Les compromis ont mauvaise réputation. Pourtant, Bruxelles n’existe comme Région, que grâce à des compromis avec les deux autres Régions et les deux Communautés sous les « auspices » du fédéral. Aussi grâce aux compromis entre les différentes populations et croyances de notre Ville-Région. Cela a débouché sur une « lasagne institutionnelle » difficile à gérer, mais nous a évité d’en venir aux mains. Encore que … sur Good Move à Schaerbeek et à Anderlecht et puis Catherine Moureaux au conseil communal de Molenbeek, on a assisté à des passages à l’acte, faute de compromis.
« Pour qui est convaincu que la justice est de son côté, toute concession est une trahison, tout compromis une capitulation, et les dirigeants assez faibles pour les accepter méritent d’être châtiés. Le compromis a donc mauvaise réputation ». C’est Philippe Van Parijs qui écrit cela dans un carte blanche. Ensuite, il va plus loin dans la réflexion et fait l’apologie du compromis juste, de la recherche d’un consensus sans perdants. Même en Ukraine et à Gaza, cela ne finira que grâce à un compromis.
Les compromis ne sont pas toujours sans arrière-pensée. En cette période pré-électorale, les partis se montent plus intransigeants et radicaux pour plaire à leur public cible. On y a déjà assisté pour l’abattage sans étourdissement, pour le péage urbain, pour la mobilité et plus récemment, pour le port du foulard dans les communes ou pour le blocage des tarifs de la STIB. Pourtant, après les élections, les partis devront bien renoncer à certains points de leur programme pour pouvoir former une majorité et définir un « accord de gouvernement ».
