Archives de catégorie : Urbanisme

Un débat survolté.

Plus de 400 personnes se sont retrouvées à l’AB ce dimanche à 17h pour débattre de la place et de la nature de l’espace public à Bruxelles, en présence des candidats aux prochaines élections communales. Priés de répondre aux questions, ils étaient aussi priés d’interroger l’assistance et d’écouter ses propositions. Une sonnette de tram interrompant les bavards et des aboiements de chiens coupant tout propos injurieux. Le ton est donné pour un débat atypique.

Les bancs publics enlevés à Saint- Catherine pour faire place aux terrasses commerciales est le point de départ. Si vous êtes élus, les remettrez-vous ? Les réponses fusent. Quelques acteurs envahissent l’estrade et repoussent les politiciens de leurs bancs pour installer une terrasse payante. Le débat se poursuit en toutes langues, interrompu par des performances et des rappeurs, qui illustrent concrètement les propos, sous les applaudissement d’une foule excitée.

Des Bruxelloises et des Bruxellois sont contraints d’habiter plus petit. Des espaces publics accessibles et verts leur sont  donc indispensables. Le débat se poursuit à propos de la sécurité, de la propreté, de l’action de la police, de l’écoute réservée aux travailleurs de terrain et à la société civile. Des réponses sont applaudies et d’autres huées. Ça chauffe. La trentaine de bancs payés par crowdfunding vont-ils partir dans le camion ou on les amène place Sainte Catherine ? La réponse sur les photos. Désobéissance civile pour une bonne cause ? Un débat passionné au-delà de la langue de bois.

La ville de demain.

« La ville à 10 minutes » est toujours un slogan plus qu’une réalité, mais il révèle une intention. Le bourgmestre de Bruxelles affirmait déjà en 2023 vouloir remodeler les quartiers, afin que chacun dispose au quotidien de l’essentiel à 10 minutes à pied de chez lui. Reste à le concrétiser. Les élections prochaines sont l’occasion de demander aux partis de mettre cela à leur programme.

Un boulanger, un boucher, une épicerie, mais aussi une école fondamentale, une crèche, un espace vert, un distributeur de billets et un arrêt de tram ou de bus, si pas un métro. Un confort nouveau pour tous les habitants et une réponse à trop de déplacements inutiles et polluants. Brussels Studies Insitute y a consacré une recherche.

On peut attendre des différents partis qu’ils s’en inspirent et l’inscrivent à leur programme pour le 13 octobre. Un agent de quartier pourrait être bienvenu. Les habitants pourraient investir l’école de leur quartier. Des comités de quartier pourraient assurer le relais avec leur commune. Des apéros urbains et des fêtes des voisins pourraient renforcer la convivialité et rompre l’isolement des familles. On peut rêver ou alors soumettre le projet aux partis les plus proches de sa commune.

La natation refait surface.

Le jour où paraissait notre billet SOS Natation, la chaîne d’info bruxelloise BX1 publiait un reportage cinglant qui posait la question: les Bruxellois savent-ils encore nager ? En 3ème primaire de nombreux enfants bruxellois n’ont presque jamais vu l’eau. Faute de place, d’infrastructures, de temps ou de moyens, certaines écoles suppriment les cours de natation et les parents n’ont pas toujours le projet ou le temps d’assurer cet apprentissage qui est pourtant une vraie assurance vie.

Dans notre pays, chaque année une dizaine de jeunes de moins de 24 ans perdent la vie par noyade. Une lectrice et un lecteur nous signalent qu’entre 1995 et 2019 le nombre de piscines accessibles au public en Flandre et à Bruxelles est passé de 486 à 299, par contre les centres aquatiques privés eux progressent. Des inégalités sociales importantes découlent évidemment de ce délitement de l’équipement public.

C’est Bruxelles en Mouvement qui fait ce constat dans son numéro de juin consacré au Sport. Dans l’article « Et moi je veux nager » on trouve une analyse détaillée de la situation. Avec son budget dans le rouge, on se demande comment la Région va pouvoir y remédier. Mais deux raisons d’espérer se pointent ICI.

Un projet de ville pour tous.

Bruxsels Future se tourne parfois vers le passé pour essayer d’envisager le futur. En 2010 déjà, Christian Laporte réalisait l’interview de Luckas Vander Taelen. On est surpris par les similitudes avec aujourd’hui. Reporter, cinéaste et homme politique Groen, Luckas vit à Bruxelles et raconte comment la cité est passée de petite ville francisée à la métropole ultra-diversifiée d’aujourd’hui. Pratiquement disparu dans les années 60, le flamand, langue du peuple bruxellois, a cédé la place au néerlandais, qui connaît un regain d’intérêt grâce aux nombreux nouveaux Bruxellois qui envoient leurs enfants dans des écoles flamandes.

Luckas évoque aussi les défis auxquels la ville était confrontée, tels que l’augmentation rapide de la population et le choc des différentes cultures. C’est autour du Midi et des quartiers autour du canal que se concentrent les nouveaux Bruxellois. Mais aussi gare du Nord. Certains quartiers sont devenus des ghettos. Sont considérés comme des domaines privés. Hélas à Bruxelles, on ne peut pas diversifier socialement les quartiers nantis et défavorisés. Il faudrait une politique du logement dans cette direction, mais on aborde ces problèmes du XXIe siècle avec des structures du XIXe ! Le déménagement forcé de l’ISIB a dépassé les bornes à l’époque.

En tant que libre-penseur convaincu, il affirme qu’il y a de la place pour les religions, mais gare à certains groupes fondamentalistes. Pas question d’entamer nos libertés: chez nous, l’égalité entre les hommes et les femmes se traduit par une réelle liberté en tous lieux. Il y a 15 ans il pensait qu’un certain laxisme déboucherait sur des zones où la police n’ira plus, laissant le terrain à la criminalité organisée. Celle qui se développe aujourd’hui avec les fusillades des barons de la drogue ?

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Nuisances sonores en hausse.

Billet d’humeur d’un mélomane.

Le « rooftop » est une terrasse installée sur le toit plat d’un immeuble. Le plus grand se trouve au 9ème étage de Brucity, ancien Parking 58. Après celui du Beerlab de La Bourse et ceux en construction à l’AB et au Continental, entourés d’immeubles résidentiels, le concept se développe un peu partout. Au plus grand dam des riverains, qui ne sont pas nécessairement des pisse-vinaigre et peuvent même aimer la musique, la leur.

C’est que ces terrasses à ciel ouvert regroupent un monde assez joyeux, souvent alcoolisé, attiré par la musique qu’on y diffuse, en toute illégalité en terrasse. C’est évidemment quand il fait beau, qu’il y a le plus de monde et le plus de bruit. C’est aussi à ce moment-là que les riverains aimeraient pouvoir écouter leur propre musique ou dormir la fenêtre ouverte …

Il est nécessaire d’obtenir un permis pour ouvrir un rooftop. Ne serait-il pas prudent, qu’il ne soit accordé qu’à condition qu’on ni génère aucune sorte de musique ? Le bruit est la seconde cause d’exode urbain à Bruxelles. N’est-il pas temps que les concerts et la musique amplifiée se déroulent principalement dans des espaces fermés bien isolés ? Qu’en pense Philippe Close, le bourgmestre le plus rock & roll de Bruxelles ?

Un rooftop  en construction à l’Ancienne Belgique AB entouré d’immeubles résidentiels