Crise utile pour la formation du gouvernement bruxellois ?

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Tout gouvernement bruxellois résulte (hélas) nécessairement de l’addition de ministres désignés par les partis francophones à ceux choisis par les partis néerlandophones. Cela forme le plus souvent une majorité assez hétéroclite et vous imaginez leur tâche quand il s’agit de rédiger un projet commun pour Bruxelles à couler dans un accord de majorité.

Mais que se passerait-il si les partis bruxellois néerlandophones décidaient de mettre la N.VA dans leur coalition ? Que diraient les partis francophones contraints de siéger avec un ministre N.VA ?

N’en déplaise aux francophones, pour nombre de Bruxellois néerlandophones le FDF est aussi un parti communautaire qui n’a pas accepté la 6ème réforme de l’Etat … qu’il va devoir mettre en œuvre à Bruxelles. On peut donc comprendre la réaction de l’open VLD et du CD&V qui ne se voient pas gouverner la ville avec le FDF d’Olivier Maingain.

Dans une carte blanche à De Morgen, Eric Corijn (VUB), Jan Goossens (KVS) et Myriam Stoffen (Zinneke Parade) constatent qu’au moment où les « Bruxellois néerlandophones » ont battu les « Flamands de Bruxelles » aux élections régionales et exigent un projet de ville multilingue, Guy Vanhengel décide de s’allier avec le CD&V (perdant et inféodé au CD&V de Flandre) plutôt qu’avec Groen (gagnant et en programme commun pour Bruxelles avec Ecolo).

Côté francophone, certains voyaient le FDF comme anachronique, seul parti communautaire et francophonissime supposé en voie d’extinction. Son bon résultat en a étonné plus d’un, mais c’était sans compter sur le charisme et la courtoisie linguistique d’un Didier Gosuin et d’un Bernard Clerfayt, qui se démarquent fortement d’Olivier Maingain. Par ailleurs, il ne faut pas minimiser l’impact de la campagne citoyenne contre le survol de Bruxelles, soutenue sans aucune ambigüité par Didier Gosuin, qui en récolte les fruits avec le plus grand nombre de voix de préférence à Bruxelles. Voter FDF était sans doute aussi une manière de marquer son opposition à l’équipe sortante et de lutter contre une N.VA diabolisée.

Il était donc inévitable que Laurette Onkelinx et Guy Vanhengel, formateurs de chacune des « demi » majorités, se trouvent face au blocage de certains partis pressentis pour former la majorité néerlandophone et fort bien décrit par la presse.

Quel lapin vont-ils sortir de leur chapeau ?

5 réflexions sur « Crise utile pour la formation du gouvernement bruxellois ? »

  1. Guest

    Donc si je comprends bien, à Bruxelles, pour former un gouvernement, une Liégeoise accueille successivement le Bourgmestre de Wavre, celui d’une commune bruxelloise, celui de Bastogne et la présidente du conseil communal de Profondeville… et le Bourgmestre de Bourg Léopold et une conseillère communale d’Arschot décident que le second- nommé est personna non grata… C’est bien cela ?

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    1. Marc Van Buggenhaut

      Comme disent certains, Bruxelles a son sort entre ses mains. L’avenir de Bruxelles se décide en l’absence de Bruxellois au nom de la solidarité artificielle et intéressée Wallonie-Bruxelles. Ce n’est, hélas, pas nouveau. N’oublions pas l’ineffable Joëlle, présente dans tous les organes de décision et originaire de Charleroi … et Didier Reynders de Liège (encore un) . A part ça, « Bruxellois, maître chez soi ».

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      1. Yvan Vandenbergh

        Et si Laurette n’obtient pas une place de Vice Première au fédéral, Vervoort pourrait bien être prié de faire un pas de coté pour laisser Laurette s’autoproclamer Ministre Présidente de la Région de Bruxelles. Enfin une femme me direz-vous. Oui, mais une femme de Seraing qui s’est contentée d’acheter une maison à Schaerbeek pour devenir « bruxelloise », mais préfère dormir à Lasnes dans le Brabant wallon. J’espère me tromper.

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  2. Theo Verseele

    On pourrait imaginer une scission entre le francophonissime Mainqain et les pragmatiques (et bilingues) Gosuin et Clerfayt, ce qui résoudrait bien les choses. Mais on nous prépare un autre francophonissime (Emmanuel De Bock) à la succesion de Maingain. Si au lieu de Vanhengel, on aurait proposé un ancien VU assé au VLD, pas sûr que la pilule serait passée du côté francophone. Cela étant dit, une temporisation à BXL permettrait à BDW de terminer sa mission de manière plus sereine, ce qui me paraît normal. Quant aux rôles des fameux professeurs qui ne s’engagent pas mais donnent des consignes de vote, ils ont, à mon sens perdu leur crédibilité…

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  3. Ulric Schollaert

    Bon, si le FDF devait être décrit comme un parti communautaire, en tout cas il n’est pas séparatiste, et vise au contraire une plus grande cohésion de la région (au sens géographique) de Bruxelles ? Ca ne le rend pas imbuvable comme le parti de onze Bart, et monsieur Maingain n’a tout de même rien d’un de Wever. Dus, on ne va tout de même pas accepter un tel amalgame de la part de nos compatriotes flamands ? Quant à la 6e réforme de l’Etat, elle est faite – si le FDF entre dans un gouvernement bruxellois, c’est en connaissance de cause, et donc on attend de lui le respect des décisions prises ?

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