La Flandre a fait une croix sur Bruxelles

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« Mentalement, la Flandre a fait une croix sur Bruxelles » c’est Rik Van Cauwelaert – chroniqueur au Tijd et ex-rédacteur en chef de l’hebdomadaire Knack – qui l’affirme sans ambages dans une interview (1) pour L’Echo. Il poursuit « Bruxelles est un point de clivage important, mais les francophones doivent bien se rendre compte d’une chose: pour les Flamands, Bruxelles est de moins en moins nécessaire. Par le passé, la Flandre disait qu’elle ne lâcherait jamais Bruxelles. Ça, c’est fini.  S’il le faut, elle la lâchera. Regardez un Bart De Wever, il ne s’intéresse pas une seconde à ce qui se passe à Bruxelles. Il sait que ce n’est pas une ville flamande. D’ailleurs, ce n’est même plus une ville francophone: c’est international. La Flandre ne se battra pas, elle ne se battra plus pour Bruxelles. Cela dit, chez les Wallons, ce n’est pas le grand amour non plus. En Flandre, on l’a bien observé ».

A propos du confédéralisme: « L’indépendance totale, le séparatisme, c’est la vision romantique du vieux mouvement flamand qui n’existe pratiquement plus. C’est du passé, à part chez quelques-uns au Vlaams Belang. Non, aujourd’hui, c’est le confédéralisme qui est visé. On y est presque d’ailleurs. Il n’est pas possible de prendre chaque fois 500 jours pour faire un gouvernement. Tôt ou tard, il faudra se poser cette question: que veut-on encore faire ensemble? Au PS, ils savent que cette question viendra sur la table et je pense même qu’ils sont mieux préparés à cette discussion que la N-VA ». 

Mais c’est quoi, le confédéralisme à la flamande ? « C’est d’abord la responsabilité financière. On veut la transparence sur le financement des uns et des autres. Avec des mécanismes de solidarité, naturellement, mais on veut la clarté. Que chacun puisse gérer sa Région comme il l’entend. Cela ne réglera pas tous les problèmes de la Flandre, mais ça permettra d’y remédier plus vite. On n’aura plus l’excuse de dire que les francophones nous freinent.On sera alors pleinement responsables de nos propres actes ».

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3 réflexions au sujet de « La Flandre a fait une croix sur Bruxelles »

  1. mtdpt

    Le nerf de la guerre, c’est les sous…
    « C’est d’abord la responsabilité financière. On veut la transparence sur le financement des uns et des autres. Avec des mécanismes de solidarité, naturellement, mais on veut la clarté. Que chacun puisse gérer sa Région comme il l’entend. Cela ne réglera pas tous les problèmes de la Flandre, mais ça permettra d’y remédier plus vite. On n’aura plus l’excuse de dire que les francophones nous freinent. On sera alors pleinement responsables de nos propres actes ».
    Une grosse partie du challenge si on part vers une Belgique a 3 est la perception des impots au lieu du travail vs habitation, et le cas echeant une rediscussion (on non) des frontieres regionales.
    Sur la base des gens qui y travaillent, Bruxelles est loin d’etre pauvre… Mais il est probable que ni la Flandre ni la Wallonie ne seraient pretes a discuter ce changement dans un cadre confederaliste. Dans le cadre d’une scission le droit international s’applique, mais cette option reste peu realiste…

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  2. LM

    Merci pour votre article qui informe un peu plus sur les statuts des belges. Si j’habitais en Région flamande, je dirais “ok”. Si j’habitais en Région wallonne, je dirais “ok”. Mais, j’habite en Région bruxelloise, qui n’est pas flamande, qui n’est même plus francophone, qui n’est donc même plus bilingue fr/fl, mais qui est polyglotte. Comment va faire cette région qui est devenue internationale : pour combien de temps, puisque même l’Europe vacille ? LM

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  3. Philippe Van Parijs

    Intervention confuse de mon ami Van Cauwelaert.

    Il faut distinguer 5 dispositifs, en ordre croissant de “Vlaanderen laat Brussel los »
    1. Une scission de la Belgique en deux (VB)
    2. Un confédéralisme bi-national (N-VA)
    3. Le double fédéralisme actuel (régions et communautés).
    4. Un confédéralisme tri-régional
    5. Une scission de la Belgique en trois

    Faire une croix sur Bruxelles, c’est le 5, à l’extrême opposé de ce que veut Vlaams Belang (le 1).
    Ce que semble suggérer Van Cauwelaert, c’est que BDW a renoncé à 2 pour prôner le 4.
    Dans ce cas, effectivement la Flandre et son gouvernement et son parlement laten Brussel los, mais pas les Flamands (majoritaires au sein de la confédération belge, même si le modèle confédéral, en donnant droit de veto en toute matière commune, aux autres entités confédérées, limite l’usage qu’ils peuvent faire de cette majorité).

    Philippe

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