants.

« Moi, qui étais certaine que nous lui avions épargné la guerre, que nous avions enterré les démons qui avaient fait les camps de concentration et les génocides et érigé, entre lui et le monde, un mur en forme de promesse : « Plus jamais ça ! » C’est ainsi que commence la lettre que Béatrice Delvaux écrivait à son fils au lendemain des attentats de Bruxelles de 2016.

10 ans plus tard, elle écrit à sa petite-fille et ne change pas un mot à ce texte, où elle demandait pardon de l’avoir abreuvé durant vingt ans de mensonges, avec pour seule et unique excuse d’y avoir cru elle-même. Ces valeurs défendues pour la démocratie contre les extrémismes, pour l’égalité contre les exploitations, pour le pluralisme contre l’obscurantisme, que nous avions reçu en héritage. Béatrice Delvaux en dit plus dans sa lettre complète.

Elle y parle de l’Ukraine, des terroristes du Hamas, de l’extermination du peuple palestinien à Gaza, de cette attaque déclenchée sur l’Iran. Elle veut cependant embrasser sa petite-fille et lui rappeler la force de la vie: sois émerveillée, sois gaie ! Pas par naïveté, innocence ou déni mais parce que la gaîté est une façon d’affronter la vie avec courage. Un message pour tous les enfants de Bruxelles et du monde.

Chasse au blanchiment.

À partir du mois de juin, la ville de Bruxelles entend contrôler les activités des criminels qui blanchissent leur argent via des établissements horeca. Ce sera grâce à une collaboration (enfin) plus étroite avec la police et le parquet. Philippe Close dans un article de Bruzz : « Nous allons fermer des établissements horeca. Tout le monde ne blanchit pas de l’argent, mais ceux qui le font, la Ville les attrapera. »

Cette approche administrative a déjà porté ses fruits à Liège et à Ostende. « Nous pourrons identifier les personnes qui ont dû fermer leur commerce dans ces villes. Si elles décident de s’installer à Bruxelles, nous pourrons contrecarrer leurs plans. On peut à la fois agir de manière préventive en empêchant l’ouverture d’un commerce et de manière répressive en fermant un établissement. » Les indices: chiffre d’affaire énorme, mais sans clients. De Morgen en dit plus ICI, dans un article traduit pour vous.

La chasse pourrait ensuite s’étendre à d’autres commerces impliqués dans des affaires de blanchiment d’argent. Il s’agit par exemple des salons de manucure, des barbiers et des magasins d’accessoires pour téléphones portables. Mais pourquoi seulement à la Ville de Bruxelles ? il reste 18 autres communes.

Nos chers tunnels.

The Brussels Times se livre à une analyse détaillée de la longue histoire de nos tunnels, qui a démarré en vue d’un accès rapide à l’Expo 58. En surface, la Région ralentit la circulation, ajoute des pistes cyclables et récupère de l’espace pour les piétons. Sous terre, un réseau délabré de tunnels routiers datant des années 50, permet le passage de 250.000 voitures par jour à travers la capitale. Faut-il les réparer ou certains devraient-ils disparaître complètement ?

Autrefois, ils représentaient l’avenir. Aujourd’hui, on constate que l’obsession pour la voiture et la négligence des transports publics a eu un coût énorme pour la vie urbaine. Aucune capitale européenne ne dispose d’une infrastructure de tunnels aussi étendue. Les 30 tunnels routiers de Bruxelles sont en ruine. La Région peine à financer l’entretien de ce réseau complexe de 12 km d’autoroutes souterraines construites pendant l’âge d’or de l’automobile.

Dès 2016, Pascal Smet (Vooruit) souhaitait leur fermeture. Le PRDD devait confirmer cette vision du futur. Toute la presse s’en empare et les patrons aussi. La suppression du viaduc Reyers n’a pas conduit au chaos pronostiqué. Un signal positif pour d’autres fermetures ? La Région a espéré qu’une réduction de l’usage de la voiture individuelle allait lui éviter la couteuse rénovation de ses tunnels, mais il n’en fut rien. Cette infrastructure profite toujours en grande partie aux navetteurs qui viennent travailler à Bruxelles, mais qui ne participent pas à son financement.

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Les seniors infantilisés.

Beaucoup de personnes âgées sont aujourd’hui maltraitées, Infantilisées, invisibilisées. Cette discrimination porte un nom: l’âgisme. A Bruxelles, comme ailleurs, les seniors sont de plus en plus victimes de cette forme d’exclusion. L’âgisme touche même plus de gens que le racisme ou le sexisme. C’est le numérique qui exclut le plus les personnes âgées.

Cela peut avoir des conséquences graves sur leur vie quotidienne: difficultés d’accès à des services essentiels, aux administrations, aux soins, voire exclusion bancaire ou mise sous tutelle par la justice. Près de 163.000 Bruxellois ont plus de 65 ans. Pour beaucoup, le quotidien est devenu un véritable parcours d’obstacles. La RTBF vient de publier une enquête à propos de l’Âgisme, pour tenter de comprendre comment le tout numérique met nos aînés sur la touche.

Le Gang des Vieux en Colère a introduit un recours à la Cour constitutionnelle, qui a abouti à la reconnaissance du droit pour les citoyens de ne pas devoir recourir obligatoirement au numérique. Avec pas moins de 320 associations, il a aussi publié une lettre ouverte demandant que la loi garantisse l’accès non numérique à chaque administration, via des guichets physiques, un service téléphonique et par voie postale.

Intelligence artificielle ?

L’intelligence peut-elle être artificielle ? A l’analyse, selon The Conversation, elle se limite à modifier et recombiner des fragments de textes ou d’images existants. Elle synthétise évidemment de mieux en mieux et nous fascine. Les jeunes de l’IA sont persuadés de participer à un « changement de civilisation » qui, à long terme, bénéficiera à la société des humains.

A force de parler aux robots comme à des humains, ne risque-t-on pas de parler aux humains comme à des robots ? Derrière l’IA et les machines, il y a la question fondamentale de la relation à autrui. Or, un individu est parfois fatigué, fâché, malade, etc. À l’inverse, ChatGPT est toujours là, jamais malade, jamais fatigué. Évidemment, cela peut paraître très utile et très attrayant. Louis de Diesbach, éthicien de la technique (oui, cela existe), pose ICI la question du sens et de l’éthique.

« Notre contrat social repose sur le travail. Sans travail, nous perdons le sens de l’existence. La solution ne sera pas seulement économique, avec le revenu universel ou non, elle sera anthropologique. Il faudra redéfinir la dignité autrement que par la productivité. » Pour voler moins haut, sur le plan journalistique, chaque fois que j’ai recours à l’IA pour les billets de ce blog, je le signale clairement et fait appel à votre sens critique.