En urbanisme, la « bruxellisation » désigne la transformation rapide et brutale du patrimoine urbain remarquable d’une ville dans un contexte de forte spéculation immobilière. L’expression est née dans les années 60, lors des bouleversements urbanistiques subis par Bruxelles, livrée aux rêves modernistes de promoteurs incontrôlés, au détriment du cadre de vie des habitants.
C’est au cœur de la « Bataille des Marolles » qu’une réaction populaire a surgi en 1969 avec l’abbé Jacques Van Der Biest. Il a pu compter sur l’avocat Philippe De Keyser pour des conseils juridiques aux militants. Philippe a aussi contribué à la naissance du Comité général d’action des Marolles. C’est pour lutter contre la « bruxellisation » et l’exode urbain, qu’il va cofonder ensuite l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaines (ARAU). Plus tard, le CGAM et l’ARAU vont arriver à rassembler les diverses associations urbaines au sein de la fédération Inter-Environnement Bruxelles (IEB).
Les compétences juridiques de Philippe De Keyser, et son talent pour forger des consensus, ont permis à la société civile bruxelloise d’arriver à parler d’une seule voix. Il était un fervent défenseur d’une Région bruxelloise autonome, qui prend son destin en main. L’impasse politique actuelle est en contradiction totale avec sa vision pour Bruxelles. Il vient de nous quitter et il nous manque déjà.

