Archives de catégorie : Mobilité

Bruxelles au-delà de la voiture.

Et si nous libérions Bruxelles de la voiture ? Une semaine  d’automne pour rêver avec d’autres. Une série de lunchs-rencontres, pour penser Bruxelles plus juste, plus respirable et plus vivante. Il fallait oser. Ils l’ont fait.

Pendant quatre midis, citoyens, experts, étudiants, artistes, urbanistes et acteurs de terrain se retrouvent pour croiser idées, expériences concrètes et visions d’avenir. De la stratégie régionale aux occupations temporaires, en passant par les projets de rénovation urbaine, chaque jour ouvre un nouvel horizon pour repenser ensemble l’espace public bruxellois.

En novembre, tous les midis de 13h à 14h au Zinneke rue Masui 13. Café offert.
Lundi 3 : Espace public, voitures et justice sociale
Mardi 4 : Faire de la place pour les citoyens et la nature
Mercredi 5 : Imaginer et expérimenter des nouvelles utilisations de la rue
Jeudi 6 : Mise en place de nouveaux aménagements urbains
Vendredi 7 : Expositions des résultats de l’atelier

Les infos trilingues c’est ICI.

 

Zone de basses émissions en 2026.

Vous vous souviendrez qu’au parlement bruxellois, une majorité alternative composée du PS, du MR et des Engagés a voté – sans concertation avec les partis néerlandophones – le report de deux ans des nouvelles normes d’émission (LEZ) programmées pour janvier 2025, dans le but annoncé était de permettre aux ménages les plus vulnérables de s’adapter à l’interdiction de circulation des véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 2. Avec un soupçon de clientélisme ?

Contestée en justice par plusieurs associations, dont la Ligue des droits humains, la Fédération des maisons médicales, le BRAL, les Chercheurs d’air, qui ont estimé que ce report portait atteinte au droit à un environnement sain. La Cour constitutionnelle leur a donné raison, considérant que le report constituait un recul significatif en matière de protection de la santé et de l’environnement, sans justification raisonnable.

Le calendrier initial de la zone de basses émissions (LEZ) sera donc rétabli dès le 1er janvier 2026. Une période transitoire a été mise en place: les conducteurs recevront un avertissement en cas d’infraction et à partir du 1er avril 2026 une amende de 350 €. L’administration Bruxelles Environnement détaille pour vous ICI toutes les modalités pratiques. Faute de gouvernement, aucune mesure d’accompagnement particulière en faveur des automobilistes les plus vulnérables.

 

Non à un demi métro.

Le Métro 3 – encore lui – vient de subir plusieurs attaques, elles pourraient bien lui être fatales. Parue dans Bruzz, une étude de chercheurs de la VUB vient d’établir que les gains de temps moyens offerts par le Métro 3 seraient très limités: 36 secondes pour une ligne complète et 16 secondes pour un demi-métro entre Albert et la gare du Nord (pas viable à long terme selon la STIB). L’Echo fait état d’un rapport provisoire de la Cour des comptes, qui flingue le projet à tout-va et conclut: « la viabilité financière du projet Métro 3 n’est pas assurée ».

A BX1, Alain Deneef (Les Engagés) se dit partisan de l’achèvement du métro entre Albert et Gare du nord, pour valoriser les travaux déjà effectués. L’ARAU répète ICI pourquoi un demi métro ne présente aucun intérêt et serait un perte de temps pour les usagers et des dépenses inutiles, notamment pour passer sous le Palais du Midi. Avec IEB et d’autres associations, l’ARAU se dit partisan de l’arrêt  complet du projet. Deux députés demandent convocation de la commission Mobilité.

Ce sera évidemment au prochain gouvernement bruxellois de prendre une décision. Il devra tenir compte à la fois du budget disponible et de l’intérêt des usagers de la ligne. Entre un tronçon Nord impayable, un demi métro pas viable à long terme et un arrêt des travaux, un choix va s’imposer. Il est difficile de croire qu’il n’est pas déjà en discussion dans la confection du budget en cours entre les six partis en conclave.

 

 

Des Régions solidaires ?

Un lecteur nous rappelle que les « régionalistes » ont privé l’Etat fédéral d’un certain nombre de ses compétences au profit des Communautés et Régions, comme par exemple les Allocations familiales, l’Environnement, une grande partie de la Mobilité et du code de la Route. Déshabiller le Fédéral fait partie du projet de la N.VA, mais pas seulement elle.

Si le Fédéral est néanmoins intervenu dans le financement du Métro 3, c’est dans le cadre de Beliris, mais avec une enveloppe fermée. Pour ce lecteur, il est donc peut-être vain de demander au Fédéral de venir au secours du Métro 3, alors que ce sont les Régions qui ont voulu être compétentes en matière de Mobilité ?

Des navetteurs des deux Brabant figureraient parmi les utilisateurs de la future ligne de métro 3, sans en assumer la charge. Gagnant leur vie à Bruxelles, leurs impôts sont néanmoins intégralement versés à la Flandre ou à la Wallonie. Ne serait-il donc pas normal que ces deux Régions participent au frais de construction de cette ligne ? Si tant est qu’elle reste programmée par un futur gouvernement bruxellois, qui sera nécessairement en quête d’économies.

Des alternatives au Métro 3 ?

Le futur de Bruxelles est aussi lié au sort qui sera réservé au chantier tentaculaire du Métro 3. Son avenir sera sur la table, dès qu’un gouvernement sera mis en place, vu son coût, ses retards et ses problèmes techniques. Son sort pourrait même être scellé au cours des discussions actuellement en cours sur le budget. En fonction du scénario retenu, certains travaux lourds déjà réalisés pourraient même s’avérer inutiles. Les riverains apprécieront, les contribuables aussi.

Un débat rationnel s’impose. Tout le monde apprécie le confort, la capacité et la régularité des déplacements en métro. Une ligne de plus pourquoi pas ? Sauf que la Région n’en a pas les moyens et que l’État fédéral n’y contribue pas suffisamment pour couvrir les hausses des coûts. L’analyse rationnelle des alternatives s’impose donc.

Pauline Deglume, qui a toujours réalisé un travail journalistique de qualité sur Bruxelles, a fait le point dans l’émission « Le Tram » de BX1. Dans une publication récente, l’ARAU dit aussi apprécier son travail, mais rappelle qu’elle n’a jamais caché son soutien au métro. L’article de l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaine en dit plus et donne un autre éclairage au débat. Il rappelle aussi l’existence de l’alternative Prémétro+ dont vous trouverez la brochure dans ce lien. Voilà de quoi vous faire une opinion.