Vivre autrement en centre-ville

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Ramener la bourgeoisie dans le centre historique de la ville était déjà le projet du bourgmestre Anspach. En voûtant la Senne, pour des raisons d’hygiène, il a déplacé la population fragilisée qui vivait dans le centre. C’est par concours, qu’il a incité les promoteurs à y construire des immeubles à appartements de style haussmannien. S’il y eut des réussites, comme l’hôtel Métropole ou le Passage du Nord, la bourgeoisie a cependant préféré s’installer dans des maisons de maître unifamiliales de la seconde couronne. La Ville a donc été contrainte d’y construire elle-même, y compris l’imposant Palais du Midi. Attirer et maintenir la classe moyenne en centre-ville reste un réel défi.

Plus d’un siècle plus tard, en pleine crise sanitaire, la société Cohabs n’a pas peur de faire des 4.000 m2 d’étages vides du Passage du Nord, la plus grande «cohabitation» de Belgique. Ils y disposent de 64 chambres qu’ils comptent diviser en 4 colocations distinctes pour conserver l’esprit de communauté cher à l’entreprise. Plusieurs espaces communs traversés par des arbres, une salle de sport, un coworking et un toit potager. Si Cohabs a surtout proposé des colocations branchées dédiées aux jeunes actifs généralement nichées dans des maisons de maître décorées avec soin, ici, ils ne visent pas seulement à ramener des riches en ville. « Des chambres seront réservées à des personnes en transition, des mères célibataires, des locataires plus fragilisés, dont le loyer plafonnera à 450 euros. Un habitat groupé en coeur de ville ? Une expérience de mixité que l’on ne demande qu’à voir fonctionner et réussir.

« C’est un projet qui va redynamiser le quartier, surtout acquis aux bureaux et aux commerces, et qui y ramènera de la vie« . Un projet audacieux qui bouscule les grands plateaux, autrefois occupés par l’hôtel Métropole voisin avant son déclin, via un bail emphytéotique. Un puits de lumière va éventrer l’un des flancs de la galerie, « celui où les plateaux sont les plus profonds (600-700 m²) et donc les plus sombres. Y seront plantés deux immenses arbres s’élançant du 2e au 4e étage, traversés à hauteur du 3e étage par une passerelle ». Le 1er étage sera réservé aux espaces communs et le 4e sera un roof top de 140 m². Soit quatre colocations de 15 à 20 chambres, deux au 2e étage et deux en duplex aux 3e et 4e étages. Un pari audacieux mais calculé.


Plans Atelier d’Architecture du Congrès  https://aac-hossey.be/passage-du-nord

 

Une réflexion au sujet de « Vivre autrement en centre-ville »

  1. Michel HUBERT

    « la bourgeoisie a cependant préféré s’installer dans des maisons de maître unifamiliales de la seconde couronne » : à l’époque, c’est plutôt que la Quartier Leopold avec ses riches demeures, parfois presque des petits palais, qui a attiré la bourgeoisie (qui s’est donc installée en 1re couronne). Même phénomène avec le quartier ND-aux-Neiges qui fut un échec également, aussi en raison de la taille (plus réduite) des appartements proposés.

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