Archives de catégorie : Mobilité

Parquer devant chez soi.

N’essayez pas de poser impunément une table et deux chaises sur la chaussée. Par contre, depuis les années 30, vous pouvez y stationner indéfiniment votre automobile, sauf exceptions dûment signalées. Même sur la Grand-Place jusqu’en 1972. Les Bruxellois ont pris de mauvaises habitudes et ont vite considéré que parquer devant sa porte était un droit et même de préférence gratuitement.

Avec l’explosion du nombre de voitures en circulation, ce « droit » s’est exercé au détriment des droits des autres usagers d’un espace public restreint: les piétons, les cyclistes, les voitures d’enfant, les fauteuils roulants, les terrasses. Considéré comme un avantage acquis, supprimer des places de stationnement se heurte souvent à de violentes contestations, surtout de la part de ceux et celles qui n’ont pas les moyens de se payer un garage.

Si vous ne pouvez plus stationner gratuitement devant chez vous, que vous propose-t-on à la place: une terrasse ? un petit parc à deux pas ? un espace de jeux sécurisé pour vos enfants ? A Anderlecht et Molenbeek on trouve des pour et des contre. il semble que nous ne soyons pas très doués pour vendre cette vision, pour changer les mentalités. Du pain sur la planche.

publication de Kadir Gübüdük

 

 

Taxer le transport aérien.

Bénéficiaire d’un carburant non taxé, le transport aérien reste souvent moins coûteux que le chemin de fer, malgré une production de gaz à effet de serre par passager beaucoup plus importante. C’est cependant plutôt pour boucler son budget, que le gouvernement fédéral a décidé qu’une nouvelle taxe lui sera appliquée.

10 € pour chaque vol au départ d’un aéroport belge à partir de 2027, avec une augmentation de 0,50 € pour les vols court-courriers en 2028 et encore 0,50 € de plus en 2029 (= 11 €). Les compagnies aériennes n’ont pas manqué de réagir vertement et Ryanair de nous menacer. Ils rappellent qu’en début d’année, les taxes avaient déjà été portées à 10 € pour les vols de moins de 500 km et à 5 € pour les vols de plus de 500 km. Sans compter les 3 € par passager décidé par l’aéroport de Charleroi.

Trop peu élevées pour dissuader qui que ce soit de prendre l’avion, ces nouvelles taxes contribueront bien à remplir les caisses de l’État, mais ne suffiront pas pour mettre fin à la concurrence déloyale entre le transport aérien et les déplacements en chemin de fer, qu’il est pourtant indispensable de promouvoir, pour des raisons environnementales.

Le prix du succès.

Bruxelles paie le prix de son succès. C’est le titre paradoxal d’un nouvel article que le philosophe Philippe Van Parijs vient de publier dans The Brussels Times. A en croire la plupart des médias, la Région bruxelloise s’avère malade. Absence de gouvernement, hémorragie financière, travaux routiers et ferroviaires interminables., … Les défis auxquels Bruxelles est confrontée seraient cependant le prix à payer pour le succès qu’elle connaît.

Pour l’économiste Edward Glaeser, il n’y a pas d’indicateur plus fiable de la santé d’une ville que son évolution démographique. Depuis l’an 2000, Bruxelles a vu sa population augmenter de 31 %, contre 16 % en Flandre et 11 % en Wallonie. Et si Bruxelles est plus pauvre qu’avant, ceux qui l’ont quittée l’ont souvent fait avec des revenus et un capital humain nettement plus élevés qu’à leur arrivée. Bruxelles instruit et enrichit les gens et peut en être fière.

Philippe Van Parijs aborde aussi la tragédie de nos écoles, le difficile recrutement des enseignants, la question de l’apprentissage des langues, la mobilité enrayée, la sécurité en berne et le système électoral d’un autre temps. Il ne se contente pas d’épingler les problèmes, il propose aussi des solutions avec un certain optimisme rafraîchissant. Avec ses collègues de Re-Bel il propose également un nouveau système électoral destiné à éviter de futurs blocages.

Mieux organiser la participation.

Les récentes réactions spontanées et anarchiques autour du nouveau chantier de la chaussée de Mons à Cureghem, ceux qui ont émaillé le plan Good Move et le retour envisagé du parking sur la place de la Résistance, ont épinglé la frustration des commerçants, mais aussi celle des habitants, leur manque d’information et l’absence de participation efficace. Région et communes s’y sont souvent prises en amateur.

Des affiches rouges – largement incompréhensibles – annoncent des consultations publiques. Tenues en pleine journée, elles ne peuvent suffire pour prétendre avoir consulté la population. Des informations non techniques, des réunions en début de soirée, des retransmissions en direct, des sondages en ligne multilingues, … permettraient déjà de mieux informer, de comprendre les attentes des citoyens, de mieux répondre à leurs besoins et de créer un cercle vertueux de confiance.

Avec sa plateforme participative, la société belge Go Vocal se charge, pour le compte d’autorités locales, de centraliser les données et de diffuser de l’information en vue d’une démocratie locale plus inclusive, plus participative et plus pertinente, en vue d’aider à la prise de décision des autorités. Elle travaille avec plus de 600 villes et organisations de par le monde. Vous en saurez plus sur leurs méthodes ICI et sur leurs domaines d’activité. En voici un exemple cycliste vécu et l’élaboration d’un budget participatif à Chaudfontaine. Le privé à la rescousse du politique ?

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Laisser tomber Bruxelles ?

DaarDaar a traduit un article de l’économiste Jan Wostyn, qui est aussi coprésident de Vista, un nouveau parti flamand social-libéral, qui milite pour un accroissement de l’autonomie de la Flandre et un renforcement de ses liens avec Bruxelles. Certains Flandriens voient toujours Bruxelles comme un boulet que traîne la Flandre et se trouvent dès lors face à un dilemme : flamandiser Bruxelles ou y renoncer totalement. Ce n’est pas le point de vue de Jan Wostyn.

Lui, il va même jusqu’à souhaiter la création d’un fonds « Flandris », auquel serait reversée une petite fraction des impôts payés par les navetteurs flamands et qui serait cogéré par les gouvernements flamand et bruxellois. Ces crédits pourraient ensuite être alloués à des projets touchant aux infrastructures et à la sécurité, dans l’intérêt des navetteurs flamands et de l’économie de la Flandre. Même chose avec les Wallons ?

Jan Wostyn aborde aussi d’autres sujets, comme le succès de l’enseignement néerlandophone à Bruxelles, le vote d’un certain nombre de francophones pour des partis néerlandophones ou encore la nécessité d’une nouvelle réforme de l’État, suite au blocage de la Région de Bruxelles Capitale. Il serait intéressant de connaître la réaction des Bruxellois francophones face à ses diverses propositions pour une ville plus équilibrée entre les deux communautés.