L’insoutenable parc Maximilien

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A Buxelles, à l’approche de l’hiver, le parc Maximilien nous fait honte. Insupportable pour eux et pour nous. Ce parc n’est-il pas la vitrine de l’incapacité du gouvernement fédéral – comme ceux de la plupart des pays européens – d’apporter une réponse juste et humaine à la situation des réfugiés de guerre, des victimes de mauvais traitements et des personnes qui fuient la misère au risque de leur vie et aboutissent dans nos villes ? Un gouvernement fédéral qui s’avère incapable de leur apporter une aide temporaire, ne serait-ce que des toilettes et un simple toit. La Ville de Bruxelles reste seule, pour tenter de faire face à cette inaction et se voit encore accusée de créer un « appel d’air ».

Dans un contexte d’inhospitalité accrue envers les exilés, un article d’Alternatives Economiques, épingle le vocabulaire révélateur des Etats européens « qui se sont engagés dans une spirale répressive sans fin, visant à contrôler, trier, stocker ces « flux », ces « masses en exode ». Pour contenir les « vagues » de migrants, comme si pesait la menace d’un tsunami, de multiples dispositions s’empilent, visant toutes à réduire l’accès aux ressources nécessaires à la vie : un titre de séjour, un toit, un travail, des soins, des liens… ». « Des catégories sont instituées, différenciant et classant les « vrais/faux réfugiés », « vrais/faux mineurs isolés », « exilés politiques / économiques / sanitaires », « vrais/faux malades »… En toile de fond de ces classifications, se profile toujours le soupçon qui les vise et qui justifierait les situations d’exception dans lesquelles ils sont placés ».

« Reconnaître le visage des migrants comme celui de la condition humaine ». Des Bruxelloises et des Bruxellois continuent sans relâche à les accueillir chez eux pour une nuit, pour une douche, pour un diner. L’amitié et la solidarité succèdent souvent aux appréhensions réciproques, mais cette ouverture ne peut pallier l’absence de politique du gouvernement et de l’Office des Etrangers supposés faire le tri et prendre en charge.

4 réflexions au sujet de « L’insoutenable parc Maximilien »

  1. mtdpt

    Avec la montée des (extremes) droites en Flandre, l’alignement d’une partie du MR sur un discours d’exclusion, et le gouvernement fédéral à l’arrêt, il serait illusoire d’attendre des évolutions en dehors des bonnes volontés citoyennes.
    C’est toujours amusant (sic) de voir combien une partie de la classe politique renvoie la vision d’une ville de Bruxelles incompetente, pour des responsabilités fédérales (les joies de la lasagne belge).
    Histoire de répartir un peu les efforts, a t on songé (est il possible) de travailler avec les autres principales villes de Belgique (en Flandre et Wallonie) pour répartir l’effort fait pour les demandeurs d’asile. On sait aussi que l’exclusion est souvent nourie de la perception du nombre de demandeurs d’asile, et l’inclusion est beaucoup plus efficace en prenant en charge un petit nombre de personnes dans de multiples endroits (ou chacun redevient un individu) qu’en centralisant la difficulté (ou l’on doit traiter avec une foule).
    Et je finis par une question – connaissez vous des associations auquels on pourrait apporter une aide ponctuelle (collected de vetements, repas, aide au remplissage de papiers…)

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  2. myriamgerard11gmailcom

    Cher Yvan,

    Tjrs si bien écrites, tes chroniques! Juste une info: pas mal de gens du BW se mobilisent aussi autour du Parc Maximilien. Du B Fl peut-être aussi, mais là, je n’ai pas d’info. Je sais que Edgar Szoc s’amusait du fait que des bourgeoises du BW se mobilisaient.

    Belle après-midi, Myriam

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  3. Bernard Gentil

    Magnifique article d’une analyse juste et humaine ! Même Maggie De Block, docteur en médecine (ayant prêté le serment d’Hippocrate) et ministre affirme qu’il est malsain d’aider trop les migrants pour ne pas faire d' »appel d’air ». Quelle inacceptable honte ! Quel mensonge !.

    Revenons un instant à ce projet de loi qui visait à donner un mandat de perquisition permanent pour entrer dans les domiciles de citoyens soupçonnés d’héberger des migrants – Christine Defraigne, MR, a quasi dû aller se réfugier chez les socialistes de Liège pour garder son statut de mandataire publique. Il faut dire qu’elle s’opposait à ce projet de mandat de perquisition permanent. Depuis, Christine Defraigne est persona non grata au MR. Le MR lui reproche son manque d' »esprit de corps ».

    Peu de gens le retiennent.

    Pendant ce temps-là les raisonnements pestilentiels continuent leur oeuvre. Honte sur nous.

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