Archives de catégorie : Sport

NÉO en embuscade.

Alors que le centre commercial Cora est contraint de fermer ses portes, la Ville de Bruxelles persiste dans son intention de relancer NÉO sur le plateau du Heysel. C’est que NÉO n’est pas seulement un projet de logements, de parc sportif, d’écoles, c’est aussi la création d’un énorme centre commercial de 72.000 m2, dont les promoteurs privés doivent contribuer financièrement au développement d’un projet, vieux de plus de 15 ans et plus en phase avec « la ville à 10 minutes ».

Malgré les obstacles urbanistiques, juridiques, financiers et les problèmes de mobilité détaillés ICI, la nouvelle majorité de la Ville persiste et signe dans la poursuite du projet NÉO. Elle n’ignore pas les nombreux arguments des associations, des autorités et des citoyens. Sans doute, les dédits à payer en cas de rupture de contrat pour le centre commercial seraient énormes et contraignent la Ville à s’entêter dans ce mégaprojet d’un autre temps.

Après l’échec du grand stade, le renoncement au projet de Jean Nouvel pour un hôtel et un centre de congrès de 5000 places, la nécessité de rénover la stade roi Baudouin sans la garantie de l’attribution des grands matchs, il faut constater que l’état de vétusté des bâtiments du parc des expositions est criante. Un lifting à 330 millions d’euros est programmé, mais son financement est loin d’être assuré. Finalement, est-ce bien l’une de nos 19 communes de prendre en charge l’aménagement du plateau du Heysel ? N’est  ce pas à tout le moins un espace d’intérêt régional, pour ne pas dire national ?

Racisme décomplexé.

Le hooliganisme semble avoir évolué : aujourd’hui, n’importe quelle raison est bonne pour en venir à la violence, comme l’ont montré les événement de dimanche. Lundi, ce sont des appels à la réaction contre le racisme qui ont dégénéré dans le centre-ville.

Des réactions politiques diverses n’ont pas tardé, mais il faudra plus de recul pour tirer les conclusions et les leçons des affrontements vécus en marge de la finale de la Coupe de Belgique. Nous y reviendrons plus tard.

Le Soir livre déjà son analyse.

 

 

Affrontements, violence, arrestations : retour sur la journée de la finale de la Coupe de Belgique

Les quais de Molenbeek.

Fin des années 60, les berges de la Seine ont commencé à être aménagées en voies rapides. Georges Pompidou estimait que la ville devait s’adapter à la démocratisation de la voiture et rien ne devait en entraver ni le flux, ni la vitesse. Aujourd’hui une grande partie des berges de la Seine ont été interdites aux voitures et rendues aux Parisiens. non sans de vives protestations. D’abord le dimanche et puis définitivement depuis 2016, avec l’agrément de la Justice.

Les Parisiens s’y promènent au bord de l’eau, y courent, s’y reposent dans des transats, y organisent des pique-niques, … Cela a donné des idées aux riverains du Quai du Hainaut. Des travaux en cours, leur ont permis de jouir librement des espaces libérés du trafic. De temporaire, ils aimeraient que la situation devienne définitive. Molenbeek ne l’entend pas de cette oreille.

Dans un article de Bruzz, traduit pour vous ICI, des riverains expriment leurs rêves. Se livrent aussi, des agents de la Mobilité et la ministre Van den Brandt (Groen), qui se sent parfois bien seule pour un tel changement. Dimitri Strobbe veut faire du canal en un « espace urbain vivant, vert et bleu ». Mais ici, le seul objectif après travaux est de rétablir la circulation le plus vite possible. L’utopie pourrait cependant devenir réalité et le canal un lieu de rencontre inattendu.

© Linkedin/DS La version IA du Quai du Hainaut générée par Dimitri Strobbe.

 

 

 

 

Nager pour la vie.

Trop fréquemment, la presse doit relater des jeunes en difficulté en eau libre.  A la fois par indiscipline et parce qu’ils sont mauvais nageurs. Un grand nombre sont d’origine bruxelloise et trop souvent y perdent la vie. Faut-il se résoudre à accepter cette fatalité ?

Il en va de l’aménagement urgent de davantage d’espaces « nageables » surveillés et de l’apprentissage de la natation dans nos écoles. Toutes ne l’ont pas à leur programme. Des parents s’opposent parfois à ce que leurs enfants participent aux cours de natation. Surtout concernant les filles.

Le démontage du parc aquatique Océade, pour faire place à un bien incertain projet Néo, à aussi été dramatique pour les jeunes Bruxellois. Pendant ce temps, nos jeunes meurent trop régulièrement à la mer du Nord ou à Blaarmeersen

Le droit à la ville des enfants.

La sortie du  film consacré à Maria Montessori remet le projecteur sur la place des enfants en ville. Faut-il s’exiler à la campagne pour leur offrir un cadre de vie sain et stimulant ? Comment s’y retrouveront-ils une fois adolescents ? Une ville « enfants admis » ne peut-elle leur être favorable ? Montessori estimait important de  « raviver les rapports des enfants avec le milieu, pour harmoniser leur conscience avec la réalité extérieure ». Le droit à la ville des enfants.

L’affaire Dutroux et le Covid ont fortement réduit l’espace de liberté des enfants. En dehors des espaces aménagés pour eux de manière souvent très stéréotypée – à quelques exceptions près – où sont donc les enfants dans la ville ? Dans l’espace urbain on trouve de plus en plus des « enfants d’intérieur », contraints dans des logements souvent de taille réduite et désormais absents des rues, devenues trop dangereuses et pleines de voitures. La distance à laquelle ils peuvent s’éloigner seuls de chez eux, s’est drastiquement réduite.

Leur smartphone semble devenu leur principal « terrain d’aventure », un espace rassurant pour tout le monde, mais bien sédentaire et solitaire. Sans confrontation avec d’autres enfants. Élevé à part, en dehors de la cité, de la vie en société, l’enfant n’a donc pas à en apprendre les règles.  Comment en faire un futur citoyen, capable d’interagir avec les autres et de construire un collectif pour faire société ? Le futur de Bruxelles n’en dépend-il pas ?