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Un tourisme de qualité.

Prague veut des visiteurs « plus riches et plus cultivés ». La ville dit stop aux tournées organisées des bars nocturnes. La capitale tchèque vise une clientèle plus curieuse et respectueuse des habitants. Désormais, il est interdit d’organiser des tournées de bars guidées entre 22h et 6h du matin dans les rues de Prague. La municipalité souhaite ainsi protéger la tranquillité des riverains

Elle vise les excès liés à ces virées nocturnes, souvent prisées par des groupes d’enterrements de vie de garçon, notamment britanniques. Elle dit vouloir aller vers un tourisme de qualité. Les tournées festives nocturnes n’étaient pas toujours du goût des habitants, ni d’ailleurs des autres touristes, qui souffrent du bruit et des débordements. Cet article en dit un peu plus sur l’attitude de Prague.

Si les excès du tourisme de masse se voient de plus en plus décriés, le contraire de ce tourisme de masse ne devrait cependant pas signifier tourisme élitaire, réservé aux seuls riches. On se rappellera les « frigobox touristes » interdit à Knokke le Zoute. Certaines villes ont instaurés des numerus clausus, qui limitent le nombre de touristes admis sur certains sites. D’autres ont instaurés des taxes pour les touristes d’un jour. La réflexion n’est pas close. Il faut espérer qu’elle démarrera prochainement à Bruxelles, que certains estiment en voie de disneylandisation.

 

Le crack en expansion.

Variante fumable de la cocaïne, le crack (1) est une drogue dure très addictive et nocive. Vu des arrivages massifs, des dealers se font de gros sous en opérant un peu partout en ville. Malgré leur prix, crack et cocaïne sont plus faciles à trouver à Bruxelles que le cannabis. « C’est comme acheter du chewing-gum dans un magasin ». Une étude menée par safe.brussels et UGent confirme une augmentation significative de la consommation de crack.

Elle montre que la consommation de crack est étroitement liée à des problèmes sociaux profondément enracinés tels que le sans-chez-soirisme, la pauvreté et l’accès limité aux services sociaux. Les services d’aide ne peuvent plus répondre aux besoins fondamentaux de ces personnes très vulnérables. Sans perspectives d’avenir et très marginalisées, elles consomment des substances intoxicantes, pour rendre leur situation plus supportable. Sans chez soi, cela se passe alors autour des gares et des parcs.

La présence de consommateurs dans l’espace public crée un sentiment d’insécurité parmi la population et augmente la pression sur les services sociaux et de santé. Elle peut aussi entraîner des problèmes d’agressivité, qui impactent la sécurité à Bruxelles. L’étude, relatée par Brussels Times traduite ICI, en dit plus et évoque la responsabilité du fédéral, qui laisse des milliers de personnes en rue sans toit et sans soins.

(1) placé sur une bande de papier aluminium, le crack est inhalé après avoir été chauffée à l’aide d’un briquet

Et s’il y en avait trop ?

Trop de restos, de cafés et de chambres d’hôtels. L’horeca a souffert du Covid et depuis ne cesse de se plaindre et de solliciter de l’aide. Gros pourvoyeur de main d’œuvre et de lieux de rencontre parfois incontournables, le secteur est victime de règles et de taxes parfois absurdes, comme la prochaine interdiction de fumer en terrasse, mais pas en rue … Le secteur s’avère cependant souvent incapable de s’autoréguler et ses membres de développer des concepts et des identité fortes.

Les hôtels n’ont toujours pas retrouvé leurs taux de remplissage d’avant Covid, suite aux télés conférences, à la chute des congrès et des réunions d’affaires. Suite aussi à la profusion des Airbnb. Alors, pourquoi continue-t-on d’accorder  sans cesse des permis pour en construire de nouveaux ?  Quitte à devoir de multiplier les événements pour attirer des touristes, priés les remplir.

Beaucoup de faillites et fermetures également pour les cafés et restaurants. Là aussi, on peut se demander pourquoi on accorde toujours autant de changements d’affectation en faveur de l’horeca dans certains quartiers, au détriment de la rentabilité des établissements en place et de la quiétude des riverains.

Mettre la situation à plat et réguler le secteur ne s’impose-t-il pas la bruxelloise Eléonore Simonet (MR), la nouvelle ministre fédérale des indépendants ?

Quel rôle pour la presse ?

Pour assurer la fiabilité de l’information dans les divers médias, la vérification des faits – ou fact-checking – est confiée à des journalistes chargés de contrôler la véracité des faits et l’exactitude des chiffres. C’est sans trop d’engouement que les médias sociaux s’y sont soumis. Leurs grands et richissimes patrons viennent de faire allégeance à Donald Trump et la supervision des contenus est passée à la trappe, au nom de la « liberté d’expression ».

Pour remplacer la vérification des faits, un obscur système de « note de contexte » sera mis en place, comme le fait déjà Elon Musk sur X. Les utilisateurs y sont censés modérer et démonter les mensonges, au lieu de le confier à des journalistes spécialistes du fact-checking. Le propriétaire de Facebook, Instagram et Whatsapp, affirme que – jusqu’ici – le test se limite aux Etats-Unis.

Face à l’appauvrissement de la qualité de l’information, les médias doivent se positionner comme des phares de fiabilité, offrir un contenu de qualité, et favoriser des débats fondés sur une éthique journalistique. Vu que les patrons du monde des affaires mettent la main sur de très nombreux médias, il est urgent que la classe politique et la société civile reconnaissent la plus-value d’une presse libre. Tant francophone que néerlandophone, à côté d’une presse généraliste belge, dont nos démocraties ont plus que jamais besoin.

Retour du rationnement ?

Quelle question ! Les timbres de rationnement rappellent sinistrement la guerre. Cependant, lorsque des ressources se font rares ou précieuses, comment les répartir équitablement au profit de tous ? Allouer un quota à chacun est sans doute la manière la plus juste d’y arriver. Cela n’est pas (encore) une nécessité chez nous, où c’est finalement la hausse du prix des produits rares qui les « rationnent » en les réservant aux seuls riches.

Pour l’eau – qui devient rare – le prix n’arrête pas de monter pour tous. Bien commun indispensable et non marchandise, ne serait-il pas équitable de fournir à tous les habitants de Bruxelles une quantité  d’eau minimale à titre gratuit ? Ensuite des tarifs progressifs lorsque la consommation augmente. Libre à chacun de laver sa voiture à l’eau potable, d’arroser sa pelouse, de remplir sa piscine ou d’alimenter son usine, mais alors en  payant le prix coûtant, pour mettre fin à l’énorme déficit actuel de Vivaqua.

Si nous voulons limiter les nuisances liées à l’usage de l’avion et développer l’alternative train, ne pourrait-on attribuer à chaque citoyen un nombre limité d’heures de vol annuels autorisées ? Ceux qui préfèrent ne pas utiliser l’avion, ou n’en ont pas les moyens, pourraient toujours revendre leurs droits à une bourse de consommateurs. Une manière de limiter l’usage de l’avion. On voit déjà les lobbies de l’aérien – peu soucieux du climat – agiter le spectre des pertes d’emploi pour faire fléchir le politique.