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Que Bruxsels s’internationalise, ne fait de doute pour personne. Les chiffres officiels de Statbel – repris diversement par la presse – ont objectivé la situation du pays et de Bruxelles. Chacun en tire évidemment les conclusions qui lui conviennent. Dans un article du Standaard (ici en traduction libre), Patrick Deboosere – démographe VUB – qualifie cette évolution de Bruxelles « d’internationalisation » de la ville et non de « repeuplement », comme le Vlaams Belang l’affirme. Il reconnaît que « Cela crée de l’incertitude. Mais l’inverse serait mauvais signe. L’absence ou la faiblesse de l’immigration indique une communauté qui est immobile et n’a rien à offrir ».
Suite à un premier article du Standaard, Philippe Van Parijs a consulté les sources (les tableaux Excel détaillés par commune fournis par Statbel) et calculé que la proportion de Belges d’origine belge (c’est-à-dire dont les deux parents sont nés Belges) dans la Région de Bruxelles est passée de 36.1% en 2010 à 25,7 % en 2020 (pas de 75.1% à 25.7% comme affirmé par erreur dans De Standaard).
Voici le détail des montants (en milliers) et des pourcentages calculés pour la Région de Bruxelles (19 communes)
BXL Total Belgo-Belges Néo-Belges Non-Belges Total Néo+Non
2010 1090 394 (36.1%) 368 (33.8%) 327 (30.0%) 695 (63.8%)
2020 1218 313 (25.7%) 476 (39.1%) 430 (35.3%) 906 (74.4%)
L’idée des trois tiers à Bruxelles a donc vécu. Aujourd’hui la population belgo-belge s’est réduite à un quart. Quant au tiers de Belges d’origine étrangère, il grossit constamment, au détriment du quart des Belges « d’origine belge », en dépit du fait que ce dernier tiers inclut les Bruxellois dont les parents sont nés Belges, mais pas nécessairement les grands-parents. Vous en saurez plus ICI sur la situation des deux Brabants proches.

