Archives de catégorie : Projets

Nos espaces naturels.

Fin 2025 – et pour la première fois – un tribunal a ordonné un moratoire sur la construction à l’échelle de toute une ville, au motif que la poursuite de son urbanisation et de son imperméabilisation contrevient aux obligations de droit international de lutter contre les causes du changement climatique et d’adapter la ville à ses conséquences inéluctables. C’était une victoire historique de l’association We Are Nature.

Le 3 avril, la Région a publié une circulaire interprétative destinée à ses administrations, pour assurer la continuité des projets tout en renforçant leur évaluation climatique. Les porteurs de projets vont être amenés à fournir des informations qui démontrent la contribution de leur initiative aux objectifs climatiques de la Région. Selon la ministre, l’analyse de l’impact des projets au regard des enjeux climatiques et environnementaux s’en trouvera ainsi renforcée, grâce à des dossiers plus complets et qualitatifs.

La circulaire vise à apprécier les projets au-delà de leur seule consommation de sol, en tenant compte de l’ensemble de leurs effets environnementaux. Cette analyse peut notamment intégrer la réduction des émissions de gaz à effet de serre à la source et les effets positifs sur place, notamment en matière de maintien des puits de carbone, via la préservation ou la création de couvertures arborées. Une interprétation à suivre de près. We Are Nature parle carrément de voyouterie démocratique.

Réforme d’Airbnb.

Des milliers de logements – et parfois même des immeubles entiers – échappent au parc locatif bruxellois, parce qu’ils sont loués à court terme à des touristes. Une opération apparemment plus rentable que la location à long terme avec bail. Les logements type Airbnb doivent cependant s’enregistrer auprès de la Région. Selon Bruzz, plus de 90 % ne seraient pas enregistrés. Cela représenterait 2 500 appartements, maisons ou villas.

On est loin de la simple chambre chez l’habitant louée occasionnellement. Cependant, à entendre les personnes qui souhaitent mettre une chambre en location, les démarches à accomplir sont nombreuses, pénibles et dispersées. Le ministre-président est conscient du problème et veut instaurer un guichet d’enregistrement unique pour les personnes qui continuent à y habiter elles-mêmes.

Par contre, pour celles qui mettent un immeuble entier en location touristique, la législation va devenir plus sévère et coûteuse, dans la mesure où elles entrent en concurrence déloyale avec le secteur hôtelier et soustraient trop de logements au parc locatif bruxellois. Comme d’autres grandes villes, Bruxelles est victime d’un développement anarchique d’une formule qui demande à être règlementée d’une manière juste et efficace.

La guerre des trams.

Un tram rapide devait relier Willebroek à Bruxelles en logeant l’autoroute A12. La ministre flamande de la Mobilité Annick De Ridder (N-VA) estime que ce projet n’est plus une priorité, face à un manque de soutien de la part des bourgmestres du Brabant flamand. Pour le député flamand Hans Bonte, c’est un pur réflexe NIMBY. Il menace de faire passer à la poubelle un investissement colossal de 550 millions d’euros, destiné à améliorer les transports publics dans le Rand.

La ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen) n’a pas caché son mécontentement. Ce projet devait aligner une autoroute, une ligne de tram rapide et une piste cyclable. Un report modal était attendu. L’analyse coûts-bénéfices montre que les avantages sont au moins deux fois supérieurs aux coûts. Selon Elke, cette décision risque d’entraîner une augmentation des embouteillages à Bruxelles et dans le Rand. Elle s’en explique ICI dans Bruzz.

Lundi, la même ministre Annick De Ridder et le PDG de l’aéroport Arnaud Feist ont donné le coup d’envoi du tram qui doit relier Brussels Airport à la gare du Nord. Ni la STIB, ni Elke Van den Brandt, ni la Région bruxelloise n’étaient invitées. Il s’agit pourtant d’un projet transfrontalier, qui sera exploité par la STIB et pour lequel des travaux ont également été réalisés du côté bruxellois …

Le projet de ligne de tram A12 – photo Bruzz

Retour à Bruxelles.

Ils ou elles ont quitté Bruxelles pour le rêve américain ou l’effervescence asiatique, pour les projecteurs de Paris ou la verdure du Brabant. Ils y ont mené leur vie et parfois réalisé leurs rêves. Aujourd’hui, il en est que reviennent à Bruxelles et non des moindres. Ancien patron du marketing d’Apple sous Steve Jobs et conseiller d’autres start-ups à succès, James Vincent a choisi de revenir à Bruxelles. Qu’est ce qui l’a décidé ?

Il parle d’un environnement « plus civil », plus humain, moins brutal que l’Amérique contemporaine. Il ne cherchait pas seulement un refuge, pas une base européenne entre deux avions. Mais un endroit où la technologie peut encore être regardée à hauteur d’homme, dans une société qui n’a pas totalement sacrifié l’existence au rendement. Il admire la densité de talents que produit ce petit pays, dans la mode, le design, l’image, l’architecture ou la création au sens large.

« Dans le monde de Trump, on s’est demandé où l’on avait envie d’élever notre fille adolescente. On explorait l’idée d’un endroit qui mette davantage l’humanité et le comportement civilisé avant une certaine brutalité américaine. À Paris, on peut parfois rester dans l’idée, dans le concept. Ici, on vous dit: montre-le, fabrique-le, fais-le. Il y a ici quelque chose d’artisanal dans la créativité, une manière de construire vraiment les choses. » Il en dit plus ICI sur l’image qu’il a de Bruxelles .