Archives de catégorie : Sécurité

Des boulevards à l’abandon.

De la Porte de Hal à la Porte d’Anderlecht, les terre-pleins des boulevards du Midi et Poincaré sont transformés, depuis des décennies, en parking sauvage et en dépôts d’immondices, où tout semble possible. Ce chaos au cœur de la ville révèle les conséquences visibles de la fragmentation territoriales bruxelloise, écrit Kris Hendrickx dans un édito de BRUZZ traduit pour vous ICI.

Ces boulevards se trouvent en effet à cheval sur les territoires de la ville de Bruxelles, sur ceux des communes de Saint-Gilles et d’Anderlecht et celui de la Région. Comment transformer ce « no man’s land » en un  « iedersland » (pays de tous) ? Comment mettre fin à la fragmentation qui contribue à la situation dramatique de ce terre-plein ? Une question épineuse, qui débouche rapidement sur un débat de tranchées : « Fusionner les communes » ou « Ne pas y toucher ».

Tout le monde est compétent, mais personne n’est responsable. Une spécialité bruxelloise. La Région ne devrait-elle pas commencer par un réaménagement de ce boulevard et de ces bermes ? Même s’il y a fort à parier que le bourgmestre de la ville de Bruxelles et divers lobbies y mettront leur veto pour pouvoir y accueillir tous les étés la Foire du Midi. Cette foire pourrait cependant très bien déménager au vert au Heysel, comme la foire du Trône à Paris. La balle est dans le camp de Elke Van den Brandt (Groen), ministre de la Mobilité.

Opération nettoyage, stationnement sauvage, Foire du Midi

 

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Oui aux guichets.

Pour un grand nombre de Bruxelloises et de Bruxellois, le numérique c’est compliqué. Ils en ont souvent assez de devoir utiliser le smartphone et l’ordinateur partout et tout le temps (pour prendre rendez-vous à la commune ou à l’hôpital, pour communiquer avec l’école ou avec le fournisseur d’énergie, pour payer les factures…). Et que dire de l’isolement de ceux qui ne disposent que d’un simple téléphone ?

C’est NON au tout-numérique. C’est OUI au maintien des guichets, du téléphone et du courrier pour accéder aux services essentiels. Avec d’autres, le Gang des Vieux en Colère a revendiqué le droit de dialoguer avec des êtres humains et non de se voir imposer des machines. Cela a abouti à une décision de la Cour constitutionnelle en faveur du droit à ne pas recourir obligatoirement au numérique.

C’est pour la mise pratique de cette décision que l’association Lire et Écrire organise un grand rassemblement à la place Fernand Cocq à Ixelles le jeudi 23 avril à 10h. Il y aura des récits et des témoignages, des créations narratives, des expressions artistiques engagées et la réalisation d’une grande fresque collective. Vous êtes invités à les rejoindre.

>>> suite aux propos du procureur du Roi, repris ici, la ministre en charge tente de se justifier

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Jeunes délinquants en liberté.

La loi de 65 sur la Protection de la Jeunesse permet aux délinquants mineurs d’échapper à l’enfermement avec des adultes et c’est heureux ainsi. Par contre, pour les faits les plus graves, le juge de la jeunesses peut les placer pour une période déterminée en IPPJ (Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse) à régime fermé ou ouvert.

Mais voilà, selon le parquet, 162 jeunes francophones sont actuellement en listes d’attente IPPJ de régime fermé et 98 autres attendent une prise en charge par une équipe mobile. À
Bruxelles, n’y a toujours pas d’IPPJ et le chantier prévu à Forest a connu d’importants retards techniques et des oppositions. Il ne sera probablement terminé que début 2029 et finalement en régime “semi fermé”.

Selon le procureur du Roi, la plupart des jeunes majeurs impliqués dans des violences armées ou du trafic de drogue ont déjà un dossier au tribunal de la jeunesse. Il déplore que son action soit paralysée par l’absence de prise en charge immédiate des jeunes en conflit avec la loi.  » La crédibilité de la justice des mineurs est quasi inexistante “. Le risque est grand de favoriser un sentiment d’impunité et de toute puissance chez ces jeunes remis en liberté faute de places. Julien Moinil – procureur du Roi – tire la sonnette d’alarme.

Réforme d’Airbnb.

Des milliers de logements – et parfois même des immeubles entiers – échappent au parc locatif bruxellois, parce qu’ils sont loués à court terme à des touristes. Une opération apparemment plus rentable que la location à long terme avec bail. Les logements Airbnb doivent cependant s’enregistrer auprès de la Région. Selon Bruzz, plus de 90 % ne seraient pas enregistrés. Cela représenterait 2 500 appartements, maisons ou villas.

On est loin de la formule d’une simple chambre chez l’habitant louée occasionnellement. Cependant, à entendre les personnes qui souhaitent mettre une chambre en location les démarches à accomplir sont nombreuses, pénibles et dispersées. Le ministre-président est conscient du problème et veut instaurer un guichet d’enregistrement unique pour les personnes qui continuent à  y habiter elles-mêmes.

Par contre pour ceux qui mettent un immeuble entier en location touristique, la législation va devenir plus sévère et coûteuse, dans la mesure où ils entrent en concurrence déloyale avec le secteur hôtelier et soustraient trop de logements au parc locatif bruxellois. Comme s’autres grandes villes, Bruxelles est victime d’un développement anarchique d’une formule qui demande à être règlementée d’une manière juste et efficace.

Notre chère énergie.

La sortie du pétrole et du gaz est souvent présentée comme un impératif climatique. Mais les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, qui paralysent le détroit d’Ormuz, nous rappellent que c’est aussi un enjeu sécuritaire de premier ordre. Notre dépendance à ces énergies, qui sont originaires de pays lointains, est totale et constitue une arme qui peut être utilisée comme moyen de chantage. The Conversation consacre un article assez complet à cette situation.

Mais alors, qu’elle énergie nous reste-t-il ? L’électricité bien sûr. Mais suffira-t-elle ? Les éoliennes et les panneaux photovoltaïques ne suffiront pas, le nucléaire non plus, ce sont donc des centrales au gaz et des importations d’électricité européenne qui font l’appoint. Jusqu’à quand et à quel prix ? C’est pour dissuader l’usage des énergies fossiles que les gouvernements européens vont les taxer davantage et utiliser ces contributions pour rendre l’électricité moins chère et plus compétitive.

Dans l’immédiat, Écolo propose une solution temporaire au fédéral… qui ne peut se permettre de faire des cadeaux. A plus long terme, là où elle est utilisable, la pompe à chaleur devrait très bientôt devenir avantageuse financièrement. Selon l’économiste de l’énergie Sam Hamels (UGent),  nous sommes à un point de bascule. 2026 pourrait être la bonne année pour passer d’une chaudière au gaz à une pompe à chaleur. Il en dit beaucoup plus ICI. Mais quelles sont les alternatives si une pompe à chaleur ne peut être installée ?