Archives de l’auteur : Yvan Vanderbergh

A propos Yvan Vanderbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

Viré de l’école, une chance

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C’est Pierre Wynants, du Comme chez soi à la place Rouppe, qui le confie. D’abord viré de l’athénée, mais aussi de l’école de cuisine CERIA à 14 ans. « Ma chance, ça a été de passer directement au manuel sans passer par l’intellectuel ». Il s’en explique dans un riche entretien dans Le Soir. Mozart et Picasso auraient-ils eu leurs points en musique et en peinture ?  Mozart ne reçoit pas d’autre éducation que celle que lui donne son père et Picasso a fini par renoncer à suivre les cours à l’Académie de Madrid. Il est dans la brutalité de l’instant. Plus tard, il dira: « Tout ce que je sais, je l’ai appris dans le village de Pallarès ». D’accord, ce sont des génies et l’école les aurait sans doute maintenus dans un certain académisme, une certaine convention.

Il ne s’agit pas ici d’un plaidoyer contre l’école, supposée donner sa chance à tout le monde à Bruxelles, quel que soit son origine, ses compétences et ses talents, même si on est encore très loin du compte. Les inégalités sociales se retrouvent trop régulièrement dans les résultats scolaires. il faut pouvoir dominer la langue de l’école, en connaître les codes, être soutenu par ses parents et bien souvent, être capable d’assimiler une formation essentiellement verbale, assis sur une chaise. Une belle série d’articles de Conversation ICI, autour de l’ascenseur social en panne et « d’apprendre à apprendre » en France. Et chez nous ?

Découvrir et faire éclore les talents. Un beau projet pour l’école. Avec un tronc commun jusqu’à 15 ans d’accord. Avec l’apprentissage du latin pour tous ? avec les arts plastiques, la cuisine l’ingénierie et la création en parents pauvres ? Et ensuite une formation intellectuelle, scientifique ou technique, pour ceux à qui cela convient. Pour les autres, l’apprentissage d’un métier, une formation en alternance entre l’apprentissage en entreprise et les fondements de base donnés à l’école.

L’école donne-t-elle à chacun les moyens de réussir selon ses ambitions ? 
La réussite se résume-t-elle à cette illustration ? tous en cravate et attaché-ccase ?

Illustration de l’article publié par The Conversation

Des parkings pour dissuader

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C’est pour tenter de dissuader les automobilistes d’entrer dans Bruxelles avec leur voiture, que la Région consacre de (gros) budgets à la création de parkings dits « de dissuasion ». Le dernier en date est celui de Uccle Stalle – toujours complet – mais qui va voir sa capacité  doublée au prix de 12 millions d’euros (un demi milliard de francs belges quand même). Et d’autres suivront, à Crainhem, au Heysel et à Auderghem. C’est BX1 qui rapporte cette décision de notre ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen).

Certains estiment que ces parkings devraient se trouver à l’extérieur de la ville pour éviter sa congestion, mais là, ils dépendraient de la bonne volonté de la Flandre et de la Wallonie, qui semblent peu intéressées à consacrer des moyens pour délester Bruxelles. La Région prend ses responsabilités, même si l’ARAU – qui conteste cette politique – a pu vérifier, qu’à Stalle, ce sont surtout les locaux et les commerçants qui saturent les 380 places gratuites existantes …

De tels investissement sont à amortir en 30 ans. Pensez-vous qu’en 2050 la nouvelle génération se rendra encore à Bruxelles en voiture individuelle, même électrique et autonome ? Se pose  donc la question d’une possible reconversion de ces parkings pour d’autres usages. Nous avions suggéré d’imposer des hauteurs de plafond suffisantes pour pouvoir les reconvertir en logement, écoles ou hôpitaux. Pas sûr que ce soit grâce à nous, mais la ministre précise “le projet prévoit la modularité du bâtiment, de manière à ce qu’une réaffectation partielle en logement ou d’autre fonctions soit possible“. Dont acte.

Apartheid à Bruxelles et ruine de la Wallonie

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Non, pas de la science-fiction, comme vous le constaterez à l’issue de la rencontre que vient d’organiser Re-Bel, à propos du type de confédéralisme voulu par la N.VA. Sander Loones y répondait pour le parti nationaliste. Il a été confronté à des académiques et à un nombreux public – essentiellement masculin et blanc – qui tenait à l’interroger sur l’impact de ce projet pour Bruxelles et la Wallonie. Pour mieux en comprendre les enjeux, vous pouvez lire ICI, la carte blanche que les initiateurs, Paul De Grauwe et Philippe Van Parijs, y ont consacrée.

Si la séance a commencé de manière studieuse et courtoise, la fin fut plus mouvementée, notamment par rapport au statut de Bruxelles dans ce confédéralisme à la sauce N.VA et à la situation de la Wallonie, après répartition de la dette de l’Etat belge. Après avoir reproché à Sander Loones de n’apporter aucun chiffre, le professeur Paul De Grauwe – économiste à la London School of Economics – a pronostiqué pour la Wallonie une situation financière semblable celle de la Grèce. Vives protestations de Sander Loones. Irresponsable ! Onverantwoord ! Onverantwoord !  Onverantwoord !

Pour en savoir plus sur cet indispensable questionnement, vous trouverez ICI, un billet de la RTBF en HIER een reportage van Bruzz. Il y a aussi l’édito de Béatrice Delvaux, suivi du juste commentaire d’Alain Maskens, un abonné du blog. Et encore d’autres articles ICI, dont la carte blanche in het Nederlands et l’article de Grenzecho, où Sander Loones et Jan Jambon ont affirmé « qu’il y a un droit à l’autodétermination pour les Germanophones, mais pas pour les Bruxellois, parce qu’ils ne forment pas un peuple… ». Reste alors à poursuivre la construction de ce peuple de Bruxelles et à souhaiter qu’il se révolte, pour démontrer son existence à une certaine Flandre et lui apprendre aussi, que d’autres formes de confédéralisme sont possibles.

 

Un « Green Deal » pour booster l’Europe

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L’Europe, toujours à la recherche d’un projet collectif mobilisateur, en tient un solide, selon ce billet du Nouvel Obs, qui poursuit: L’Europe peut s’imposer comme le leader mondial dans la lutte contre le réchauffement. Selon Ursula von der Leyen, l’UE peut même devenir le « premier continent neutre sur le plan carbone ». Le plan semble ambitieux. Qui aurait parié sur une telle initiative il y a encore quelques années ? Aujourd’hui ces politiques cessent d’être perçues comme farfelues ou extrémistes, et deviennent désirables aux yeux de l’opinion. Bravo. La nouvelle génération n’aura pas marché pour rien.

Il y a le feu au lac. Incroyable mise en scène coup de poing de Green Peace. Et au même moment, à l’intérieur, le Conseil des ministres européens annonce la neutralité carbone … pour 2050 ! Ce serait plutôt une course de lenteur qu’une course de vitesse. Mais après des heures de discussions, une décision (presque) unanime était au prix de multiples compromis. Chaque Etat décidera de son « mix énergétique » et le nucléaire n’en est pas exclu. La Pologne: ce sera pour plus tard.

La recherche et l’innovation devront jouer un rôle clé dans la transition. Ursula von der Leyen a dévoilé une liste de « 50 actions pour 2050 ». Et ICI vous trouverez une réelle analyse de fond du Green Deal.

Quant à la COP 25, la douche froide est ICI, comme vous l’a dit la presse unanime.

Photo article de la VRT news

Photo Green Peace

Greenpeace sets EU on fire.

 

Happy Monday: Bruxelles et la Flandre se sont parlées

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Les ministres-présidents de Bruxelles – Rudy Vervoort (PS) – et de Flandre – Jan Jambon (N.VA) – se sont rencontrés discrètement. Ils ont eu une discussion, qualifiée d’agréable, autour des questions de Mobilité. Faut dire que les deux hommes se connaissent, suite à leur impérative collaboration lors des attentats de Bruxelles.

Ils ont discuté de « l’optimalisation du Ring autour de Bruxelles » – un euphémisme pour signifier son élargissement, voulu par la Flandre et combattu par Bruxelles – mais aussi du développement des modes alternatifs comme le vélo et les autoroutes cyclables. Ils semblent ne pas avoir abordé la taxation kilométrique ou le péage urbain, un sujet qui fâche et où les Régions divergent.

Alors que la Communauté métropolitaine de Bruxelles, voulue par la 6ème réforme de l’Etat, ne fonctionne pas suite, à son caractère non contraignant, mais aussi – pour les uns – suite à des craintes d’ingérences et de « cheval de Troie » pour les partisans d’une cogestion bicommunautaire de Bruxelles et – pour les autres – une crainte d’élargissement de Bruxelles, cette rencontre entre ministres-présidents est destinée à se pérenniser sous la forme d’un Comité de concertation bilatéral, puisque les deux hommes ont décidé de se revoir deux fois par an.