Archives de catégorie : Urbanisme

La stratégie du fait accompli.

Rue du Lombard un entrepreneur coupe un Ginkgo biloba de 10m de haut pour installer sa grue, au boulevard Anspach une enseigne envahit tout un étage, rue du Midi une pâtisserie se transforme en restaurant sans demander de changement d’affectation, à Uccle un jardinet est écrasé pour en faire un parking privé, en centre ville un immeuble est détruit avant le prononcé d’une action en justice, la liste des infractions est longue.

A la lecture des récentes demandes de permis, on constate qu’un grand nombre sont en fait des demande régularisation d’un fait accompli, parfois à l’aide de professionnels. Des travaux ont été exécutés sans permis, des architectures ont été défigurées, des arbres ont été abattus sauvagement, sans autorisations. Les Commissions de concertation vont parfois régulariser certaines de ces situations, peuvent aussi demander la remise en l’état d’origine des lieux, ou ordonner la destruction d’une construction illicite, ou infliger une amende.

La pratique du fait accompli est de plus en plus courante à Bruxelles. C’est efficace et bien plus rapide que l’attente d’une réponse à une demande de permis. Et encore faut-il que la commune constate les travaux effectués sans permis, le chauffage illégal d’une terrasse ou l’installation de baffles à l’extérieur. Il faut aussi qu’un PV soit rédigé et que la Commission de concertation, la Police ou l’agent sanctionateur prennent position. Avec des délais légaux – souvent largement dépassés pour un permis de bâtir – l’administration n’est pas pour rien dans cette pratique, pourtant contraire à l’état de droit.

Réforme du bail.

Pour les baux conclus à partir du 1er novembre de cette année, il va falloir tenir compte des nouvelles mesures concrètes prévues par le Code bruxellois du Logement, en vue d’améliorer la qualité des logements et les conditions de vie des locataires. S’il faut s’en réjouir, il ne faudrait pas en conclure pour autant que tous les propriétaires sont d’horribles usuriers et tous le locataires d’innocentes victimes.

Parmi les nouvelles données on trouve la garantie locative, qui ne pourra pas excéder deux mois de loyer (hors charges). Le preneur du bail sera désormais tenu de contracter une assurance incendie et dégâts des eaux avant son arrivée dans le logement. Refuser un locataire à cause de son animal de compagnie sera interdit, mais des conditions à la détention d’un animal pourront être fixées. Pour la réalisation de l’état des lieux de sortie, un délai d’un mois est imposé à partir de la libération des lieux.

Un bail de courte durée (3 ans max.), ne pourra être prorogé qu’une seule fois. Passé ce délai, il se muera automatiquement en contrat de longue durée (bail de neuf ans). Des mesures sont aussi prises pour éviter une explosion du prix des loyers, en encadrant mieux les augmentations de loyer demandées suite à des travaux de rénovations énergétiques. La lutte contre les logements insalubres sera renforcée. Vous en saurez plus en lisant cet article de Trends Tendances.

Le futur des rites funéraires ?

Et si, après notre dernier souffle, nous nous transformions en terre fertile, pour nourrir la vie et devenir un arbre ? En Europe, des citoyens engagés plaident pour que le compostage des dépouilles humaines soit étudié, validé et légalisé. C’est Image Création qui soulève la question au travers de la production du film « Compostez Moi ». Le film est disponible gratuitement sur Auvio.

En Europe, des citoyens engagés plaident pour que le compostage des dépouilles humaines soit étudié, validé et légalisé. Aux États-Unis, cette alternative à la crémation et à l’inhumation est déjà pratiquée dans deux États. C’est une idée culturellement révolutionnaire, alors qu’elle se base sur la décomposition aérobie, perfectionnée par la nature depuis des millions d’années.

Après la crémation qui se généralise, un mouvement encore méconnu et controversé se met doucement en marche en faveur du compostage. Ses pionniers brisent les tabous, réveillent les consciences écologiques, secouent le monde funéraire, nous proposent une autre vision de la mort, régénératrice de vie, et ouvrent la voie vers la création de nouveaux rites.

Une architecture plus joyeuse.

« Pour construire une ville plus heureuse, il faut la concevoir plus dense ». Un point de vue de l’architecte Vishaan Chakrabartin qui plaide en faveur de la construction de bâtiments plus grands, afin de créer une plus grande cohésion sociale et des communautés plus joyeuses. Il y a 10 ans déjà, il plaidait en faveur d’une densité axée sur les transports en commun dans un pays saturé de voitures. Il vantait les avantages de l’« hyperdensité », c’est-à-dire des agglomérations urbaines dont la population est suffisamment importante pour disposer de bons  transports en commun.

Pour lui, ce n’est qu’en adoptant des politiques qui encouragent la construction en hauteur plutôt que l’étalement, que les villes pourront vaincre les inégalités et les crises du logement qui secouent la majorité des grandes cités. Il affirme que l’architecture et l’urbanisme sont essentiels pour résoudre les plus grands problèmes auxquels la société est confrontée aujourd’hui : le changement climatique et la division sociale

Il plaide en faveur d’une plus grande friction sociale dans notre environnement bâti, où des personnes d’origines diverses se retrouvent continuellement face à face. Il y a différentes manière de créer des espaces de connexion, c’est ce qui manque aux villes européennes, que les urbanistes adorent. Il s’interroge aussi sur les raisons pour lesquelles les automobiles restent des éléments qui divisent tant la ville. Extrait d’un article en anglais de CityLab.

 

Métamorphose du Quartier Nord.

Le Quartier Nord que vous connaissez, c’est ce qui reste du méga projet Manhattan  inachevé des années Vanden Boeynants – De Pauw. Une enquête publique a été lancée pour son réaménagement.  Si tout le monde regrette que l’on ait détruit tout un pan ville il y a soixante ans, les avis divergent à propos de son réaménagement.

Certains estiment que dès lors que ce quartier est devenu un quartier d’affaires. Il faut à la fois le rendre multi-fonctionnel et assumer sa verticalité. Le projet introduit est largement mixte. Il marie 520 logement avec des bureaux et des équipements collectifs. Il renforcera la skyline d’un quartier qui compte déjà de nombreuse tours et va redonner à la gare du Nord une visibilité perdue et va interagir avec la rue et donc la ville.

L’association Inter Environnement Bruxelles est d’un tout autre avis. Pour elle, tout transpire la démesure: quatre nouvelles tours, 80.000 m² de bureaux de plus, 500 logements et des milliers de m² de galerie commerçante. IEB demande que ce projet soit mis en pause en attendant les études de mobilité en cours  et la décision du Conseil d’État dans le recours lancé depuis un an. L’ARAU évoque  les premiers pas de « l’Urban Ruling« .

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