Archives de l’auteur : Yvan Vanderbergh

A propos Yvan Vanderbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

Green Friday, vous connaissez ?

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La fièvre acheteuse du Black Friday étant retombée, une semaine plus tard, il est peut-être temps de s’interroger sur cette manifestation consumériste, venue tout droit des USA, et qui s’est développée rapidement chez nous. Un record de plus de 10 millions de paiements a été enregistré en Belgique, dans les magasins et en ligne lors de ce Black Friday. L’an dernier déjà, 28% des Belges interrogés par Dedicated ont acheté en ligne durant cette journée de promotions et 22% dans les magasins physiques. Pour 73%, Black Friday est d’abord synonyme de bonnes affaires. Test Achats appelle cependant ICI à la prudence.

Black Friday contre Green Friday est le titre d’un article fort bien documenté que bruseslslife.be consacre au modèle de société de surconsommation, « extraire-produire-acheter-jeter » qui épuise la planète et est à l’exact opposé du Green Friday. Surproduction de biens manufacturés, forte utilisation de ressources naturelles et d’énergie, course aux plus petits prix (et nécessairement aux salaires de misère), gaspillage et pollution à outrance, addiction des citoyens, etc. Un certain nombre d’accusations pèsent aujourd’hui sur le Black Friday.

C’est en réaction qu’est né en France le collectif Green Friday. Une recherche d’alternative à la consommation compulsive, aux achats non-nécessaires dictés par la seule logique promotionnelle. Le collectif rappelle « nous achetons 60% de vêtements de plus qu’il y a 15 ans mais nous gardons nos habits deux fois moins longtemps. Nous changeons nos téléphones tous les deux ans alors qu’ils fonctionnent encore parfaitement ». C’est encore sans épingler les embouteillages, causés par les milliers livraisons individuelles effectuées par Amazon et autres livreurs à domicile, que nous évoquerons la semaine prochaine.

L’école en question

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La publication des résultats des tests Pisa a suscité de nombreuses réactions et de règlements de compte entre les différents acteurs. Le Soir y consacre un dossier important pour ses abonnés, dont je vous ai rassemblé de larges extraits, qui valent la peine d’être consultés si  vous vous intéressez à l’éducation. Les mauvaises performances en lecture – comme distinguer un fait d’une opinion – ne sont pas le seul objet de ce dossier et des progrès y sont aussi relevés. Ouf !

A qui la faute ? est évidemment la question qui est sur toutes les bouches. On se rejette donc la balle ICI de manière assez brutale. Les directeurs taclent leurs professeurs « qui résistent au changement » et alignent trop de journées d’absence. Les professeurs sont choqués et estiment que certains directeurs ne sont pas formés pour diriger une équipe. La formation initiale des enseignants est aussi sur le tapis. Elle ne tient pas compte de la nouvelle composition de classes de plus en plus hétérogènes et repose sur des conceptions d’arrière-garde. Alors la faute aux élèves ? qui ne lisent plus, ou seulement sur leur smartphone … mais qui déclarent recevoir peu de soutien de la part de leurs enseignants. 

Et le système scolaire ? Il ne sélectionne que ceux qui en maîtrisent les codes, avec une pédagogie qui reste fondamentalement destinée aux meilleurs. Le poids des inégalités sociales est considérable mais les débats sont confisqués par les élites. Pourquoi remettre en cause un système qui vous a fait réussir ? Qui écoute les plus démunis ?  C’est à ces questions, qui valent pour la Belgique comme pour la France, que tente de répondre ICI Philippe Watrelot dans Alternatives économiques. Et d’interroger: L’Ecole est-elle encore capable de tenir sa promesse de lutter contre le déterminisme ?

 

Busés en lecture

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Busés: les jeunes de 15 ans ? leurs enseignants ? notre système scolaire ?
La publication des derniers tests PISA a encore fait grand bruit en Fédération Wallonie Bruxelles, mais aussi en Flandre et dans des pays voisins, comme la France. Si la situation s’améliore un (petit) peu en math et moins en sciences, c’est en lecture que nous sommes toujours sous la moyenne des 79 pays participants. Le journal L’Echo y consacre ICI la meilleure analyse avec la collaboration l’ULiège. Il contextualise aussi l’épreuve. Un article de la RTBF complète cette l’information.

Cette année, les tests ont intégré – très à propos – les nouvelles formes de lecture en ligne et questionnent l’élève sur ses capacités à localiser, comprendre, réfléchir et évaluer. « Faire le tri dans la profusion d’informations non contrôlées sur internet devient une compétence cruciale. Le lecteur qui ne possède pas ce type de compétence critique  est une proie facile pour toutes les tentatives de fraude ou d’hameçonnage et risque de se faire abuser par les rumeurs, fake news et informations non vérifiées qui foisonnent sur Internet » (ULiège).

Alors que ses résultats sont meilleurs qu’en Fédération Wallonie Bruxelles, le ministre de l’Education flamand – Ben Weyts – s’inquiète cependant ICI auprès de Bruzz et de VRTnews en français, de la baisse enregistrée en lecture. Il veut que les programmes d’intégration linguistique deviennent une nécessité absolue. « Nous devons repérer le plus tôt possible les enfants présentant un déficit linguistique et les aider ». La langue parlée à la maison semble avoir une influence fondamentale. Tant parmi les élèves natifs, qui parlent souvent un dialecte flamand à la maison, que parmi les élèves issus de l’immigration, qui parlent une langue différente à la maison. Il faut une approche « sur mesure ».

Conclusion: l’apprentissage précoce de la langue de l’école (enseignement maternel obligatoire) avec une pédagogie adaptée, est encore plus capital à Bruxelles que dans le reste du pays. Il en va de l’acquisition d’une langue riche comme support de sa pensée, du sentiment d’appartenance à l’école, du plaisir d’y aller et des chances de réussite dans les autres matières.

 

Pourquoi chauffer la rue ?

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Alors qu’on nous parle tous les jours de réchauffement climatique et que nous sommes incités à installer du double vitrage et à limiter nos déperditions de chaleur, d’autres se permettent de chauffer la rue. Ils le font à grand renfort de bonbonnes de gaz et de chaufferettes électriques. Apparemment, en toute impunité, avec le soutien des lobbies de l’alcool et de la cigarette et avec pour seul objectif d’augmenter leur chiffre d’affaires, sans se soucier de l’environnement.

A Bruxelles, ce sont les communes qui règlementent (ou pas) ces pratiques de plus en plus courantes. Sur le territoire de la Ville de Bruxelles, les chaufferettes au gaz sont interdites (1) … mais l’échevin du Commerce – Fabian Maingain – n’applique pas le règlement « tant qu’il n’y aura pas d’alternative » ? Quelle alternative pourrait bien permettre de chauffer la rue sans consommer d’énergie ? A part pédaler pour produire du courant, on ne voit d’autre solution que de fournir une couverture ou alors d’accueillir les consommateurs à l’intérieur des établissements.

Le Parlement européen s’est prononcé pour l’interdiction des systèmes de chauffe pour terrasses, mais son avis est non contraignant. Par contre, nous avons un ministre bruxellois du Climat et de l’Environnement – Alain Maron – n’est-ce pas à lui d’interdire, pour l’ensemble de la Région, ce genre de pratique énergivore ? A charge des zones de police d’en assurer l’application: fermer l’interrupteur ou le robinet. La ville de Rennes a déjà interdit ce type de chauffage et s’en explique ICI. La ville de Namur suivra en juin 2021 selon la RTBF et Woluwé Saint-Lambert veut étendre l’interdiction à tout son territoire.

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(1) Règlement terrasses §7. Sont seules admises les chaufferettes électriques amovibles

Happy Monday: une ville sauvée par le vélo

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A Bruxelles, les vélos « dérangent ». Ils ne font pas (encore) partie de la culture urbaine et l’indiscipline d’un trop grand nombre de cyclistes contribue à cette image parfois trop négative.
A Copenhague – ville cycliste exemplaire – 49 % des trajets pour se rendre à l’école et au travail se font aujourd’hui à bicyclette (contre 36 % il y a 10 ans). Bien sûr, la ville est absolument plate, mais le climat froid, pluvieux et venteux aurait pourtant eu de quoi en décourager plus d’un.

Alors que la plupart des villes se sont adaptées à la voiture, Copenhague s’est concentrée depuis des années sur la sécurité et le confort des cyclistes, en créant des voies séparées des voitures dans chaque rue. À mesure que le cyclisme suscitait l’intérêt de la population, l’amélioration de l’infrastructure est devenue une réelle préoccupation politique prioritaire.
Lorsqu’il neige à Copenhague, les pistes cyclables sont déneigées en premier. Le vélo, c’est être libéré des bus et de leurs arrêts fréquents. C’est éviter d’avoir à se soucier de l’endroit où garer sa voiture. C’est permettre à chacun de bien maîtriser ses heures de départ et d’arrivée.

L’excellent article – et les photos suggestives – que le New York Times consacre à la ville du vélo, fait penser à la cité de l’avenir. Nous en résumons le texte ICI en français.
Copenhague, une ville qui prévoit une place pour chaque type d’usager de l’espace public, comme la photo de Betina Garcia le démontre parfaitement. Le reportage souligne aussi comment la population et l’industrie se sont adaptés à cette nouvelle donne. On y voit des véhicules cargo et des vêtement pour toutes les situations et tous les climats. L’espace public libéré grâce à l’usage intensif du vélo se trouve ainsi plus disponible aux usagers des transports en commun et aux personnes qui ont absolument besoin d’une voiture. Une image souriante de l’avenir de la ville. Une ville plus apaisée, plus respectueuse de tous et plus durable.