Le délit de « pauvreté »

« Trop pauvre pour avoir la bonne voiture et avoir le droit de circuler à Bruxelles ». Un nouveau délit serait-il né ? Si l’élimination progressive des véhicules les plus polluants est un objectif louable de la Région en vue d’améliorer la qualité de l’air que nous respirons tous, plusieurs lecteurs regrettent l’absence de toute mesure d’accompagnement pour les particuliers qui ne peuvent se passer de voiture, mais n’ont pas les moyens d’en acheter une neuve. Pas même un peu de souplesse pour les retards de livraison.

Jean-Marc Sparenberg pense que les victimes risquent d’être nombreuses: on roule rarement en « vieille » voiture diesel par choix, mais plutôt par manque de moyens. Le danger me semble de rendre l’écologie impopulaire dans les milieux les plus fragiles, et de la voir creuser des inégalités sociales déjà bien profondes à Bruxelles. L’enfer (social) est parfois pavé de bonnes intentions (environnementales) ! C’est ainsi qu’est née la révolte des gilets jaunes en France et puis en Belgique

Robert Verstraeten constate que  certaines voitures Euro 4 sont équipées de filtre à particules (par exemple la Focus 110ch de 2009) et elles polluent moins qu’un gros SUV Euro 6 plus récent et plus gourmand. Les moteurs à essence modernes rejettent, quant à eux, des particules encore plus fines. Entre l’objectif plus louable et sa mise en œuvre, il y a un hiatus qui s’appelle lobby automobile. Et il se frotte les mains. Un parc automobile à renouveler servi sur un plateau !

Photo by ev on Unsplash

2 réflexions sur « Le délit de « pauvreté » »

  1. potteve

    Clairement, pour ceux qui n’habitent pas Bruxelles, ça ne sera pas évident tant qu’on n’aura pas un réseau RER.

    Pour ceux qui habitent Bruxelles, je constate que certaines personnes surestiment la nécessité de disposer d’une voiture pour leurs déplacements, qu’ils soient quotidiens ou ponctuels, et ne sont pas toujours bien informés des possibilités existantes autres que la voiture. Même avant la pandémie, j’ai rencontré des gens qui n’avaient jamais pris les transports en commun et qui n’avaient pas la moindre idée des trams ou bus qui passaient près de chez eux. Beaucoup de gens surestiment aussi les distances à parcourir. Bruxelles n’est pas Paris ou Londres.

    Quand on a une voiture perso, on a tendance à l’utiliser pour tout et tout le temps. Quand on n’a plus de voiture perso, on apprend à regrouper ses achats et ses déplacements, à rechercher la meilleure adéquation entre les modes de transport disponibles (à pied, à vélo, à trottinette, en tram/bus/métro/train, en moto, en voiture) et ses besoins réels de de transport.

    De plus, les embouteillages et les difficultés de stationnement tendent à rendre la voiture moins efficace. Dans le centre de consultations près de chez moi, plusieurs médecins viennent maintenant à moto/vélomoteur/vélo. Une de mes connaissances est électricien et, excédé par les problèmes susmentionnés, a fini par se commander un vélo-cargo pour circuler à Bruxelles et transporter son matériel. Et, quand la voiture est vraiment indispensable, les voitures partagées (Cambio et autres, électriques ou non) sont accessibles à toutes les bourses.

    Beaucoup de parents oublient que leurs enfants ont des jambes pour marcher ou pédaler et tiennent absolument à les déposer juste devant l’école, ce qui n’est pas leur rendre service. Il me semble essentiel d’organiser dans chaque école des ramassages scolaires à vélo et des « pédibus » (qui sont les bons vieux « rangs » d’autrefois).

    Et, si on élimine les chauffeurs Uber, il faudra que les taxis bruxellois deviennent plus abordables, et songer à distribuer des « chèques taxi » à ceux qui en ont besoin : personnes invalides, personnes âgées, femmes enceintes, etc.

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  2. Eric van Delft

    On évitera Bruxelles, et on privilégiera les dépenses culturelles et ce qui les accompagne ailleurs.

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