Archives de catégorie : Urbanisme

Un autre vivre ensemble ?

Les prix des loyers étant devenus prohibitifs, un certain nombre de Bruxelloises et de Bruxellois se partagent des appartements ou des maisons. Ces cohabitants ne sont pas toujours bien vus par les propriétaires, qui hésitent à leur accorder un bail. Ils posent aussi parfois problème pour des personnes isolées, qui y perdent leur statut et voient leurs indemnités diminuées en tant que « cohabitants ».

Le « coliving » est une autre manière d’habiter la ville. Là, ce sont souvent des promoteurs qui achètent une grande maison de maître sous-occupée, pour y installer un certain nombre de chambres, qui bénéficient toutes d’une vaste cuisine et d’un grand living commun, parfois équipé d’un billard, d’un grand écran, d’un jardin ou même d’un sauna. Les prix des chambres sont assez élevés, mais comprennent l’accès toutes les facilités et bénéficient de l’entretien des communs.

Il arrive que des riverains se plaignent du bruit, des déchets, de la mobilité, de ces nouveaux habitants, souvent assez jeunes et parfois fêtards. Certains pâtés de maisons se remplissent de colivings, d’Airbnb et autres colocations, qui entraînent une pression accrue sur la vie locale. C’est pour maintenir un certain équilibre, que la commune d’Etterbeek vient de voter un nouveau règlement-taxe sur les logements loués sous forme de coliving. Vous en saurez plus ICI et l’avenir nous dira s’il constitue une solution valable.

photo plate forme détaillée Witco

Screenshot

Des alternatives au Métro 3 ?

Le futur de Bruxelles est aussi lié au sort qui sera réservé au chantier tentaculaire du Métro 3. Son avenir sera sur la table, dès qu’un gouvernement sera mis en place, vu son coût, ses retards et ses problèmes techniques. Son sort pourrait même être scellé au cours des discussions actuellement en cours sur le budget. En fonction du scénario retenu, certains travaux lourds déjà réalisés pourraient même s’avérer inutiles. Les riverains apprécieront, les contribuables aussi.

Un débat rationnel s’impose. Tout le monde apprécie le confort, la capacité et la régularité des déplacements en métro. Une ligne de plus pourquoi pas ? Sauf que la Région n’en a pas les moyens et que l’État fédéral n’y contribue pas suffisamment pour couvrir les hausses des coûts. L’analyse rationnelle des alternatives s’impose donc.

Pauline Deglume, qui a toujours réalisé un travail journalistique de qualité sur Bruxelles, a fait le point dans l’émission « Le Tram » de BX1. Dans une publication récente, l’ARAU dit aussi apprécier son travail, mais rappelle qu’elle n’a jamais caché son soutien au métro. L’article de l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaine en dit plus et donne un autre éclairage au débat. Il rappelle aussi l’existence de l’alternative Prémétro+ dont vous trouverez la brochure dans ce lien. Voilà de quoi vous faire une opinion.

Des idées pour le canal ?

Situé sur un ancien site industriel le long d’un canal, le projet Merwede fait inévitablement penser à l’opportunité que représentent les terrains autour du canal à Bruxelles. Merwede est en train de devenir un des plus grands quartiers urbains sans voitures des Pays-Bas. D’une superficie équivalente à 34 terrains de football, il comprend 6 000 logements, divers services et une grande place à la végétation dans les espaces publics, les cours et  sur les toits.

C’est un quartier sans voiture, donnant la priorité aux piétons et aux cyclistes. Les résidents et les visiteurs disposent d’un grand choix de vélos et de voitures partagées et de transports publics. Ces 200 bâtiments étagés sont le résultat d’une analyse intégrale des différentes ambitions durables et spatiales étudiées avec la collaboration des habitants concernés.

Merwede allie de szones résidentielles tranquilles à des lieux de rencontre plus animés. L’essentiel à 10 minutes à pied. Vous verrez ICI ce que les concepteurs appellent « Coulisse City », qui apporte de la variété, de la surprise et un sentiment d’intimité dans la ville. Un portfolio avec des photos et des simulations, vous donneront une idée de la nature de cette initiative parmi d’autres projets de Bura. Peut-être pas trop tard pour inspirer les berges de notre canal ?

Photos Bura et Rijnboutt

 

 

Bruxelles mégalomane ?

Un vent favorable nous a permis d’accéder à une note de juin 2014, qui conclut que Néo et Kanal ont pour points communs d’être deux projets mégalomanes, sensés booster notre attractivité internationale, mais sans études de marché ni business plan sérieux. Leur direction confiée, non pas à des professionnels choisis sur concours, mais à des proches du Ministre Président. Le PS n’a pas le monopole de ces parachutages, mais en semble coutumier. Cette analyse financière annonçait déjà ce que le magazine Investigation vient de révéler.

Luckas Vander Taelen s’avère encore plus féroce dans l’analyse du projet Kanal, à laquelle il s’est livré dans deux articles, traduits pour vous ICI. Pour lui, Rudi Vervoort a profité d’une nouvelle possibilité lui permettant de soutenir des projets culturels qui favorisent le rayonnement de la Région, pour justifier l’achat du garage Citroën. Jusqu’ici les initiatives culturelles étaient de la seule compétence des deux Communautés. Le Centre Pompidou en fera une juteuse affaire.

Un projet de prestige enthousiasmant, dont Bruxelles pourrait sans doute s’enorgueillir, mais dont la faisabilité financière est loin d’être garantie. L’achat, la « rénovation » et le fonctionnement de cet immense paquebot semble, pour Luckas Vander Taelen, aussi irresponsables que la décision inattendue de construire une troisième ligne de métro, désormais à l’arrêt dans le sous-sol marécageux de Bruxelles. Au futur gouvernement à se livrer à des arbitrages difficiles mais indispensables.

Santé publique demain.

21% des jeunes belges sont en surpoids depuis 20 ans, l’obésité a même légèrement augmenté. A Bruxelles la situation doit être encore plus inquiétante, face à l’offre de fast food en pleine croissance. Avec 257 établissements, les chaînes de restauration rapide de Bruxelles affichent 24,64% des fast food du pays, sans compter les friteries et les snacks indépendants.

Les aliments ultra-transformés remplacent les fruits, les légumes et les protéines à une période cruciale de la croissance des jeunes. Riches en sucres, sel et matières grasses, ils sont conçus pour séduire par leur goût, leur praticité et un marketing agressif. Le phénomène est mondial selon l’UNICEF, mais voilà les habitudes alimentaires des jeunes bruxellois.

Le piétonnier est devenu le boulevard de la malbouffe et malgré tout, un KFC va encore venir élargir l’offre dans les prochains jours. Face à l’inévitable liberté du commerce, ne devrait-on pas pouvoir compter sur les communes pour refuser de nouvelles affectations horeca pour ce type d’établissements ? et ne pas leur accorder de nouveaux baux quand elles sont propriétaires des lieux ? Et quel rôle pour l’école ?