Le survol de Bruxelles vaut bien une crise politique

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A la veille des élections, il fallait être naïf pour croire que la Flandre allait accepter de prendre un vol de plus pour rendre le Plan Wathelet plus vendable. Le survol de Bruxelles se transforme donc en un problème politique et communautaire qui engendre une crise dont Elio Di Rupo se serait bien passé.
Mais le problème n’a jamais été technique, il a toujours été politique. L’équation est simple: la Flandre a la maîtrise du développement de l’aéroport qui est sur son territoire et elle l’encourage parce qu’elle profite très majoritairement des emplois et des revenus de cette infrastructure privée (Macquarie Australia et Fonds de Pensions canadien). Par contre, pour ce qui est des nuisances générées par cette activité économique, il faudrait que la Région de Bruxelles en accepte le « partage équitable » alors qu’elle n’est associée à aucune concertation sur ce développement.
Bruxelles subit déjà une série de nuisances liées au caractère urbain de son territoire: le trafic routier, les navettes, les trains, les trams, les bus, les sirènes des véhicules d’intervention, les noctambules et fêtards, l’évacuation des conditionnements d’air des bureaux, les hélicoptères de surveillance, … Est-il bien judicieux de lui imposer en plus des rafales de survols à basse altitude, alors que d’autres solutions existent ? (nous le détaillerons dans une prochaine brève).

Quelles solutions dans l’immédiat ?
Une seule : la suspension temporaire du plan Wathelet, en attendant que le prochain gouvernement commande un audit étranger sur la situation et prépare un nouveau plan sur base de ce rapport, de cartes de densité de population, d’études d’incidences et en ne négligeant pas les réformes structurelles qui doivent limiter globalement les nuisances produites par l’aéroport urbain de Zaventem. Pour y arriver, il faudra aussi mettre sur la table les conditions contenues dans le contrat de vente des parts de l’Etat au privé. Des conditions que personne ne connaît sauf Monsieur Vande Lanotte.
En attendant, il faut que les Bruxellois continuent à se mobiliser avec Pas question ! et Bruxelles Air Libre Brussel pour faire pression sur les partis politiques francophones et flamands pour qui Bruxelles n’est pas toujours un enjeu électoral majeur …

 

 

 

 

4 réflexions sur « Le survol de Bruxelles vaut bien une crise politique »

  1. dg

    Cher Monsieur, vous faites comme si Bruxelles n’était pas survolé auparavant. Or + de 50% des décollages passaient sur la tête des 150 à 200 000 habitants de Bruxelles qui habitent sur la ligne Schaerbeeck, Evere, les deux Woluwé et les communes francophones de la banlieue Est, sans parler (pour ces derniers dont WSP) des atterrissages de la 02 que ne connaissent pas les autres quartiers. Le moratoire consiste juste à leur renvoyer toute la nuisance. Dans un certain sens, la crise aura au moins permis aux autres bruxellois d’apercevoir quelques semaines ce que le quart EST de Bruxelles subit depuis des années. Permettez moi néanmoins de penser que le plan Wathelet 2 était pour Bruxelles un bien moins mauvais compromis que la suspension du plan d’origine. Bien à vous.

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    1. Yvan Vandenbergh

      Vous avez raison, Bruxelles payait déjà un lourd tribu pour le développement de cet aéroport voulu par une Flandre qui empoche la majorité des emplois et des profits, mais entend partager les survols avec Bruxelles sur une base 50/50 qui ne tient pas compte du nombre de personne survolées. Bruxelles Air Libre Brussel et Pas Question! défendent l’ensemble des Bruxellois survolés parce qu’ils considèrent qu’une ville n’est pas un espace aérien à disposition d’un aéroport privé. En faisan pénétrer les avions plus profondément au coeur de la ville, le plan Wathelet expose encore plus de personnes aux nuisances aériennes pour en soulager une minorité. Ce qu’il faut c’est un nouveau plan avec des mesures structurelles, la fermeture de cet aéroport urbain de 22 à 07h et la renégociation du nombre de survols résiduels que Bruxelles peut accepter. Cela prendra du temps si on veut que des études d’incidence soient réalisées pour les différents scénarios. Le Plan Wathelet 2 est bloqué par le conflit d’intérêt évoqué par la Flandre, Tout ce que Wathelet peut (et doit, selon les associations) encore faire, c’est de suspendre temporairement le plan 1 qu’il a mis en place. Il a le pouvoir de le faire et l’appui de plusieurs partis. C’est injuste pour les victimes de la situation passée pour lesquelles les associations se sont aussi battues, mais à très court terme c’est la seule manière de limiter le nombre de victimes de cette situation injuste. Et il faudra que l’ensemble des partis francophones mettent le paquet pour avoir leur mot à dire sur la répartition des charges de Zaventem, sinon que la Flandre développe l’aéroport comme elle veut, mais puisqu’elle en a les profits, elle en prend aussi les nuisances à sa charge, toutes le nuisances.

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  2. Christine Meulenijzer

    Dans les différents articles, je relève que le survol de Bruxelles serait limité à l’horaire de 6h du matin à 11H du soir… cependant il est arrivé plus d’une fois ces dernières semaines que des avions TRES BRUYANTS survolent Bruxelles à minuit, une heure, et trois heures du matin : en principe ce n’est donc pas autorisé ? qui contrôle ? qui sanctionne ? que font nos « élus » ?

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    1. Yvan Vandenbergh

      L’aéroport est ouvert 24/24h. La nuit (23h à 06h pour l’aéroport) les avions sont dirigés sur d’autres routes supposées ne pas survoler de zones densément peuplée, notamment la « route du canal » qui, en réalité, survole des zones très densément peuplées, mais d’où parviennent moins de plaintes parce que les populations y sont moins bien informées et équipées pour adresser des plaintes.

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