Si la population de Bruxelles reste stable, c’est parce que les personnes qui continuent de quitter la ville en nombre sont rapidement remplacées par de nouveau venus. Ce sont principalement les classes moyennes et les jeunes familles qui sont tentées par l’installation dans les deux Brabants et même par le Hainaut, qui leur proposent des logements avec jardin moins cher qu’à Bruxelles. Cet article de l’Observatoire belge des inégalités s’en explique.
Ce sont plus de 200 millions de revenus imposables que Bruxelles perd ainsi chaque année, alors qu’elle est de plus en plus endettée. Essayer de comprendre cet exode urbain. Que faire pour tenter de retenir ces contribuables, dont nos finances ont besoin ainsi d’ailleurs que nos commerces spécialisés ? Construire du logement moyen bien isolé avec balcons et terrasses. Verdir nos rues. Plus de propreté et moins de bruit. Créer de l’habitat groupé. Baisser les coûts en n’étant pas propriétaire du terrain. Tout cela tarde encore à progresser. Innoviris fait des recommandations.
On peut déjà entendre jaillir le mot « gentrification » de la part d’IEB et sans doute de l’ARAU, mais si nous voulons une ville mixte, il faut aussi être capable de retenir des habitants avec des revenus, afin de pouvoir venir en aide aux personnes précarisées. Lutter contre les excès de la gentrification ne devrait pas nous empêcher d’être une ville ouverte aux personnes des classes moyennes.

Bonjour Yvan,
Tous les jours, je lis avec beaucoup d’intérêt votre chronique. J’ai particulièrement envie de réagir à celle-ci. Je partage en tout point votre point de vue et je voudrais apporter mon témoignage.
Je suis instituteur « pensionné ». Si je mets des guillemets, c’est parce que je continue d’oeuvrer comme bénévole dans une très grosse école fondamentale pour palier le manque d’instits et assurer une étude. quatre fois par semaine Ce n’est pas sans rapport avec votre billet….
Je constate parmi mes collègues que très peu habitent Bruxelles bien que la plupart y soient nées. La principale raison de leur installation dans le BW, et de plus en plus dans le Hainaut, tient à l’impossibilité pour un couple de la classe moyenne d’acquérir un bien convenable à Bruxelles. s’ils n’ont pas derrière eux une famille très aisée pour les aider financièrement.
Un mot sur mes plus jeunes collègues célibataires : si elles ne vivent plus chez papa et/ou maman, elles sont obligées de trouver une collocation car leur salaire ne leur permet pas de louer autre chose qu’un kot d’étudiant, voire un trente mètres carrés. Si elles désirent profiter d’un jardin ou d’une cuisine plus grande qu’une kitchinette et d’un salon, la collocation devient incontournable.
Si certaines personnes optent pour une collocation pour ne pas avoir à vivre en solitaires, pour d’autres ce n’est qu’un choix dicté pour des raisons financières. C’est le cas de ma filleule qui gagne entre 1600 et 2000 euros par mois. Elle est en partie salariée, mais pour l’essentiel, elle est indépendante. Quand elle a fini de payer ses huit cents et quelques euros de loyer, elle doit faire face à ses frais de voiture, engin dont elle a absolument besoin pour exercer son métier. Une fois la nourriture payée et ses frais de GSM et informatiques réglés, il lui reste bien peu pour les loisirs et l’habillement. Heureusement, elle n’a pas (encore) de dépenses de santé.
Son cas est loin d’être unique parmi les jeunes autour des trente ans.
Mon fils, assistant social dans un CPAS bruxellois, âgé de trente-deux ans, vit toujours chez nous. Il épargne pour le jour où il pourra s’installer chez lui. S’il devait vivre seul, à Bruxelles, il ne pourrait rien mettre de côté.
Alors, oui, je soutiens vos propositions pour que Bruxelles puisse garder une classe moyenne, bien utile pour les finances des communes et de la région. Quant à ceux qui parlent sans arrêt de gentrification, qu’ils m’expliquent où ils vont dénicher l’argent pour construire et entretenir des logements sociaux pour les plus démunis.