L’Etat doit-il se mêler des cultes ?

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Avec tout ce qui se passe ces derniers temps autour l’Exécutif des musulmans de Belgique, il est permis de s’interroger sur l’intervention de l’État dans la gestion des cultes. Est-elle autorisée et nécessaire ? La religion ne relève-t-elle pas résolument de la sphère privée ? La politologue du CRISP Caroline Sägesser apporte des réponses dans un Courier hebdomadaire du 14 janvier 2021. Elle livre aussi une interview à Marie-Cécile Royen de l’hebdo Le Vif, que vous pouvez lire ICI « Un mauvais départ pour la politique des cultes ».

La Constitution belge protège la liberté de culte, son exercice public, ainsi que le droit de ne pas avoir de religion…. À côté de ces dispositions, il y a cependant, dès l’origine de notre régime des cultes, une tension irrémédiable entre l’interdiction faite à l’État de s’immiscer dans les affaires du culte (article 21 actuel) et l’obligation de financement par l’État des traitements des ministres du culte (article 181, § 1er). Il a le droit (et le devoir) d’exercer un contrôle sur la façon dont l’argent public est dépensé.

Pour ce qui concerne le culte musulman, seule une fraction des mosquées de Belgique (83 sur environ 300 affiliées à l’EMB) sont reconnues. Seule une minorité des imams est donc payée par le SPF Justice. Et ce d’autant plus que des mosquées reconnues rechignent à accepter un imam payé par le SPF Justice, préférant conserver un imam envoyé et payé par la Diyanet (ministère turc des Affaires religieuses). Toutefois, si une organisation religieuse fait le choix de demander un financement public, il est normal qu’elle accepte un certain nombre de critères et de contrôles, y compris sur la qualité de son personnel.

illustration extraite du site de Jean-Paul Betbeze

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