Le Mondial a-t-il tué le sport ?

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Les prestations de la Belgique au Brésil ne doivent pas nous dispenser d’une réflexion à propos de l’évolution du sport de haut niveau, de la place de l’argent – la FIFA  verse 10 millions à l’Union belge – et des moyens légaux et illégaux  développés en vue d’augmenter les capacités physiques des athlètes et joueurs. Et avec tout cela, quelle est la situation du sport amateur à Bruxelles où les Communautés subsidient des clubs flamands ou francophones mais pas mixtes ?

Dans Le Vif, le psychologue Pascal De Sutter s’en prend au championnat du monde et pose la question de l’esprit du sport. Il  trouve inquiétante la soumission moutonnière au nouveau Dieu Mondial.

 » Ce Mondial représente-t-il vraiment l’esprit du sport ? Les jeunes peuvent-ils prendre en exemple les nouveaux gladiateurs richissimes que sont devenus les footballeurs de haut niveau ? Un footballeur moyen d’une modeste 2e Provinciale coûte désormais à son club environ 30 000 euros par an. Même si les sommes sont parfois très symboliques (par exemple, 50 euros pour un goal), cette transformation mercantile du sport me paraît très malsaine.
A l’époque où adolescent je jouais au basket, je trouvais normal de verser ma cotisation annuelle au club pour payer la salle, les arbitres et les autres frais.
Nous étions une bande de copains qui jouions pour le plaisir, pas pour l’argent. Il y a eu dans notre équipe des Asiatiques, des Africains, des Arabes et même des Yougoslaves serbes et croates, mais nous portions tous le même maillot mauve et blanc. Il y avait des juifs, des catholiques, des musulmans, des bouddhistes, des orthodoxes, des protestants et des athées, mais on ne s’en rendait même pas compte. Car on buvait tous ensemble de la bière avec du saucisson et du soda avec des gaufres de Liège. Nous parlions avec le même accent typiquement bruxellois. Pour nous, l’étranger, c’était le joueur d’une équipe de Wavre ou d’Alost. On oubliait complètement la couleur de peau de nos équipiers et l’origine ethnique n’avait aucune importance. Seules comptaient les prestations sur le terrain et les affinités de personnalités (…) « 

2 réflexions sur « Le Mondial a-t-il tué le sport ? »

  1. Van Bambeke

    Petite question : tout travailleur qui exerce son emploi sur le territoire d’un autre Etat doit cotiser à la sécu de ce pays d’emploi. Au mondial qui est l’employeur des « diables »? la fédération belge de foot?

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  2. Pierre Motyl

    Merci Yvan pour cette occasion d’ajouter un grain de sel perso: dans d’autres compétitions (le Tour de France est un bon exemple) les moyens déployés par la police pour dépister le dopage sont totalement absurdes, tout comme l’écho que reçoivent les affaires de dopage dans les media. La professionnalisation du sport et les enjeux financiers rendent le dopage logique et je ne vois pas en quoi cela concerne l’ordre public: si les fédérations sportives veulent le sanctionner, libre à elles mais que ce soit à leurs frais et sans accaparer les maigres ressources de la justice payée par les contribuables pour répondre à de vrais besoins sociaux. Bref, je suis pour la dépénalisation du dopage !

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