Archives de catégorie : Commerce

Un quota carbone individuel ?

Puisque nous savons ce que la planète est capable d’absorber en matière de CO2 produit, il suffirait de diviser ce montant par le nombre d’habitants de la planète pour attribuer annuellement à chacun son « compte carbone », sorte de « droit de tirage ». Une étude récente révèle ce à quoi les Européens seraient prêts à renoncer pour y parvenir. Ce n’est pas la première fois que cette idée – simple, juste et logique – revient sur le tapis. On l’évoquait déjà dans les années 90 et  Alternatives Economiques y revenait en 2018. Certains parlaient d’une carte de rationnement …

Aujourd’hui, c’est même un quotidien économique et financier français (La Tribune)  qui y consacre une Opinion. Attribuer à chaque personne un même quota annuel de carbone, qu’il pourra consommer à sa guise, un peu à la manière d’une carte de crédit, avec laquelle on achète ce que l’on veut, dans la limite de l’argent disponible sur son compte. Chacun serait libre de consommer ce quota selon ses souhaits: voyage, énergie pour son logement, déplacements, etc. Le montant de ce quota serait dégressif chaque année, pour arriver en douceur à la neutralité carbone souhaitée pour 2050.

Les personnes qui ne consomment pas l’entièreté de leur quota annuel pourront les revendre à ceux qui sont à court. Grâce à  ce « marché », un cercle vertueux pourrait s’enclencher, avec pour résultat une diminution des inégalités sociales et environnementales, qui entraînerait dans son sillage une amélioration de niveau de vie, d’accès à l’éducation, de santé publique, de natalité et réduction des migrations, des famines, des épidémies, etc. Certains préconisent de lancer cette formule sur base volontaire. D’autres se lancent même dans des prévisions chiffrées.

image extraite du site http://www.protegez-vous.ca/maison/credits-carbone/calculateur-ges

La guerre des taxis aura-t-elle lieu ?

Mauvaise passe pour le gouvernement bruxellois, qui s’est trouvé assiégé alternativement par le secteur des taxis officiels et par celui d’Uber. Quoiqu’il décide, il fera des mécontents et mettra des emplois en jeux. Le PS se trouve ainsi isolé au sein du gouvernement, avec une majorité alternative qui s’est formée au parlement pour proposer une solution temporaire – que voilà –  en vue de permettre à Uber de continuer à rouler, en attendant le nouveau règlement final de Rudi Vervoort. Steven Van Garsse s’est livré pour Bruzz à une synthèse de la situation et des conséquences possibles, y compris l’hypothèse (peu probable) d’une chute du gouvernement. Nous l’avons traduite ICI pour vous.

Le secteur des taxis a longuement profité de sa situation de monopole de fait et n’en a pas assez profité pour se moderniser. Payement par carte pas toujours disponible, pas souvent de facturette officielle, petites courses négligées …  Le métier ne serait pas rentable, mais les 1 200 licences (reçues de la Région) se revendent à prix d’or ! Il aura fallu l’arrivée d’Uber pour que certains taxis se regroupent sous la casquette Victor Cab pour offrir des services similaires.

Dans la mobilité de demain, le taxi sera un forme courante de voiture partagée occasionnelle et peut-être même un transport collectif sur des itinéraires fixes, comme à Honk Kong. Des services tels qu’Uber doivent y avoir une place, en étant soumis à des règles qui évitent toute concurrence déloyale. Tout cela n’est encore rien face à l’arrivée du robot taxi sans conducteur. Il en circule déjà une vingtaine à Shanghai. C’est au politique à créer les conditions pour le développement harmonieux d’une offre variée de mobilité exemplaire, et bien sûr décarbonée, au service de tous les usagers.

Momenta déploie un service de robot taxi à Shanghai avec SAIC © Momenta

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Pourquoi résister à Amazon ?

Votre libraire vous dira ce qu’il en pense et votre marchand de chaussures aussi. On visite leur boutique pour s’informer, pour essayer, pour choisir … et puis on commande sur Amazon pour bénéficier d’un prix plus avantageux. Le libraire et le chausseur deviennent le showroom de Gallimard et de Camper sans être rémunérés pour remplir cette fonction. Vont-ils finir par faire faillite et disparaître de la ville ?

Amazon c’est bien plus que le réseau de vente de livres qu’il était à l’origine. Aujourd’hui cette multinationale est devenue une véritable pieuvre qui s’introduit partout où elle peut. Alternatives Economiques a consacré une analyse très inquiétante de la stratégie planétaire d’Amazon, de ses trois modèles, de ses services et de ses magasins automatisés sans caisses. Cela pourrait bien augurer d’un futur à Bruxelles. Mais en voulons-nous ?

En réponse, deux libraires bruxellois ont oser risquer la librairie du futur. Replica pionnière en néerlandais à Molenbeek et le projet Quartier Libre en français à Uccle, devenu aujourd’hui réalité. On y boit un café. On discute avec le libraire. On assiste à des rencontres autour d’un livre. Tous deux sont bien décidés à résister à Amazon. Ils ne relèveront cependant pas le défi sans vous. Acheter local ce n’est pas seulement pour les fruits et les légumes. Si nous voulons conserver nos commerces spécialisés ne serait-il pas bon de les visiter et les privilégier pour nos achats ? Le futur de Bruxsels en dépend aussi.

© Saskia Vanderstichele | boekhandel koffiebar, Maren Vandenhende en Quartier Libre

Se nourrir demain

Sans doute choisirons-nous de manger plus local, de saison et en vrac. Fréquenterons-nous des marchés bios et des producteurs d’agriculture urbaine. Mais le supermarché continuera à exister, à côté de petits commerces alimentaires spécialisés, comme les fromageries, les poissonneries et des pâtissiers et des boulangers de plus en plus artisanaux. Les supermarchés devront s’adapter à une clientèle plus exigeante sur la qualité mais aussi très soucieuse des prix.

Ils anticipent et s’orientent déjà vers un futur complètement digital. Payer à la caisse avec des billets appartiendra bientôt au passé. Il y a déjà le self-scan – encore non obligatoire – dans plusieurs supermarchés et les commandes par internet avec livraison (payante) à domicile. Vous verrez ICI le premier « drive piéton » automatisé de Carrrefour à Paris et puis le supermarché qui vous épie, celui du futur (?) et celui sans caisse, qui déjà vous suit à la trace, additionne tous les produits que vous prenez et le débite de votre compte sans contact à la sortie du magasin. Il ne reste donc plus que (mais quand même) les réassortisseurs et un simple contrôleur …

Les supermarchés tentent d’offrir une image plus verte (?) et plus soucieuse de l’environnement. Parfois même soucieuse de commerce équitable. Cela ne les empêche pas d’offrir des bananes d’Amérique du Sud à 0,99 € le kg. Que reste-t-il au cueilleur, une fois enlevés les taxes, le transport et les bénéfices des intermédiaires … Resterons-nous complices de ces pratiques ? Accepterons-nous de payer le vrai prix des bananes ou du café Fairtrade ? Des Bruxellois, installés dans les Cévennes, cultivent des légumes bios, les mettent en bocaux et livrent leur production  collectivement à Bruxelles plusieurs fois par an, sur base de votre commande à recopier et envoyer à <lepuech48@gmail.com>

Covid: raison garder

Vos journaux et vos écrans débordent d’actualités covid. Inutile d’en remettre une couche ici. Peut-être ne savez-vous plus qui croire ? Qui serais-je pour prétendre vous délivrer la vérité ? Les experts se contredisent, les labos sont dans l’ombre, la fondation Gates (active dans l’industrie pharmaceutique) subventionne l’OMS et arrose les grands journaux de subsides, des traitements utilisés ailleurs sont interdits en Belgique et font l’objet d’une omerta, l’information sur les vaccins est incomplète et pas transparente … quand elle ne devient pas propagande, les médecins généralistes sont largués, etc.

Et pourtant, ce petit virus couronné affecte déjà le futur de Bruxelles. Il nous a divisés entre vaccinés et non vaccinés, entre couche-tôt et couche-tard, entre enfants et adultes, entre obéissants et complotistes, … La démocratie en a pris un coup. Plusieurs de nos libertés ont disparu. Reviendront-elles intactes ? Que faire de nos colères ? Quelles solidarités réactiver ? Serions-nous à l’aube d’un changement de civilisation ?

De quoi ce petit bout de code génétique est-il le messager ? Comment a-t-il pu gripper notre belle machine ? Alain de Halleux donne la parole au coronavirus, dans le très beau film « Le Grain de sable dans la machine ». Voyez le résumé et la bande annonce, mais gardez surtout ce lien, pour pouvoir prendre le temps de le regarder en entier sur ARTE. C’est un canari dans la mine. C’est de notre rapport à la nature qu’il s’agit. Ici et ailleurs dans le monde. En ville comme à la campagne. En forêt comme en usine. Un grain de sable précieux pour se rassembler et pour affronter nos vrais problèmes.