Le T’shirt à 4 €

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… et les deux paires de gants pour 1,5 € posent question.

Normal que par « temps de crise » on se bouscule rue Neuve pour se refaire une garde-robe à petit budget. La presse (82 articles) et la police ont assuré une pub d’enfer (et gratuite) à Primark, qui arrive à Bruxelles au bon moment et se voit congratulé pour l’engagement de 160 personnes (1).

Il ne s’agit pas de culpabiliser les personnes qui se sont ruées par milliers sur ces articles, mais ce T’shirt à 4 € pose question. Si on enlève la marge de Primark, le montant de la TVA, le transport de l’Asie vers Bruxelles, les taxes d’importation, le prix du coton, de l’impression et la marge du fabriquant, quel salaire peut être attribué à la personne qui le fabrique ?
Il ne doit guère rester que le Bangladesh et ses pénibles conditions de travail pour répondre à cette commande. L’usine qui s’est écroulée et a fait des centaines de morts était un fournisseur de Primark.

Un T’shirt à 4 € ce n’est pas sérieux, mais le choix entre sa conscience et son porte monnaie n’est pas toujours évident. Avec les 12 € nécessaires pour acheter 3 T’shirts Primark on peut aussi s’acheter 1 T’shirt de meilleure qualité et d’un usage plus durable. Un choix entre quantité et qualité. Mais attention, est-il garanti que le T’shirt de marque à 12 € des concurrents n’est pas fabriqué … au Bangladesh dans les mêmes conditions, mais vendus avec une marge bénéficiaire plus grande ? Seule l’Europe est en mesure  de rétablir une autre logique économique, mais le veut-elle ?

(1) vu que la demande n’est pas extensible à l’infini, faudra vérifier si cette arrivée de Primark ne causera pas une diminution équivalente des emplois parmi ses concurrents rue Neuve ?

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