Archives de catégorie : Culture

En finir avec la bruxellisation.

En urbanisme, la « bruxellisation » désigne la transformation rapide et brutale du patrimoine urbain remarquable d’une ville dans un contexte de forte spéculation immobilière. L’expression est née dans les années 60, lors des bouleversements urbanistiques subis par Bruxelles, livrée aux rêves modernistes de promoteurs incontrôlés, au détriment du cadre de vie des habitants.

C’est au cœur de la « Bataille des Marolles » qu’une réaction populaire a surgi en 1969 avec l’abbé Jacques Van Der Biest. Il a pu compter sur l’avocat Philippe De Keyser pour des conseils juridiques aux militants. Philippe a aussi contribué à la naissance du Comité général d’action des Marolles. C’est pour lutter contre la « bruxellisation » et l’exode urbain, qu’il  va cofonder ensuite l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaines (ARAU). Plus tard, le CGAM et l’ARAU vont arriver à rassembler les diverses associations urbaines au sein de la fédération Inter-Environnement Bruxelles (IEB).

Les compétences juridiques de Philippe De Keyser, et son talent pour forger des consensus, ont permis à la société civile bruxelloise d’arriver à parler d’une seule voix. Il était un fervent défenseur d’une Région bruxelloise autonome, qui prend son destin en main. L’impasse politique actuelle est en contradiction totale avec sa vision pour Bruxelles. Il vient de nous quitter et il nous manque déjà.

Une Région gouvernable.

Gouverner, c’est le but de tous les partis qui se présentent aux élections. Faute d’arriver à récolter plus de la moitié des voix, ils savent qu’il va falloir faire des compromis pour gouverner avec les partis les plus proches pour établir un programme et un budget. A Bruxelles, cela se complique, parce qu’il faut obtenir une majorité dans chacun des deux groupes linguistiques. Pour la première fois, ils n’y arrivent toujours pas.

Il en va de la crédibilité de la Région bruxelloise. Le Soir s’inquiète et évoque une mort annoncée: « Sans capitaine à la barre depuis le 9 juin 2024, la Région bruxelloise fait face à une situation budgétaire inquiétante et une remise en cause de son autonomie. L’impasse politique fait naître des inquiétudes concernant sa gouvernabilité. La menace de mise sous tutelle agitée par Georges-Louis Bouchez et les signaux envoyés par le fédéral accentuent les inquiétudes sur l’autonomie bruxelloise. »

Le quotidien a interrogé une dizaine d’experts qui émettent ICI des avis moins négatifs, même s’il ne faut pas les prendre à la légère. Non, on ne va pas rester en affaires courantes pendant cinq ans. Non, personne n’a autorité pour dissoudre la Région. Oui, la tentative du médiateur Yvan Verougstraete (Les Engagés) peut aboutir, si les partis mettent l’intérêt général au-dessus des intérêts immédiats de leurs partis. A eux de démontrer que la particratie qu’ils ont créée est encore capable de sauver Bruxelles.

The Brussels Times, vous connaissez ?

The Brussels Times est un média anglophone en ligne qui couvre l’actualité bruxelloise et européenne, à l’intention des expats, des touristes et des lecteurs qui ne maitrisent ni le français, ni le néerlandais. Vous y découvrirez souvent le regard original et parfois inattendu que des expats portent sur la ville qui les accueille.

Intéressant de constater tout ce qui étonne et interpelle leurs journalistes dans nos habitudes, notre mode de vie et notre surréalisme. Ils ignorent parfois notre facilité quasi instinctive à se moquer de nous-mêmes. Ils peuvent aussi se montrer très critiques sur des sujets à propos desquels nous ne les avons pas attendus pour être nous-mêmes très critiques …

Tenu par une petite équipe rédactionnelle, essentiellement sur base de nouvelles d’agences, on ne peut pas considérer The Brussels Times comme un média de référence. Sur des notions complexes il y a parfois un manque de subtilité et des approximations occasionnelles, mais ce regard extérieur peut être rafraichissant et interpellant, de la part de ces Néo Bruxellois qui s’intéressent à notre ville, qu’ils tentent de faire la leur.

 

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Langues en danger ?

Régulièrement, des craintes s’expriment quant à la survie du français et du néerlandais dans la communauté métropolitaine bruxelloise multilingue. Les Flamands craignent l’extension de la tache d’huile francophone (et anglophone), pratiquent entre eux une « tussentaal » et les jeunes choisissent l’anglais avant le français. Des francophones craignent une infiltration irrésistible de l’anglais dans leur langue. Une langue hybride pour une population plus hybride ?

Quant aux emprunts lexicaux, ils se font manifestement et depuis longtemps dans les deux sens entre le français et l’anglais. Au point que le linguiste Bernard Cerquiglini affirme ironiquement dans son essai que « L’anglais n’existe pas, c’est du français mal prononcé ». En Flandre, comme aux Pays Bas, des mots anglais sont très présents dans la langue et l’anglais occupe une place de plus en plus grande dans l’enseignement supérieur. Les anglicismes auront ils la-peau du français … et du néerlandais ?

Si l’anglais s’est imposé comme lingua franca dans le monde – place jadis occupée par le français – cela n’a pas conduit pour autant à la disparition des autres langues, mais plutôt à la multiplication des personnes bilingues. Les personnes qui ne parlent que l’anglais sont en réalité très minoritaires dans le monde. A Bruxelles, chacun ne doit-il pas finalement se sentir libre d’utiliser « week end » plutôt que « fin de semaine » et de dire « d’accord » plutôt que « OK ? ».

 

Devenir multilingue.

Dans une ville aussi cosmopolite que Bruxelles, maîtriser plusieurs langues est un atout. Un atout professionnel, mais aussi un atout social, qui favorise la rencontre de personnes d’autres cultures. Capitale de l’Europe, liaisons historiques avec l’Afrique, siège de nombreuses organisations internationales, Bruxelles est devenue un rendez-vous du monde.

Une première Semaine bruxelloise du multilinguisme va voir le jour en vue de développer le multilinguisme de ses habitants. Elle se déroulera du lundi 9 au samedi 14 février dans toute la Région, avec un point d’orgue le 14 février au Palais de la Bourse.  Avec votre école, votre association, votre entreprise, votre administration, … vous êtes invités à y participer activement.

Trois manières d’y prendre part : organiser une activité chez vous entre le 9 et le 13 février, ou l’organiser à la Bourse, ou occuper un stand le samedi 14 février. Il suffit de remplir ce formulaire pour y participer gratuitement. Vous pouvez aussi demander des informations complémentaires à cette adresse email : info@multilingualism.brussels