Archives de catégorie : Justice

Un vent de liberté.

Terrassé par la maladie de Parkinson, Georges-Henri Beauthier s’en est allé ce mardi matin entouré de ses proches. Toute la presse en parle, mais se centre principalement sur les grands procès  médiatiques auxquels il a été associé. Plaidant le plus souvent pour les victimes. C’est cependant oublier les jeunes années qu’il a passées avec son confrère Jacques Hamaide à rendre le droit accessible à tous.

Avec la parution de Vos droits de milicien, ils se sont mis à dos les généraux. Avec Vos droits face à la police, au propriétaire, au patron, suivi du Droit des  étrangers, ils se sont mis à dos tout le monde, y compris la magistrature. Ils ont persévéré avec Jeunes vos droits, Enfants objets, Enfants, parents, vos droits et Les Droits des Enfants du Juge.

Très actif dans la création de la Free Clinic, qui pratiquait des interruptions de grossesse encore illégales et aussi dans Infor Drogues, il s’est aussi montré bon pédagogue chaque semaine dans le rôle de Monsieur Bon Droit à la RTBF, répondant avec Jacques Hamaide aux questions des auditeurs. Autant dire qu’il a largement contribué à ce vent de liberté qui a agité le pays après mai 68. Des libertés parfois remises en question aujourd’hui.

Cérémonie d’hommage le lundi 30 juin à 11h à la Tricoterie à Saint-Gilles.

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Une fiscalité innovante.

À Bruxelles, le revenu moyen est inférieur de 25 % à celui de sa banlieue. C’est que, la moitié des personnes qui travaillent à Bruxelles vivent en dehors: deux tiers de Flamands et un tiers de Wallons. Ils profitent de la ville sans en payer le prix, puisqu’ils doivent payer leurs impôts là où ils dorment. Air connu.

Dans Moustique, l’économiste Vincent Vandenberghe (IRES-UCLouvain) fait une analyse de la situation et propose une solidarité innovante de la part des habitants des banlieues envers ceux de la capitale. Il suggère des solidarités territoriales via des transferts financiers, des fonds dédiés ou encore une extension de l’assiette fiscale des grandes villes à leur périphérie via des fusions, mais surtout une fiscalité plus attrayante que celle des périphéries.

Il en dit plus dans cet article, mais se demande évidemment si les autres Régions voudront vraiment vouloir venir en aide à Bruxelles ? C’est leur intérêt, mais si le ministre en charge du territoire wallon reconnaît les constats, il estime que la dotation qui vise à compenser ces charges est suffisante. Sans gouvernement depuis un an et affichant une dette importante, Bruxelles apparaît avant tout comme mal gérée, plutôt que sous-financée. L’un n’empêchant cependant pas l’autre.

Homicide involontaire.

L’homicide involontaire, en droit pénal, est le fait de causer la mort d’une personne sans avoir l’intention de la tuer. Il est souvent le résultat d’une faute, d’une imprudence, d’une inattention ou d’un manquement à une obligation de sécurité. C’est manifestement la situation devant laquelle nous nous trouvons face à la mort du jeune Fabian de 11 ans, tué par la police.

Plusieurs lecteurs s’indignent. Une lectrice relève que nous ne sommes nullement en face d’un « fait divers » mais bien en face d’un « fait de société ». De quelle société nous revendiquons-nous ? Elle se demande si le monde académique ne devrait pas s’élever contre la folie policière qui a abouti à la mort d’un enfant ? C’est ce qu’à fait Paul Jacobs, professeur d’éthique policière et ex-commissaire en chef au Comité P, dans cet article de De Standaard, traduit pour vous ICI.

Extraits. « Des comportements machistes sont encore présents dans la police. Pour un policier, il est difficile d’admettre pendant une course-poursuite que les choses deviennent dangereuses. Cela relève de l’éthique. Malheureusement, dans les écoles de police, l’éthique est considéré comme une simple annexe à la formation. La première tâche de la police est de protéger les gens. La lutte contre la criminalité vient en second lieu. »

Photo RTBF, 300 personnes présentes pour une cérémonie d’adieu au parc Elisabeth

 

 

Pourquoi des courses-poursuites ?

La mort d’un enfant, victime d’une voiture de police sur une pelouse du parc Elisabeth, est insoutenable pour les parents, les proches et les auteurs de ce drame. Bien que la presse communique largement, il faudra attendre l’issue de l’enquête pour établir définitivement les faits et les responsabilités. Il est cependant déjà évident que le danger d’une telle poursuite était plus grand que le danger posé par un enfant de 11 ans sur une trottinette …

Fabian est la septième personne à mourir lors d’une course-poursuite à Bruxelles en huit ans. Il est donc urgent de s’interroger sur l’usage de ces courses-poursuites. La police est là pour faire respecter la loi, mais en son article 37, elle stipule que la contrainte ne peut être utilisée que si elle est nécessaire et proportionnée. Si désobéir à un ordre de police n’est pas autorisé, cette infraction peut-elle déboucher sur mort d’homme ?

Un cadre clair ne devrait-il pas déterminer d’urgence les moyens d’action des policiers en cette matière et limiter leurs prises de risques ? Des avocats s’expriment dans cet article de Bruzz traduit pour vous ICI. Els Enhus, criminologue attachée à la VUB, estime que  « C’est dû à la Culture de la police, quiconque s’enfuit est immédiatement suspect. Et beaucoup de jeunes ont peur de la police. Je peux imaginer que ce garçon était très effrayé ». Quoi qu’il ait pu faire, rien ne justifie cela pour la population bruxelloise émue comme pour le Délégué général aux Droits de l’Enfant.

Une peinture en cours de réalisation à la mémoire de Fabian

 

Les syndics ont mauvaise réputation.

A Bruxelles, très nombreux sont les biens immobiliers en copropriété, petties ou grandes. Il existe trois types de syndic pour en assurer l’avenir et la gestion. Le syndic professionnel représenté le plus souvent par un cabinet immobilier, le syndic non-professionnel (ou bénévole) choisi parmi les copropriétaires et le syndic coopératif. Le rôle et les responsabilités du syndic sont fort bien définis dans cet article de synthèse.

C’est le Brussels Times qui émet une opinion – traduite ICI  pour vous – à propos de la réputation, souvent mauvaise des syndics. Cette mauvaise réputation est-elle justifiée ? Quelle est la part de responsabilité des copropriétaires  et  celle des syndics ? Un bon syndic est proactif sur les travaux, il calcule des simulations financières, fait des propositions sur les plans d’investissement et a même une vision pour l’immeuble. La plupart ne le font pas, car ce n’est pas rémunéré par les propriétaires

Toutefois, les immeubles qui posent problèmes sont souvent ceux où les propriétaires ne s’impliquent pas assez. Un syndic a besoin d’être boosté, les propriétaires doivent avoir un œil critique.Lorsque le syndic est laissé à lui-même, la gestion de l’immeuble devient « paresseuse ». En revanche, lorsque les propriétaires ne respectent pas le syndic et deviennent agressifs, l’immeuble est souvent méprisé par le syndic.