Archives de catégorie : Justice

Molenbeek place de la Bourse.

Surprise. A la veille des commémorations du 10ème anniversaire des attentats de Bruxelles, Molenbeek a traversé le canal pour installer un immense salon de thé Place de la Bourse.  Plein de tapis et de coussins partout. Un grand atelier d’écriture. Du monde, du soleil et de la joie en centre-ville, en ce premier jour de printemps, symbole de renouveau.

L’équipe de Molenbeek 2030 sert le thé et offre des pâtisseries à tous les passants, montrant ainsi que la commune est bien autre chose qu’un repaire de terroristes. Même si Molenbeek 2030 n’est arrivée qu’à la deuxième place dans la course au titre de Capitale européenne de la Culture, elle a déclenché une dynamique qu’elle aimerait voir s’étendre à tout Bruxelles.

Les terroristes n’ont pas gagné. Bruxelles est debout et reste cette grande ville multiculturelle où chacun peut être soi-même. Sadaka, les sourires et l’amabilité des jeunes qui servaient le thé l’ont démontré. L’intervention du mari de Loubna, fauchée le 22 mars 2016, était empreinte d’amour et de réconciliation, plaidait pour un continent de paix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une démocratie vivante ?

Après avoir laissé la ville sans direction pendant près de deux ans, la classe politique bruxelloise aura fort à faire pour regagner la confiance des citoyens qui se sont sentis lâchement abandonnés. Il ne leur reste que trois ans pour nous démontrer qu’ils peuvent établir un budget qui ne nous prive pas de ce qu’ils peuvent considérer comme accessoire, mais qui nous importe, comme le secteur associatif, la culture et la cohésion  sociale. Et donc où va la démocratie ?

Il n’y a pas qu’à Bruxelles que la démocratie s’avère en danger et la montée de l’autoritarisme dans le monde ne sera pas simple à combattre. Il s’agit de réinventer la démocratie pour qu’elle puisse à nouveau faire rêver les citoyens. Le retour des citoyens ordinaires dans le processus de décision démocratique sera essentiel. Il est urgent de mériter leur confiance en leur donnant un plus grand rôle dans la conduite des affaires publiques, et en leur proposant une véritable initiation à la démocratie.

Si la démocratie n’est plus qu’un mot et non une réalité pour la plupart, si elle relève exclusivement des professionnels de la politique ou d’institutions hors d’atteinte, fermées et sourdes à toute contribution externe, à quoi bon s’y intéresser ou la défendre ?  C’est dans The Conversation, en français, que vous trouverez une réflexion de fond sur la démocratie, une évocation d’expériences à l’étranger et la relance un outil de démocratie directe.

Métro 3 au frigo ?

Le gouvernement a mis le métro 3 au frigo pour des raisons financières et techniques. Mais les travaux se poursuivent sur la ligne prémétro qu’empruntent toujours les trams 4 et 10 depuis Albert jusqu’à la Gare du nord et au-delà pour le 10. La nouvelle station Toots Thielemans, dont le gros œuvre est quasi terminé, devait permettre de relier la station Anneessens-Fontainas à la gare du Midi en passant sous le Palais du Midi, déjà évacué.

Mais voilà, la Senne passait par là, seuls les ingénieurs semblaient l’ignorer. Un permis a été délivré (21 août 2025) pour détruire l’intérieur du Palais du Midi afin de pouvoir creuser ce tunnel de connexion. Projet à l’arrêt parce que IEB et ARAU ont introduit un recours contre ce permis. En décembre 2025, le Conseil d’Etat a suspendu l’exécution du permis, en attendant une décision sur le fond. Les associations ont aussi introduit une demande classement, dont les procédures judiciaires sont encore en cours.

De Standaard en français consacre un reportage illustré à la station Toots Thielemans. « Six ans et un demi-milliard d’euros plus tard, nul ne sait toutefois si un métro ou un tram s’y arrêtera un jour. » La STIB : « Si nous avions stoppé le chantier, tout aurait été perdu. Si une génération future décide de relancer le métro, cela restera possible. » En attendant, les boulevards Stalingrad et Lemonnier demeurent des chantiers à ciel ouvert. Habitants et commerçants n’en peuvent plus et exigent la remise en état de leur quartier.

>>>  sans commentaire: la STIB vient d’organiser une réunion de presse pour vendre sa conception d’une « préligne 3 » coûteuse avec 4 ans de travaux et toujours sans  avoir de permis …

Photos De Standaard, CBAI et la DH

Chasse au blanchiment.

À partir du mois de juin, la ville de Bruxelles entend contrôler les activités des criminels qui blanchissent leur argent via des établissements horeca. Ce sera grâce à une collaboration (enfin) plus étroite avec la police et le parquet. Philippe Close dans un article de Bruzz : « Nous allons fermer des établissements horeca. Tout le monde ne blanchit pas de l’argent, mais ceux qui le font, la Ville les attrapera. »

Cette approche administrative a déjà porté ses fruits à Liège et à Ostende. « Nous pourrons identifier les personnes qui ont dû fermer leur commerce dans ces villes. Si elles décident de s’installer à Bruxelles, nous pourrons contrecarrer leurs plans. On peut à la fois agir de manière préventive en empêchant l’ouverture d’un commerce et de manière répressive en fermant un établissement. » Les indices: chiffre d’affaire énorme, mais sans clients. De Morgen en dit plus ICI, dans un article traduit pour vous.

La chasse pourrait ensuite s’étendre à d’autres commerces impliqués dans des affaires de blanchiment d’argent. Il s’agit par exemple des salons de manucure, des barbiers et des magasins d’accessoires pour téléphones portables. Mais pourquoi seulement à la Ville de Bruxelles ? il reste 18 autres communes.

Changer de parti …

A peine élus sur la liste d’un parti, il arrive que des élues ou des élus quittent ce parti. Ils ou elles siègent alors comme indépendants ou apportent leur voix à un autre parti… qui leur propose de meilleures opportunités, notamment parce que leur siège peut être décisif. Cinq exemples récents. Quelle confiance encore maintenir aux personnes à qui nous accordons notre voix ?

La personne doit-elle démissionner de son mandat et le rendre au parti, grâce auquel elle a été élue ? Selon la Constitution – qui organise la démocratie – un élu vote librement selon sa conscience, il n’est pas supposé recevoir d’instructions obligatoires d’un parti ou d’un électeur. Il peut être exclu de son parti, mais son mandat du peuple ne peut lui être retiré par son parti. Changer d’orientation politique ne nécessite  donc pas de démissionner de son mandat.

La politologue Caroline Van Wynsberghe consacre un article intéressant à cette situation, qui tend à se multiplier, aussi au niveau communal. Il en va de l’impact de cette pratique sur la confiance envers la classe politique. Elle renvoie à l’idée de trahison. Le monde politique belge se passerait bien de voir ainsi son image un peu plus écornée.