Billet invité: Stop à loterie scolaire

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Nicolas Maskens a rédigé ce billet pour illustrer la situation des parents bruxellois francophones qui ont souvent mis leurs enfants dans des écoles néerlandophones faute d’écoles primaires pratiquant l’immersion. La conclusion de ce parcours est paradoxale et souligne encore la nécessité pour Bruxelles de maîtriser l’enseignement dispensé sur son territoire.

En attendant l’annonce des résultats de la grande loterie des inscriptions en 1ère année secondaire, je me demande encore comment nous avons pu en arriver là.
Tout avait pourtant bien démarré. Habitant à 1,4 km de l’école choisie (école francophone qui pratique l’immersion en néerlandais), à 1 km de son école primaire actuelle, ces deux écoles étant elles-mêmes séparées de 1,3 km, il était évident que notre « indice composite » allait placer mon fils en pole position. Comme nous voulions l’inscrire en immersion et qu’il maîtrise déjà le néerlandais, c’était Bingo à tous les coups.
Oui mais voilà… le courrier de l’école nous annonce qu’il n’est pas dans les 80% d’élèves choisis immédiatement grâce à leur bon indice composite. Comment est-ce possible ? Très simplement, en fait. Mon fils a suivi jusqu’à présent sa scolarité à Bruxelles dans l’enseignement néerlandophone. Patatras ! Le module de calcul de l’indice composite grille un fusible :

  • « Domicile au moment de l’inscription dans l’école primaire d’origine: néant »
  • « Au moins un établissement secondaire de chaque caractère se trouve dans la commune de l’école primaire d’origine : NON »
  • « Critère lié aux conventions de partenariat rencontré : NON »
  • « Priorité principale : aucune priorité »
  • « Sollicite une inscription en immersion : OUI »
  • « Est inscrit depuis la 3ème année primaire en enseignement en immersion : NON ».

Les écoles de l’enseignement néerlandophone ne sont simplement pas prises en compte pour le calcul de l’indice composite. Mon fils a reçu comme indice la moyenne des indices des élèves inscrits dans la même école. Il en va de même pour tous les enfants arrivant de l’étranger ou de la planète Mars.
Ce décret, qui dit vouloir favoriser la mixité sociale, discrimine ainsi les 18% des élèves de primaire de la région Bruxelloise qui fréquentent les écoles néerlandophones (source : Brussels Studies, 2013).

Chère Marie-Martine Schyns, voudriez-vous m’éclairer (avec l’aide de vos prédécesseurs au besoin) sur les raisons de cette discrimination ? Les distances sont pourtant identiques en km (FR) et en km (NL) ? Etterbeek (NL) recense probablement les mêmes écoles que Etterbeek (FR) ? La motivation vis-à-vis du néerlandais d’un élève inscrit en immersion dès la 3ème primaire est probablement aussi forte que celle d’un élève suivant l’enseignement néerlandophone depuis la maternelle ?
J’ai beau chercher, je ne vois pas d’explication qui tienne la route. Est-ce, comme dans Harry Potter, lié à l’incapacité des moldus (politiciens francophones) de voir les magiciens et sorciers (néerlandophones) bien qu’ils cohabitent avec eux ? Est-ce un oubli lié à la méconnaissance de la réalité Bruxelloise dans le chef de nos décideurs de la fédération Wallonie-Bruxelles ? Une volonté délibérée ? Une aberration de notre administration dans l’exécution de ce décret ?

 

1 réflexion sur « Billet invité: Stop à loterie scolaire »

  1. Emmanuel

    Vous avez la chance d’avoir une école proposant une immersion linguistique, moi pas! Ne vous plaignez donc pas car je ne peux même pas participer à cette loterie et donc aucune chance de gagner alors que vous, vous en aviez. De plus, rien ne vous empêche que votre enfant continue en néerlandais puisque c’était votre choix… Changer de régime linguistique présente des risques… On ne peut pas toujours gagner!

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