Archives de catégorie : Finances

De Smedt et Laaouej sur le gril.

Les journalistes de Bruzz ont laissé le temps de s’installer aux membres du gouvernement bruxellois. Là, ils viennent de mettre deux nouveaux ministres sur le gril. Sans complaisance et avec des questions auxquelles on n’échappe pas, ils veulent nous révéler les différentes facettes de ces deux hommes expérimentés, mais nouveaux dans la fonction de ministre. Nous avons traduit leurs interviews pour vous donner envie d’en savoir plus. Merci DeepL.com

Ahmed Laaouej (PS) a longuement été le Monsieur Non de l’interminable saga de la formation de ce gouvernement. Il s’en explique. Il refuse aussi d’être membre d’un gouvernement d’austérité, même s’il n’ignore pas les énormes économies à faire pour remettre le bateau à flot. Il aura toujours une pensée pour les Bruxellois les plus vulnérables. Peut-être se verrait-il bien un jour ministre-président ? En tous cas, ce bourreau du travail liégeois apprend le néerlandais à vitesse accélérée. Interview ICI.

Dirk De Smedt (Anders) n’a jamais été élu. Il doit son poste à la démission de Sven Gatz. En dix ans, l’administration de la Région s’est accrue de plusieurs milliers de fonctionnaires. Il veut mettre les bouchées doubles pour la simplifier. « Tirer rapidement les leçons de nos erreurs ». Il veut mettre fin aux doubles emplois, prévoit la fusion de l’administration en quatre piliers. Il veut au moins quinze millions d’euros d’économies d’ici fin décembre. Le ministre du Budget  et des Finances a parlé. Interview ICI.

 

Kanal cherche directeur.

Une fois le centre d’art contemporain Kanal ouvert fin novembre, son directeur Yves Goldstein passera la main. Suite à cette annonce surprise, le conseil d’administration va devoir se mettre à la recherche d’une nouvelle personne pour porter à bout de bras la direction générale du paquebot, qui se veut une nouvelle image de marque pour la ville. La diminution des subsides prévus ne serait pour rien dans sa décision.

Kanal aura coûté la bagatelle de 230 millions d’euros. C’est 80 millions de plus que le devis initial. Une sacrée facture pour une Région bruxelloise lourdement endettée. Et c’est sans compter les 35 millions d’euros de frais de fonctionnement annuels. Si le nouveau gouvernement va allonger les 60 millions nécessaires pour finir le chantier, il n’octroiera qu’une dotation de 28 millions en 2026, puis de 24 en 2027, de 22 en 2028 et de 10 en 2029.

Yves Goldstein : avec 10 millions d’euros, il y aura ce qu’il faut pour entretenir, climatiser et sécuriser ses quelques 40 000 m2. Plus rien pour la programmation des expos et des animations. Il faudra augmenter le tarif d’entrée, mais aussi annuler de grosses expositions. Comment maintenir les accès gratuit à la nef et au rooftop ? Obligé de fermer les lundis et mardis. Trouver  tardivement des mécènes pour compléter semble aussi illusoire que le soutien du fédéral. Projet Phare ou Titanic ? la presse en dénoue les fils ICI.

document Visit Brussels

 

Budget Mobilité pas si vert.

La voiture de société est une spécialité belge dont il ne sera pas facile de se débarrasser. Elle constitue un supplément de salaire avantageux, parce que – même imposé – l’avantage de toute nature (ATN) est généralement plus faible que le coût réel d’une voiture et l’employeur prend en charge leasing, assurance, carburant, etc. Toutefois, le « budget mobilité » allait permettre à 22.886 employés de choisir des alternatives à la voiture.

Troquer sa voiture de société contre une alternative plus durable: telle était la vocation initiale du budget mobilité, proposé depuis 2019. Une opportunité unique de verdir le parc automobile grâce à un recours accru au vélo et aux transports en commun. Or, sept ans après son introduction, la mesure semble avoir loupé sa cible écologique. Et s’être muée en simple «instrument d’optimisation salariale». Dans les faits, le nombre d’employés prêts à renoncer à leur voiture de société est resté rare.

Avec le budget Mobilité, l’employé peut aussi payer son loyer ou son prêt hypothécaire à condition d’habiter à moins de10 km de son travail ou de télétravailler au moins 60 % du temps. Avantage fiscal très important: 0 impôt et 0 cotisations sociales. Avec le budget mobilité, le gouvernement a voulu peindre en vert une mesure de fiscalité sur le travail, mais cet outil n’a pas été pensé pour améliorer l’impact environnemental des salariés. On vous en dit plus ICI.

Changer de voiture ?

Lorsque la voiture des Bruxelloises et des Bruxellois arrivera en fin de vie, ou ne sera plus autorisée à circuler en ville, ils et elles se trouveront devant un choix difficile. Se passer de voiture ? Acheter une voiture électrique ? Une voiture hybride ? La crise pétrolière, qui fait monter le prix de l’essence, rebat quelque peu les cartes, tout comme la chute du prix des batteries, des voitures et la multiplication des points de recharge.

Le coût des batteries a chuté de 93 % depuis 2010. C’est ce chiffre qui change tout. Un « pack » qui coûtait plus de 850 euros par kilowattheure en 2010 ne coûtait plus que 91 euros fin 2025, sous l’effet d’une décennie d’apprentissage, d’investissements et de politiques publiques favorables. Batteries, coûts, réseaux… l’industrie automobile franchit le point de bascule et peut s’affranchir du pétrole. Cet article explique ce point de vue et en dit plus sur la situation actuelle.

Chaque borne de recharge installée rend le véhicule électrique plus attractif. Chaque mise à jour logicielle augmente la valeur de toutes les voitures déjà en circulation. Chaque batterie recyclée alimente la chaîne d’approvisionnement et rend la suivante moins coûteuse. Selon l’expert Mobilité de Testachats, si l’on considère le coût total de possession d’une voiture, un véhicule électrique est aujourd’hui moins cher à moyen et long terme qu’une voiture thermique, surtout si on recharge chez soi, comme expliqué ICI.

 

 

Communautés d’énergie.

Deux lecteurs  fort bien informés nous font part de leurs remarques à propos du billet à propos des communautés d’énergie à Bruxelles.

Les communautés d’énergie ne réduisent pas la dépendance à Sibelga puisqu’elles utilisent le réseau électrique. En revanche, elles bénéficient d’une diminution du tarif de distribution si tous les membres sont sous le même transformateur basse tension. Et elles réduisent leur dépendance aux fournisseurs d’énergie.

Le projet « Illuminons le quartier » est une démarche spécifique au départ d’une personne et donc pas très collective. D’autres communautés seraient plus intéressantes à nommer et à analyser. Ceci dit, les démarches sur la Région bruxelloise restent très fastidieuses et énergivores… L’article de presse transmet de façon trop simpliste une  démarche citoyenne pour laquelle une équipe pluridisciplinaire est nécessaire et où beaucoup de conditions doivent être réunies pour en réussir le développement.