Archives de catégorie : Justice

Le pouvoir du fait accompli.

Une demande de permis d’urbanisme prend beaucoup (trop) de temps et le résultat reste imprévisible. Dès lors, un certain nombre de Bruxellois préfèrent passer à l’acte sans introduire de demande de permis. Ils parient sur le fait qu’il y a peu d’inspecteurs et que l’autorité ne découvrira probablement pas l’intervention.

L’arbre est coupé. La terrasse est construite. Le commerce est transformé en bar sans affectation horeca. Si l’intervention est dûment constatée, il leur faudra rentrer une demande rectificative. Si la réponse n’est pas positive, cela se soldera le plus souvent par une amende, parfois par un ordre de retour au pristine état, qui demande parfois un permis de démolition …. pas toujours accordé.

Les lois existent, il faut les appliquer. Il faut des inspecteurs en suffisance et la volonté politique de poursuivre les contrevenants. Sans cela c’est la voie ouverte à la pratique du fait accompli et la négation de l’État de droit. Les exemples sont innombrables.

No Kings !

Il n’y a pas qu’aux États Unis qu’un mouvement se développe contre la montée en puissance de nouveaux “rois“ qui promettent de mettre de l’ordre, d’être rapides et efficaces, au prix d’une mise en veilleuse de la démocratie et de l’État de droit. Vous en saurez plus ICI. Trump, Poutine, Xi Jinping, Kim Jong-un, Erdogan, Orban… en sont des exemples marquants, mais pas les seuls.

A une autre échelle, des citoyens soucieux de démocratie commencent aussi à s’élever contre la particratie qui gangrène le débat démocratique et distribue les places utiles à toutes les élections, quitte à la céder pour exercer d’autres mandats. Parmi nos bourgmestres, il en est qui règnent depuis fort longtemps et accumulent les pouvoirs. Les Maingain, Cerexhe, Kir, De Wolf, Moureaux, Dilliès, Close, … en sont quelques exemples.

 « No Kings » est repris en chœur par des partisans d’une démocratie revivifiée. Certains proposent de limiter à deux mandats des postes comme ceux de bourgmestre ou de ministre-président, pour éviter les dérives autoritaires. 10 ou 12 ans ça suffit. D’autres rappellent que représenter le peuple est une responsabilité mais ne doit pas devenir un métier.

photomontage réalisé par un lecteur du blog

The famous Manneken Pis statue in the centre of Brussels.

 

La drogue est partout.

Billet d’humeur

La drogue ? mais on serait mieux inspiré en parlant DES drogues. Celles qui envahissent nos vies: les opiacés, le cannabis, l’alcool, le tabac, les médicaments, les protéines des sportifs,  le sucre, les médias sociaux, le porno, les jeux, le streaming, …  des produits qui procurent un certain plaisir, mais développent aussi rapidement des addictions et accoutumances, dont il est difficile de se débarrasser.

Aujourd’hui, les drogues peuvent toucher toutes les catégories de la population. Tous les âges et toutes les classes sociales. A Bruxelles, lorsque l’on parle de drogues, on pense surtout au cannabis, à la cocaïne et au crack, aujourd’hui presque disponibles à chaque coin de rue. Pour certains, la drogue a remplacé le travail. Simples guetteurs ou dealers sont des jobs bien payés. Ils ne nécessitent pas de qualification … mais quelques risques. La commissaire nationale aux drogues veut que l’on s’attaque prioritairement aux vendeurs.

Légaliser et contrôler l’usage du cannabis, pour mieux se concentrer sur les drogues dures ? Ouvrir des centres de consommation à moindre risques ?  Mettre plus de bleu dans les rues ? Le futur de Bruxelles se joue aussi sur les choix qu’elle va opérer en collaboration avec le fédéral. Pour ce qui est de la légalisation de certaines drogues « douces », la balle est dans le camp du fédéral, qui ne l’a cependant pas inscrit dans son accord de majorité.

Une police qui protège.

Les médias sociaux ont largement documenté les brutalités de certains policiers à l’encontre de manifestants pacifiques ou déjà menottés et plaqués au sol. S’il incombe à la police de protéger le mobilier urbain et les propriétés privées et publiques des attaques  d’un certain nombre de casseurs, rien ne pouvait justifier un tel usage de la force, de matraques téléscopiques, de spray au poivre ou de gaz lacrymogènes.

Tout cela n’a rien de réjouissant pour un joyeux lundi, mais ce qui s’avère cependant réjouissant, c’est de voir le syndicat policier CGSP-ALR condamner l’usage disproportionné de la force par la police. Le syndicat demande même aux parlementaires de créer une commission d’enquête sur “les agissements de certains agents qui salissent l’honneur de l’ensemble de la profession”.

Si toute violence à l’encontre de la police est condamnable, le droit de manifester pacifiquement doit aussi être garanti par les forces de l’ordre. Les derniers évènements et le défoulement de certains gardiens de la paix pourraient décourager des citoyens d’encore participer à des manifestations. La commission d’enquête devrait apporter plus de clarté et établir les responsabilités.

Contribution des milliardaires.

Peut-on laisser les ultrariches payer moins d’impôts que le reste de la population ? L’économiste français Gabriel Zucman apporte la preuve qu’une taxe sur les très grandes fortunes est indispensable à notre démocratie. Il propose un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros.

Il a pris la plume pour expliquer, justifier et convaincre, non pas de l’intérêt mais de la nécessité de la réforme fiscale qu’il porte. Cela donne un petit livre clair, très accessible, à lire et à offrir, pour faire parler de ce sujet crucial: peut-on continuer à permettre aux milliardaires de payer moins d’impôts que les autres contribuables ? Tout le monde ne partage évidemment pas ce point de vue et il réplique.

Il n’y a pas que la finance, les ultrariches accumulent des fortunes qui leur donnent un pouvoir politique immense, notamment dans le monde des médias. C’est pourquoi la taxe Zucman peut également être un élément de renforcement de notre démocratie, face à la volonté d’une partie des très grosses fortunes de faire sécession du reste de la société. Ce qui est vrai en France ne l’est-il pas aussi en Belgique ?