Archives de catégorie : Logement

Location: nouvelles normes

Depuis le 1er janvier, les logements mis en location à Bruxelles doivent respecter 10 nouvelles normes de qualité. Pas de panique, la plupart des logements en location répondent déjà à ces normes. Elles visent surtout à mettre les marchands de sommeil au pas. Personne ne doit cependant tarder à se mettre en règle, au risque de s’exposer à des sanctions, voire à une interdiction de louer.

La superficie minimale habitable doit désormais être d’au moins 18m² pour une personne, plus 10m² par habitant supplémentaire. Pour un kot étudiant, 12m² suffisent. Les logements doivent désormais disposer d’une douche ou d’une baignoire, ainsi que d’au moins deux points d’eau (chaude et froide), être équipés d’un système complet de chauffage et d’un dispositif de production d’eau chaude sanitaire. Ces 10 nouvelles normes obligatoires sont annoncées ICi et résumées (avec une erreur signalée: des surfaces de min. 18 m2 et non 10 m2 …).

En ville, le monoxyde de carbone – un gaz invisible et inodore – tue encore chaque année. Des appareils à gaz « de type B » puisent l’air nécessaire à la combustion directement dans la pièce où ils se trouvent. Faute de ventilation ou de tirage, le CO peut s’accumuler rapidement. Ces appareils sont enfin interdits dans les chambres à coucher. Dans les autres pièces, ils restent autorisés, s’ils sont entretenus et conformes aux normes en vigueur.

Énergie durable et gratuite.

Comme le vent et le soleil, la chaleur de la croûte terrestre est disponible gratuitement. De plus, elle est constante. Comment la récupérer et l’exploiter pour chauffer et rafraichir nos immeubles ? C’est tout l’objectif de la géothermie et lui … il n’est pas gratuit. C’est cependant capital, quand on sait que plus de 55% de l’énergie consommée à Bruxelles est destinée au chauffage des bureaux, des entreprises et des logements.

Retenu comme projet européen, BeSHARE a effectué des forages d’essai de 150 m dans le parc Maximilien en décembre. Comme ils ont été concluants, les travaux débuteront en 2026 et devraient durer 2 ans. Dès 2028, le projet devrait chauffer plusieurs immeubles de bureaux mais également environ 200 logements sociaux et 130 espaces de cohabitation. Cette traduction, d’un article très enthousiaste de Bruzz, vous emmène sur place.

L’administration Bruxelles Environnement annonce le lancement des travaux et détaille ICI le projet, dont elle fait partie avec Vivaqua, Sibelga, Karno, Vrije Universiteit Brussel(VUB) et l’asbl Convivence. Pas praticable sur tout le territoire de Bruxelles, la géothermie devient un complément aux autres sources d’énergie durable, qui doivent nous débarrasser de la dépendance du gaz et du pétrole des pays producteurs. Un lecteur, bien documenté, y met cependant quelques bémols.

 

Locataires, propriétaires: des droits.

Pendant de nombreuses années, les propriétaires ont bénéficié de droits jugés excessifs par certains. Ils ont mis les locataires vulnérables en difficulté. Leurs droits réciproques ont été revus à plusieurs reprises à Bruxelles. Certains propriétaires estiment qu’aujourd’hui ce sont eux qui sont en difficulté, suite à des droits abusifs des locataires.

La base: le propriétaire fournit un logement décent et sain et assure les grosses réparations, le locataire verse son loyer à temps, entretient les lieux et souscrit une assurance habitation. Un bail fixe des règles plus précises afin d’équilibrer leurs intérêts respectifs. Madame Gori (MR) critique ICI diverses réformes du droit locatif bruxellois qui lèsent les propriétaires.

« En l’absence de payement, un préavis d’un mois est obligatoire avant poursuites judiciaires. L’audience n’est fixée qu’après 40 jours. L’expulsion est reportée d’un mois après jugement, avec préavis de quinze jours. Un moratoire hivernal interdit les expulsions du 1er novembre au 15 mars. » Bilan: près de onze mois pour qu’un propriétaire récupère son bien. La secrétaire d’État au Logement, Nawal Ben Hamou (PS) ne partage pas le point de vue de M. Gori. Olivier De Clippele, propose que le versement d’une aide au logement aille directement aux bailleurs.

En finir avec la bruxellisation.

En urbanisme, la « bruxellisation » désigne la transformation rapide et brutale du patrimoine urbain remarquable d’une ville dans un contexte de forte spéculation immobilière. L’expression est née dans les années 60, lors des bouleversements urbanistiques subis par Bruxelles, livrée aux rêves modernistes de promoteurs incontrôlés, au détriment du cadre de vie des habitants.

C’est au cœur de la « Bataille des Marolles » qu’une réaction populaire a surgi en 1969 avec l’abbé Jacques Van Der Biest. Il a pu compter sur l’avocat Philippe De Keyser pour des conseils juridiques aux militants. Philippe a aussi contribué à la naissance du Comité général d’action des Marolles. C’est pour lutter contre la « bruxellisation » et l’exode urbain, qu’il  va cofonder ensuite l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaines (ARAU). Plus tard, le CGAM et l’ARAU vont arriver à rassembler les diverses associations urbaines au sein de la fédération Inter-Environnement Bruxelles (IEB).

Les compétences juridiques de Philippe De Keyser, et son talent pour forger des consensus, ont permis à la société civile bruxelloise d’arriver à parler d’une seule voix. Il était un fervent défenseur d’une Région bruxelloise autonome, qui prend son destin en main. L’impasse politique actuelle est en contradiction totale avec sa vision pour Bruxelles. Il vient de nous quitter et il nous manque déjà.

Une pompe à chaleur ?

Une « pompe » qui produit de la chaleur mais aussi de la fraîcheur, cela existe et pourrait bientôt être plus économique que la chaudière au gaz. « Pourrait » parce qu’aujourd’hui, la Belgique n’est pas prête. La fiscalité pénalise fortement l’électricité par rapport aux combustibles fossiles. Résultat: les ménages tardent à adopter des moyens de chauffage moins polluants, tels que les pompes à chaleur.

Chère à l’achat, la pompe à chaleur s’avère plus avantageuse à l’usage, même dans des logements moyennement isolés. C’est ce qui ressort d’un rapport des SPF Santé publique et Finances. Aujourd’hui encore, une habitation mal isolée dotée d’une pompe à chaleur paie 647 euros de plus qu’en se chauffant au gaz. En 2027, ce sera l’inverse et en 2030, une pompe à chaleur permettra d’économiser 648 euros par an, par rapport à une chaudière au gaz.

Pour éviter « l’effet rebond », le rapport rappelle cependant l’importance de faire des efforts en matière d’isolation. On recommande fortement d’entreprendre des travaux d’isolation avant d’installer une pompe à chaleur. Une bonne isolation augmente son efficacité et réduit le coût initial de l’investissement. Reste à voir comment le gouvernement fédéral va ménager cette nécessaire transition entre gaz et électricité. Dans l’incertitude, les Bruxellois hésiteront à tenter l’aventure.

 

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