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Où allons-nous ?

Dans une interview livrée au Brussels Times – traduite pour vous ICI –  le politologue Dave Sinardet rappelle d’où nous venons et se demande où nous allons ? Dans le passé, le gouvernement bruxellois était toujours l’un des premiers à être formé, généralement un mois après les élections ». Au vu de règles institutionnelles complexes, c’est un vrai miracle que les choses n’aient pas mal tourné plus tôt.

A Bruxelles, Région bilingue, les partis ne peuvent pas présenter de listes bilingues et doivent former une majorité dans chacun des deux collèges électoraux: un collège néerlandophone et un collège francophone. Ces deux groupes réunis doivent alors former le gouvernement régional. Si le parti de droite MR est dominant côté francophone, c’est le parti progressiste Groen qui domine du côté néerlandophone. A tous les niveaux, ils sont quasi diamétralement opposés.

Un sentiment d’urgence a aussi fait défaut. Au fédéral on a évoqué un délai de six mois avant d’imposer de nouvelles élections et aussi la diminution progressive du financement des partis.  Une étude de l’ULB a montré qu’une proportion importante de francophones ont voté pour des candidats figurant sur des listes néerlandophones. Les électeurs montrent ainsi qu’ils se désintéressent d’un système qui n’est plus adapté à la réalité actuelle. Alors pourquoi le conserver ? Pendant ce temps, d’autres Bruxellois se lassent et se désintéressent de la politique. La RTBF publie aussi ICI une bonne synthèse des réactions de presse.

Ni français, ni néerlandais …

Dans de nombreux ménages bruxellois, on ne parle ni le français, ni le néerlandais à la maison. A Bruxelles, l’obligation scolaire débute à l’âge de 5 ans pour tous les enfants. Les parents doivent donc choisir dans quel régime linguistique ils vont inscrire leur enfant. La langue de l’école pourra être au choix le français ou le néerlandais et trop rarement un enseignement bilingue en immersion. C’est d’ailleurs pourquoi des parents francophones inscrivent parfois leur enfant dans l’enseignement néerlandophone, avec les problèmes que cela peut poser.

Bien que l’enseignement maternel ne soit pas (encore) obligatoire avant 5 ans, de nombreuses écoles accueillent les enfants dès l’âge de 2 ans et demi. Cette fréquentation précoce favorise le développement linguistique et social des enfants, facilitant ainsi leur transition vers l’enseignement primaire, alors que leur langue maternelle continuera souvent à se développer avec succès à la maison.

La langue de l’école sera donc une langue étrangère pour un certain nombre d’enfants. Même familiarisés avec la langue de l’école au jardin d’enfants, ces enfants – dont ce n’est pas la langue maternelle – vont parfois éprouver des difficultés de compréhension et d’expression. Il peut être intéressant de choisir une école qui pratique la pédagogie Français Langue Etrangère (FLE) avec reconnaissance et son équivalent (?) en néerlandais.

Bruxelles: en savoir plus.

Hier je vous ai fourni mes principales sources d’information centrées sur Bruxelles. Si ce sont les principales, si leurs sources sont vérifiées et leur accès gratuit, elles ne sont cependant pas les seules. La plupart des quotidiens et des magazines consacrent assez régulièrement des articles sur Bruxelles, mais ils sont le plus souvent réservés aux abonnés payants.

La plupart de nos radios nationales publient des articles gratuits concernant la capitale. Ainsi la RTBF édite des articles, des dossiers et des podcasts sur Bruxelles. Pareil pour RTL et ses actualités régionales. La VRT va plus loin en publiant ses articles en quatre langues. Et puis il y a DaarDaar, plus généraliste, mais qui traduit en français « le meilleur de la presse flamande ».

Visit Brussels est incontournable avec son Agenda et à propos des Activités, événements et expositions à Bruxelles. Vous découvrirez aussi le regard que jettent les expatriés sur Bruxelles dans Brussesls Times The Recap. On ne peut terminer sans citer la qualité des articles de The Conversation en français et différents en anglais, même s’ils ne sont pas centrés sur Bruxelles. Bonnes découvertes.

BX1 et BRUZZ vous informent.

Ces deux chaînes d’information bruxelloises sont à l’affût de tout ce qui se passe à Bruxelles, sur le plan politique et culturel. Elles disposent d’une radio et d’une télévision dans leur langue, mais aussi d’un bulletin d’information quotidien écrit en ligne. Bruzz édite également un journal papier gratuit. Elles produisent régulièrement des éditoriaux et des interviews intéressantes et souvent inédites. C’est auprès d’elles que je récolte beaucoup d’informations bruxelloises.

Ce lundi par exemple, Bruzz (anciennement Brussel Deze Week) révélait – en exclusivité – que les négociateurs pour la formation d’un gouvernement bruxellois poursuivent leur travail loin des caméras. Ainsi, une toute première rencontre entre Ahmed Laaouej (PS) et Cieltje Van Achter (N.VA) serait programmée à une date encore indéterminée. Bruzz annonce aussi que le Conseil d’Etat critique le report des LEZ.

Sur BX1 (anciennement Télé Bruxelles) vous trouverez aussi les commentaires en ligne du Conseil d’Etat à propos des Zones de basses émissions (LEZ) et toute l’actualité bruxelloise, ainsi que les éditoriaux et les interviews sans concession de Fabrice Grosfilley. Le samedi, l’émission « Les Experts » passe en revue l’actualité de la semaine, à laquelle il m’arrive de participer. Mettez-les dans vos signets et vous voilà branchés à bonnes sources.

Opportunité ou contrainte ?

Même s’il peut être suivi de manière volontaire, le parcours d’accueil des personnes issues de pays ne faisant pas partie de l’Union Européenne est désormais obligatoire à Bruxelles. Il soulève cependant des questions. Tant au niveau de son contenu, que de son efficacité. Une parlementaire MR a posé des questions à  Alain Maron, le ministre Ecolo en charge  de cette matière.

Il s’agit tout d’abord d’accueillir les personnes dignement et de les aider à trouver leur place dans la société. Il s’agit de leur apprendre une des deux langues officielles de la Région, une clé pour l’emploi et à l’intégration. Sur le plan pédagogique, il y aurait bien des choses à dire au vu des résultats. Si priorité est donnée à l’accès aux droits et à la participation à la vie démocratique, il semble que la transmission des valeurs démocratiques du pays serait en reste. Tout comme la fête, qui devrait clôturer le parcours.

La députée regrette que l’accent ne soit pas mis sur la séparation fondamentale entre l’État et les religions. Elle pense que l’on aborde peu des sujets sensibles, comme le  droit au divorce, à l’avortement, à exprimer son orientation sexuelle … Il semble aussi y avoir de grandes disparités entre programmes et peu de contrôle et d’évaluation. Cela mérite réflexion et recentrage sur la finalité de ce parcours, qui n’est pas une punition, mais doit être une chance d’intégration harmonieuse dans la société multiculturelle bruxelloise.

>>> sans lien, plus de chiffres ICI sur les fusillades, les armes et les saisies de drogues évoquées dans le billet d’hier

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