Archives de catégorie : Commerce

Retenir la classe moyenne.

Si la population de Bruxelles reste stable, c’est parce que les personnes qui continuent de quitter la ville en nombre sont rapidement remplacées par de nouveau venus. Ce sont principalement les classes moyennes et les jeunes familles qui sont tentées par l’installation dans les deux Brabants et même par le Hainaut, qui leur proposent des logements avec jardin moins cher qu’à Bruxelles. Cet article de l’Observatoire belge des inégalités s’en explique.

Ce sont plus de 200 millions de revenus imposables que Bruxelles perd ainsi chaque année, alors qu’elle est de plus en plus endettée. Essayer de comprendre cet exode urbain. Que faire pour tenter de retenir ces contribuables, dont nos finances ont besoin ainsi d’ailleurs que nos commerces spécialisés ?  Construire du logement moyen bien isolé avec balcons et terrasses. Verdir nos rues. Plus de propreté et moins de bruit. Créer de l’habitat groupé. Baisser les coûts en n’étant pas propriétaire du terrain. Tout cela tarde encore à progresser. Innoviris fait des recommandations.

On peut déjà entendre  jaillir le mot « gentrification » de la part d’IEB et sans doute de l’ARAU, mais si nous voulons une ville mixte, il faut aussi être capable de retenir des habitants avec des revenus, afin de pouvoir venir en aide aux personnes précarisées. Lutter contre les excès de la gentrification ne devrait pas nous empêcher d’être une ville ouverte aux personnes des classes moyennes.

Une victoire des militants.

Incroyable mais vrai: TotalEnergies ne sera plus accepté parmi les sponsors des 20 km de Bruxelles. Cela fait 2 ans que Greenpeace, Youth for Climate, Amnesty International, Grand-Parents pour le climat, … agissent pour que les organisateurs refusent le sponsoring de TotalEnergies.

Une compagnie qui vient de déclarer un bénéfice de 20 millions d’euros, investis massivement dans l’exploitation des hydrocarbures et du gaz partout dans le monde et parfois dans des conditions indignes, comme en Birmanie. Elle tente de se donner une bonne image en investissant (si peu) dans les énergies renouvelables.

Être présente massivement sur le parcours des 20 km de Bruxelles était une manière de se rendre sympa aux Bruxellois. Cette interdiction est une belle victoire de la société civile, pour qui tout argent n’est pas bon à prendre. Le Concours Reine Élisabeth pourrait aussi s’en souvenir, ainsi que la STIB, dont des trams ont arboré une  pub pour des voitures Renault

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Pauvre réponse politique.

L’agriculture urbaine se développe, mais ne suffira jamais à nourrir plus d’un million d’habitants. Nous avons besoin des agriculteurs et ne pouvons accepter qu’ils soient maltraités. La presse a largement relayé les actions légitimes et spectaculaires du monde paysan, même si nous ne pouvons accepter les excès auxquels certains se sont livrés au détriment de Bruxelles, victime innocente.

L’ONG Natagora constate que les agriculteurs sont coincés dans un marché mondialisé, confrontés à des prix dictés par la grande distribution et acculés par l’inflation qui a oublié d’adapter leurs revenus. Elle épingle aussi le décalage entre des revendications légitimes, comme des revenus dignes et la nécessaire suppression de traités de libre-échange comme le Mercosur et la pauvre réponse livrée par l’Europe, qui sape des normes environnementales capitales.

Déroger sur les jachères et la gestion durable de l’azote, négliger les surfaces et éléments « non-productifs » comme les haies, mares, arbres, bordures de champ, jachères mellifères…, n’est pas la solution. La biodiversité, enjeu clé pour la survie de l’agriculture, est menacée. L’effondrement de celle-ci est le principal risque pour notre sécurité alimentaire dans les prochaines années. Beaucoup plus ICI.

L’Europe a-t-elle cédé aux puissants lobbies ?

L’argent transforme la société.

Après le troc et à côté des échanges de services locaux, différentes formes de « monnaies » – plus ou moins précieuses – ont commencé à voir le jour. Empereurs et monarques ont vite compris l’intérêt de frapper monnaie à leur effigie. Philippe le Bel crée une monnaie royale qui lui permet de maîtriser les cours et lui valent une réputation de roi faussaire. La monnaie n’est jamais neutre, elle est porteuse d’une formidable force de structuration des rapports sociaux. La création d’une monnaie résulte toujours d’une volonté politique, comme celle qui a contribué à la création de l’Euro.

Un défi majeur de notre temps est d’inventer et de mettre en circulation une monnaie qui n’encourage pas la marchandisation du monde. Or la monnaie qui est aujourd’hui la nôtre est une monnaie dont les modalités d’émission sont intrinsèquement capitalistes, la tournant non plus principalement vers sa fonctiin d’échange marchand, mais bien vers une accumulation capitaliste. Changer la monnaie pourrait être une des clés pour la constitution d’un monde plus juste et plus durable. Cet article en dit bien plus sur son impact sur la société.

Il n’est pas interdit de créer sa propre monnaie. On y a assisté avec l’avénement des cryptomonnaies. Créer une monnaie citoyenne locale c’est aussi donner de la valeur à nos valeurs. C’est ce qu’on tenté divers groupes de citoyens. A Bruxelles, la Zinne n’en est qu’à ses débuts, mais commence à se répandre et profite à la société bruxelloise.

Logement touristique recadré.

La commission du développement territorial du Parlement bruxellois vient de donner son feu vert à un projet d’ordonnance visant à actualiser la législation de 2014, qui réglemente la mise à disposition d’hébergements touristiques, notamment via les plates-formes digitales. Il s’agit à la fois d’un simple logement chez l’habitant et d’immeubles entiers transformés en « hôtels » sans services.

Accusé de raréfier l’offre de logement à Bruxelles et de faire monter le prix des loyers, le logement touristique est source de profit, mais aussi souvent source de nuisances sonores et d’incivilités. Dans certains quartiers les vrais habitants finissent par être en minorité, remplacés par des occupants festifs occasionnels avec valises à roulettes. La vie de quartier en pâti, une raréfaction des commerces de proximité s’en suit, remplacés par des magasins et des horeca visant les touristes.

Vous lirez dans cette série d’extraits de presse que la nouvelle ordonnance semble loin de résoudre tous les problèmes bureaucratiques générés par la précédente. Des arguments opposés sont développés par l’opposition, par le secteur hôtelier, par les associations citoyennes et par les défenseurs du logement à court terme. Si l’ordonnance est votée sans amendements, gageons qu’il faudra déjà la réviser dès les premiers mois de mise en application …