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Locataires, propriétaires: des droits.

Pendant de nombreuses années, les propriétaires ont bénéficié de droits jugés excessifs par certains. Ils ont mis les locataires vulnérables en difficulté. Leurs droits réciproques ont été revus à plusieurs reprises à Bruxelles. Certains propriétaires estiment qu’aujourd’hui ce sont eux qui sont en difficulté, suite à des droits abusifs des locataires.

La base: le propriétaire fournit un logement décent et sain et assure les grosses réparations, le locataire verse son loyer à temps, entretient les lieux et souscrit une assurance habitation. Un bail fixe des règles plus précises afin d’équilibrer leurs intérêts respectifs. Madame Gori (MR) critique ICI diverses réformes du droit locatif bruxellois qui lèsent les propriétaires.

« En l’absence de payement, un préavis d’un mois est obligatoire avant poursuites judiciaires. L’audience n’est fixée qu’après 40 jours. L’expulsion est reportée d’un mois après jugement, avec préavis de quinze jours. Un moratoire hivernal interdit les expulsions du 1er novembre au 15 mars. » Bilan: près de onze mois pour qu’un propriétaire récupère son bien. La secrétaire d’État au Logement, Nawal Ben Hamou (PS) ne partage pas le point de vue de M. Gori. Olivier De Clippele, propose que le versement d’une aide au logement aille directement aux bailleurs.

En finir avec la bruxellisation.

En urbanisme, la « bruxellisation » désigne la transformation rapide et brutale du patrimoine urbain remarquable d’une ville dans un contexte de forte spéculation immobilière. L’expression est née dans les années 60, lors des bouleversements urbanistiques subis par Bruxelles, livrée aux rêves modernistes de promoteurs incontrôlés, au détriment du cadre de vie des habitants.

C’est au cœur de la « Bataille des Marolles » qu’une réaction populaire a surgi en 1969 avec l’abbé Jacques Van Der Biest. Il a pu compter sur l’avocat Philippe De Keyser pour des conseils juridiques aux militants. Philippe a aussi contribué à la naissance du Comité général d’action des Marolles. C’est pour lutter contre la « bruxellisation » et l’exode urbain, qu’il  va cofonder ensuite l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaines (ARAU). Plus tard, le CGAM et l’ARAU vont arriver à rassembler les diverses associations urbaines au sein de la fédération Inter-Environnement Bruxelles (IEB).

Les compétences juridiques de Philippe De Keyser, et son talent pour forger des consensus, ont permis à la société civile bruxelloise d’arriver à parler d’une seule voix. Il était un fervent défenseur d’une Région bruxelloise autonome, qui prend son destin en main. L’impasse politique actuelle est en contradiction totale avec sa vision pour Bruxelles. Il vient de nous quitter et il nous manque déjà.

Deux cartes sur la table.

On n’ose même plus imaginer un gouvernement avant la fin de l’année. Plus personne autour de la table. Les mots manquent pour qualifier la situation qui perdure depuis près de 550 jours. Nos représentants (?) élus pour gouverner la Région semblent vaquer à leurs occupations courantes, sans plus rien déposer sur la table des négociations. Le respect de l’électeur ne semble plus une priorité. Juste quelques petites phrases assassines pour tente de remonter dans les sondages. La honte pour la capitale de l’Europe.

Elk Van den Brandt (Groen), cheffe de file de la majorité néerlandophone, voit en Yvan Verougstraete (Les Engagés) un possible formateur, qui dispose des clés. Il avait donné dix jours au MR pour proposer une solution qui suscite l’adhésion d’une majorité. La deadline, c’est aujourd’hui. L’alternative Verougstraete, c’est un gouvernement de centre gauche sans le MR. Pas facile à mettre en place, puisqu’il n’a aucune majorité garantie. C’est cependant celle qui s’en rapproche le plus.

Dans Bruzz, Kris Hendrickx lance une autre carte. Il se demande si les citoyens ne devraient pas prendre le relais des négociateurs défaillants ? Des personnalités de tous les secteurs de la société bruxelloise se sont regroupés dans Respect Brussels. Ils ont appelé à une nouvelle approche. Faute du conclave – qu’ils ont appelé de leurs vœux – ils ont lancé un Appel en faveur d’un comité d’experts et d’une convention citoyenne. Plus vite dit que fait, mais une échappée. Tous les lundis midi ils seront présents face au parlement.

Le pouvoir du fait accompli.

Une demande de permis d’urbanisme prend beaucoup (trop) de temps et le résultat reste imprévisible. Dès lors, un certain nombre de Bruxellois préfèrent passer à l’acte sans introduire de demande de permis. Ils parient sur le fait qu’il y a peu d’inspecteurs et que l’autorité ne découvrira probablement pas l’intervention.

L’arbre est coupé. La terrasse est construite. Le commerce est transformé en bar sans affectation horeca. Si l’intervention est dûment constatée, il leur faudra rentrer une demande rectificative. Si la réponse n’est pas positive, cela se soldera le plus souvent par une amende, parfois par un ordre de retour au pristine état, qui demande parfois un permis de démolition …. pas toujours accordé.

Les lois existent, il faut les appliquer. Il faut des inspecteurs en suffisance et la volonté politique de poursuivre les contrevenants. Sans cela c’est la voie ouverte à la pratique du fait accompli et la négation de l’État de droit. Les exemples sont innombrables.

No Kings !

Il n’y a pas qu’aux États Unis qu’un mouvement se développe contre la montée en puissance de nouveaux “rois“ qui promettent de mettre de l’ordre, d’être rapides et efficaces, au prix d’une mise en veilleuse de la démocratie et de l’État de droit. Vous en saurez plus ICI. Trump, Poutine, Xi Jinping, Kim Jong-un, Erdogan, Orban… en sont des exemples marquants, mais pas les seuls.

A une autre échelle, des citoyens soucieux de démocratie commencent aussi à s’élever contre la particratie qui gangrène le débat démocratique et distribue les places utiles à toutes les élections, quitte à la céder pour exercer d’autres mandats. Parmi nos bourgmestres, il en est qui règnent depuis fort longtemps et accumulent les pouvoirs. Les Maingain, Cerexhe, Kir, De Wolf, Moureaux, Dilliès, Close, … en sont quelques exemples.

 « No Kings » est repris en chœur par des partisans d’une démocratie revivifiée. Certains proposent de limiter à deux mandats des postes comme ceux de bourgmestre ou de ministre-président, pour éviter les dérives autoritaires. 10 ou 12 ans ça suffit. D’autres rappellent que représenter le peuple est une responsabilité mais ne doit pas devenir un métier.

photomontage réalisé par un lecteur du blog

The famous Manneken Pis statue in the centre of Brussels.