Faire peuple à Bruxelles

C’est la commémoration de la Marche blanche qui a évoqué ce peuple de 300.000 citoyens blancs et silencieux dans les rues de Bruxelles. La Marche en souvenir du meurtre de  Joe Van Holsbeeck en 2006 a rassemblé moins de monde, mais un peuple plus coloré et plus bruxellois. La dernière Marche pour le Climat fut nombreuse mais à nouveau plus blanche. Des marches plus modestes en nombre ont rassemblé des personnes de couleur victimes de violences policières et plus récemment, des femmes en colère contre le personnel qui les agresse dans les bars. Le futur de Bruxelles semble dans les mains d’une société civile qui se développe et se mobilise.

Comment faire peuple dans une société d’individus ? Pour faire peuple, il ne suffit pas que les individus vivent en société, il faut aussi qu’ils veuillent vivre ensemble, soient en mesure de dépasser leurs intérêts particuliers, aient des projets d’avenir qui les rassemblent. Faute de passé commun, la population de Bruxelles, riche d’un très grand nombre de langues et de cultures, doit pouvoir se construire un avenir commun. « Nous existons ! Wij bestaan ! We exist ! » étions-nous 10.000 à proclamer en 2006, comme l’évoque ce beau Bruxelles est à nous en conclusion de « Demain Bruxsels ».

Il y a un peuple flamand, un peuple wallon, un peuple de Dieu, un peuple de gauche, … Un peuple de Bruxelles est en train de naître sous nos yeux, presque à notre insu. Un peuple, pas une masse, pas une foule dissolue ou passionnelle. Un peuple qui se définit par un one will (1), une volonté, un « nous » commun. « Un futur qui tient compte des plus fragiles, sans attendre que les plus fortunés soient touchés pour que les choses fassent collectivement sens (2) ».

(1) Thomas Hobbs
(2) Abd al Malik

document extrait du reportage de BX1

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