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Happy Monday: des Voisins Malins.

Certains quartiers ont tendance à se couper du reste de la société. Retisser le lien par la mobilisation des habitants eux-mêmes, assurer l’interface – et parfois la simple traduction – avec diverses institutions, c’est le pari fou des Voisins Malins, que révèle cet article en français de The Conversation. Une initiative qui a démarré dans la ville de Grigny en France, mais qui dispose aujourd’hui 100 Voisins Malins qui parlent au total 36 langues et dialectes. L’association noue même des partenariats avec Barcelone. Pourquoi pas avec Bruxelles ?

Les Voisins Malins sont des mères de famille, des retraités, des étudiants issus du quartier, mais aussi des comptables, des aides-ménagères, des petits commerçants… Ils sont recrutés et salariés par l’association Voisins Malins, avec des temps partiels d’une vingtaine d’heures par mois. Ils sont devenus des passeurs entre les habitants et diverses institutions, qui leur confient des tâches et rémunèrent l’association. On en dit (beaucoup) plus ICI.

« Une personne du quartier sonne à votre porte. La première méfiance surmontée, vous découvrez qu’elle parle la langue de votre pays, qu’elle a des réponses simples aux questions qui vous hantent et qu’elle vous ouvre, à son tour, les portes de cette ville que vous désespériez de comprendre ». Les institutions formelles – parfois à bout de souffle – n’étant souvent plus le lieu adéquat, il fallait inventer quelque chose qui parte des habitants et avec un management très professionnel.

Un vote est un vote.

Les élections approchent. Un article de De Morgen – traduit ICI par DaarDaar – rappelle que la ministre flamande Zuhal Demir (N-VA) a déclaré à la VRT « La Belgique n’est pas une démocratie ! Aux Pays-Bas, un vote est un vote ! En Belgique, un vote flamand vaut moins qu’un vote francophone». Voilà des années que cette affirmation circule, tout particulièrement au sein de la N-VA et du Vlaams Belang. Il s’agit pour eux de démontrer que la démocratie belge « ne fonctionne pas ».

Ce n’est pas vrai. Malgré certaines apparences trompeuses. Le journaliste du Morgen le démontre chiffres à l’appui. Les 150 sièges du parlement – qui représente le peuple – sont répartis de manière parfaitement proportionnelle aux chiffres de la population (et non des électeurs). Chaque province flamande, chaque province wallonne et Bruxelles se voit attribuer le nombre de sièges correspondant au chiffre de sa population.

Chaque voix a donc la même valeur. Ce qui donne parfois l’impression qu’il en est autrement, ce sont les écarts dans les proportions de voix à l’intérieur des circonscriptions, notamment en raison d’un nombre plus élevé d’électeurs absents, de votes blancs et de votes nuls. Voilà un vilain canard à qui De Morgen a (définitivement ?) tordu le cou.

Quel futur pour la justice ?

Le parquet de Bruxelles n’a plus de chef depuis deux ans et demi. La cour d’appel et le parquet général n’en auront plus dans neuf mois. Un article sévère de L’Echo révèle la situation et déplore l’architecture bringuebalante de la dernière réforme de l’État, qui a volé en éclats avec la création du parquet de Hal-Vilvorde en 2014 et la transformation de Bruxelles en une vraie entité à deux langues. « Il est temps que chacun clarifie ses positions sur la justice bruxelloise, qui ne mérite pas d’être laissée à l’abandon à l’heure où d’immenses défis lui font face ».

« Ce sont des raisons purement communautaires qui ont poussé la justice pénale de la capitale à être décapitée Un syndicat de magistrats évoque un véritable Coup d’Etat communautaire. Comme le monde judiciaire semble incapable de sortir seul de l’ornière, c’est au législateur à prendre les choses en main.  L’objectif est de « sauver le soldat Bruxelles ». Le politique ne peut laisser sa justice dans le marasme et doit y remettre de l’ordre. Le temps est revenu d’ouvrir des négociations politiques ».

A tout cela s’ajoute des cadres incomplets qui génèrent des retards et des reports, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les justiciables. Certaines affaires peuvent durer plus de dix ans ! L’Etat belge a été condamné pour cela à Strasbourg. Cette condamnation devrait amener l’Etat à prendre des mesures efficaces, pour que la Belgique cesse d’être un des pays européens où la justice est rendue avec la plus grande lenteur.

Des langues avec plaisir.

Pour un nouvel arrivant à Bruxelles, le français reste la meilleure manière de se débrouiller dans la ville où il sert de lingua franca, de simple langue véhiculaire. Comme le parcours d’accueil pour les arrivants des pays hors Europe des 27 a tardé à être obligatoire à Bruxelles, beaucoup de nouveaux arrivants peinent à nouer des contacts avec leur ville d’accueil, ont plutôt tendance à rester entre eux.

La Flandre a rendu ce parcours d’accueil et l’apprentissage du néerlandais obligatoire depuis longtemps avec de bons résultats. La VRT relate une expérience intéressante au cours de laquelle les primo-arrivants apprennent le néerlandais en chansons lors d’un spectacle présenté pour la première fois à Anvers. Ce spectacle s’adresse à ceux dont la langue maternelle n’est pas le néerlandais et qui souhaitent l’apprendre.

Toutes les paroles des chansons sont aussi projetées sur un écran pendant le spectacle et chantées par le public de langue étrangère. « Si vous chantez souvent une chanson, au bout d’un certain temps, vous la connaissez par cœur. Par conséquent, vous apprenez beaucoup de vocabulaire que vous n’oublierez jamais ». Pourquoi pas à Bruxelles pour apprendre le néerlandais ou le français en s’amusant ?

Changer de prénom.

Ce n’est plus le fédéral qui est compétent pour les demandes de changement de prénom, il ne faut plus passer par le juge. Ce sont les 19 communes qui s’en chargent … avec bien évidemment des modalités et des prix différents.

Si la plupart des communes offrent la gratuité en cas de changement de genre, elles appliquent le plus souvent un tarif réduit de 50€, mais cela peut monter jusqu’à 500 euros, s’il n’y a pas de motivation particulière ou lors d’une deuxième demande de changement. A Etterbeek, si Mohamed veut s’appeler Eric, il paiera moins cher que si Eric veut s’appeler Mohamed, nom à « consonance étrangère … ».

Le député Ecolo Ahmed Mouhssin estime que c’est discriminatoire et qu’il faut revoir le règlement. Il s’en explique dans cet article de la RTBF, qui relève aussi une autre incohérence dans la loi pour les personnes étrangères. A Etterbeek y aura finalement un tarif réduit pour tout le monde pour un premier changement.