Archives de catégorie : Langues

Quelques bons points.

Toujours sans gouvernement bruxellois, il faut se réjouir, en ce lundi, d’avoir enfin un gouvernement fédéral. Il est plutôt à droite, à l’image du résultat des élections, qui nous ont cependant permis d’éviter la montée de l’extrême droite, qui regagne du terrain chez nos voisins. Avec une lourde dette fédérale à résorber, les cadeaux seront rares. En cherchant bien dans l’accord de 209 pages, nous en avons repéré quelques-uns pour ce joyeux lundi, mais ils restent à confirmer.

La Belgique va avoir un budget et sa dette va diminuer. Les salaires nets vont augmenter. Les «épaules les plus larges» financeront cette réforme fiscale, via une taxe sur les plus-values, enfin approuvée. L’usage de l’argent Beliris est recentré mais maintenu. Il n’y aura plus qu’une zone de police, mais davantage de policiers et de magistrats. Le Plan Canal reprend du service. Obligation scolaire portée à 3 ans au lieu de 6.

Les soins de santé seront réformés mais garantis, les chèques-repas plus élevés et davantage de distributeurs de billets. C’en sera fini de fumer sur les terrasses des cafés. On pourrait avoir congé pour la fête de l’Iris mais plus le 15 août. Voilà pour les nouvelles considérées comme bonnes, mais pour le reste, tout ne sera pas rose pour pour les personnes les plus fragiles, ni pour Bruxelles, qui pourrait n’obtenir aucun ministre au fédéral ?. On devra nécessairement revenir sur tout cela.

Une Région forte et autonome.

Billet d’humeur

« On a un programme très clair pour Bruxelles. On veut une région forte, autonome, pas de cogestion. Nous voulons une région plus efficace, avec des réformes, notamment au niveau des zones de police. On veut que Bruxelles reste la capitale et que les deux communautés prennent aussi leur responsabilité. »  Qui donc affirme cela à la RTBF en octobre 2024 ? rien de moins que Cieltje Van Achter, cheffe de groupe N-VA au parlement bruxellois et ministre des Affaires bruxelloise au parlement flamand.

Issue d’un parti qui a longtemps défendu un modèle confédéral, avec Bruxelles comme simple trait d’union, géré par les deux autres entités flamande et wallonne, on peut comprendre l’étonnement, voire l’incrédulité d’un grand nombre de Bruxelloises et de Bruxellois. Le parti socialiste d’Ahmed Laaouej va plus loin, en refusant de siéger à la table de négociation avec elle. Il estime donc que ce nouveau positionnement est un mensonge.

Alors que dans certaines communes le PS n’hésite pas à entrer dans des majorités avec des élus communistes du PTB, il refuse de se mettre à table avec les nationalistes de la N-VA et bloque ainsi, depuis des semaines, la formation d’une coalition pour gérer Bruxelles et sa dette. Se mettre à table ne signifie pas qu’on va gouverner ensemble, mais suppose de vérifier s’il est possible d’établir un programme commun avec des partis qui forment une majorité.

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Eduqués en plusieurs langues ?

Les parents bruxellois de langues différentes éduquent de plus en plus souvent leurs enfants dans la langue maternelle de chacun d’entre eux. Celle qu’ils maîtrisent bien et prononcent correctement. Celle dont ils peuvent aussi transmettent les racines et la culture. Ainsi, Bruxelles à la chance de compter de nombreux habitants bilingues, trilingues et même davantage. Un gage de réussite pour leur futur.

Les enfants s’adaptent facilement à cette situation. Des études récentes montrent que les enfants multilingues obtiennent de meilleurs résultats aux tests d’intelligence. « Ils savent qu’un verbe peut se conjuguer de plusieurs façons en fonction de la langue ». Lorsque les émotions prennent le dessus, c’est très spontanément qu’ils puissent revenir à la langue acquise pendant l’enfance, plutôt que celle de l’école. DaarDaar en dit plus ICI.

Alors que la Communauté flamande exige des parents qu’ils parlent suffisamment le néerlandais pour pouvoir inscrire leurs enfants dans une école flamande, les linguistes estiment contre-productif que les parents parlent une langue qu’ils maîtrisent mal. Il vaut mieux qu’ils parlent correctement leur langue maternelle et laisse à l’école le soin d’apprendre à leurs enfants une ou plusieurs langues qui leur sont étrangères ?

« Je suis très reconnaissant envers la Belgique de m’avoir aidé à élargir mon identité culturelle » (un Américain d’origine chinoise).

La ville de la connaissance.

Pas de pétrole, mais de la matière grise. Savez-vous que Bruxelles est la plus grande ville universitaire du pays ? Avec 100.000 jeunes qui fréquentent une institution d’enseignement supérieur, Bruxelles demeure la première ville étudiante du pays, devant Gand (63.000) et Louvain (40.000). Dispersées un peu partout à travers la ville, nos institutions universitaires n’affichent pas toujours une grande visibilité, en dehors du campus ULB/VUB. Plusieurs sont cependant renommées et attractives. Elles comptent aussi de nombreux étudiants étrangers.

L’ULB se présente comme la « vingtième commune » de Bruxelles et occuperait pas moins de 10.000 employé.es. Tout cela sans compter ceux et celles de la VUB (?), ni ceux de l’Université Saint-Louis, l’UCL Louvain à Woluwe, l’IHECS, l’ICHEC, l’ECAM,HEB, Erasmus, HELB, GALILEO, HUB, BSIS, VLERICK BS, EIPA, ERM,  … On compterait ainsi 51 établissements universitaires, selon le Brussels Studies Institute (BSI) qui s’est constitué en 2011 à l’initiative de l’ULB, de la VUB et de l’USL-B.

Cette offre importante a permis d’enregistrer une progression de 20% de jeunes cerveaux en dix ans. Si le sujet vous intéresse, vous trouverez davantage d’informations dans cet article et aussi dans celui-ci, consacrés par le BSI à l’avenir de nos institutions d’enseignement supérieur ainsi qu’à l’importance de la recherche.

Jeunes non qualifiés.

Les jeunes non qualifiés seront-ils condamnés à faire des lits où laver la vaisselle toute leur vie ? Le bourgmestre de Bruxelles Ville multiplie les grands événements – souvent très bruyants – pour attirer des touristes, dont l’arrivée nécessite des jeunes non qualifiés dans l’hôtellerie, les restaurants et les cafés. Fort bien, mais vont-ils rester éternellement non qualifiés ? ou plutôt non adaptés aux demandes du marché ? Ils sont aussi le futur de Bruxelles.

Cela fait près de 20 ans que l’on nous raconte cela, mais dans le même temps, on vient à peine de rendre obligatoire le parcours d’accueil pour les primo arrivants non européens. La connaissance d’une des deux langues officielles de la ville de la connaissance est indispensable pour trouver un emploi, mais aussi pour trouver sa place dans la société. Pendant ce temps, les classes d’immersion et  la pédagogie FLE, Français (ou néerlandais) Langue Étrangère restent encore trop rarement présentes dans nos écoles, qui peinent à retenir les jeunes, dont le français ou le néerlandais ne sont pas la langue maternelle.  Plus globalement, l’ignorance nous rend vulnérables aux manipulations, aux préjugés et aux erreurs de jugement.

Plus de 10% des Bruxellois sont analphabètes et encore plus nombreux à avoir de grosses difficultés pour lire et calculer. Prés de 40% reconnaissent  avoir des difficultés face à l’informatique omniprésente. Avec l’école gratuite et obligatoire jusqu’à la majorité, et avec un budget éducation champion en Europe, comment est-ce possible ? On y reviendra avec Lire et Écrire, l’Appel Pour une École Démocratique (APED) et avec les Centres d’Entrainement aux Méthodes d’Education Active (CEMEA).

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