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En sortir par le haut.

La plateforme de recherche sur Bruxelles Brussels Studies Institute a demandé à quatre politologues francophones et quatre néerlandophones de plancher sur un projet de nouveau système électoral adapté à la population bruxelloise d’aujourd’hui. Une population plus diversifiée et qui ne répond plus aux clivages linguistiques hérités du passé.

Des listes bilingues pourraient produire un système plus simple. Pour constituer ces listes, les partis devraient négocier, avant même les élections. Les compromis linguistiques seraient donc déjà intégrés et connus des électeurs. Les négociation devraient s’avérer plus rapides qu’aujourd’hui, avec les deux Collèges. Le poids de chaque vote serait alors aussi le même pour tous.

Les partis d’une même famille politique pourraient se présenter sur une même liste. De grands partis verts, libéraux, sociaux … bilingues, que nous appelons de nos voeux. Les électeurs pourraient plébisciter ou sanctionner des candidats en fonction de leur programme ou de leurs réalisations, qu’ils soient francophones ou néerlandophones. Le projet complet se trouve ICI.

Tout cela serait à négocier en vue des prochaines élections et sous réserve de trouver une majorité des deux tiers pour modifier la loi spéciale.

 

10 milliards sans austérité.

Selon une analyse récente d’Eric Dor – directeur des études économiques – 10,8 milliards d’euros seraient à portée de main, sans devoir pratiquer une politique d’austérité. La solution: mettre plus de citoyens au travail. Plus le taux d’emploi est élevé, plus les recettes fiscales sont importantes. Les Régions et Communautés en bénéficient, puisqu’elles dépendent partiellement des impôts collectés sur leur territoire,

Dans la tranche des 25-54 ans, Bruxelles se trouve en queue de peloton avec 78,3% de taux d’emploi pour 89,8% en Flandre et 80,50 en Wallonie. Avec une moyenne de 75,8%, la Belgique affiche le cinquième chiffre le plus bas de l’UE. Seuls la Grèce, l’Espagne, la Roumanie et l’Italie font moins bien. Bruxelles a donc à mettre en œuvre une politique de mise à l’emploi efficace. Il y a trois défis à relever. Ils sont ICI.

Eric Dor est catégorique : “Aussi longtemps que le taux d’emploi en Wallonie et à Bruxelles est inférieur aux taux d’emploi de la Flandre, il est illusoire d’espérer que leurs habitants puissent se payer les mêmes services publics et d’enseignement que ceux de la Flandre.” Voilà qui sonne comme un avertissement. L’apprentissage des langues et la poursuite de la scolarité seront essentiels, ainsi que la régularisation du travail en noir.

Investir dans l’éducation.

Zuhal Demir – ministre flamande de l’Éducation (N-VA) – enverra les élèves francophones faibles en néerlandais dans des classes séparées, avec la détermination qui la caractérise. Certains pensent que ce n’est pas une punition, mais plutôt une bonne nouvelle pour un grand nombre d’enfants, qui ratent parfois en maths ou redoublent, parce qu’ils ne comprennent pas bien la langue de l’école.

La situation est pire dans les écoles francophones de Bruxelles, où un très grand nombre d’enfants ne parlent pas le français à la maison. Un exemple à suivre ? Après un jardin d’enfants qui pourrait devenir obligatoire dès l’âge de 3 ans, pourquoi pas une classe de « français langue étrangère » pour celles et ceux dont ce n’est pas la langue maternelle ?

La baisse de la natalité devrait pouvoir dégager les marges nécessaires pour rendre cet enseignement spécialisé payable. Certainement si l’on considère les dépenses d’éducation non comme une charge mais  comme un investissement. Devinez qui a dit : « L’avenir d’un pays s’écrit dans les cahiers de ses élèves » ?

 

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Tout se joue avant six ans.

Depuis la rentrée scolaire de 2020, la loi a rendu l’instruction obligatoire pour les enfants de 5 à 18 ans. Depuis lors, les enfants de 5 ans se retrouvent en 3ème année de l’école maternelle, en français ou en néerlandais. Avec un grand nombre d’enfants bruxellois qui n’ont aucune de ces deux langues pour langue maternelle, cette obligation leur permet d’être mieux préparés l’entrée en primaire à l’âge de 6 ans.

Certains souhaiteraient d’ailleurs que cette obligation commence dès l’âge de 3 ans, comme en France. C’est de tout le cycle de l’enseignement maternel dont les jeunes enfants pourraient profiter. Même si elle devrait être particulièrement bénéfique à Bruxelles, cette mesure n’est pas encore à l’agenda politique, notamment pour des raisons budgétaires. Une proposition en ce sens a cependant été adoptée par le Sénat en 2023, en vue de réduire les inégalités et l’échec scolaire. 

L’école maternelle est aussi un lieu de socialisation à travers le jeu et les « leçons de choses ». Cet apprentissage précoce est intimement liée à la découverte de la culture de tous les sens. C’est par le biais de l’affect, et non de la science pure, qu’il est possible d’intéresser les tout-petits au monde. Une belle opportunité pour leur épanouissement futur dans la cité.

Bruxelles pour les nuls.

C’est pour le public bruxellois anglophone du Brussels Times que Philippe Van Parijs a tenté d’expliquer, il y a quelques mois déjà, la situation chaotique et le blocage dans lequel se trouve aujourd’hui Bruxelles et ses institutions. Si l’analyse est assez complète, le philosophe ne se contente pas d’un constat, il propose aussi ses solutions. C’est plus limpide ICI en anglais, mais assumé ICI en français par DeepL.com, si nécessaire.

Cela commence fort: « Un modèle pour une société qui n’existe plus ». Le clivage entre néerlandophones et francophones n’est plus le clivage qui domine la vie politique bruxelloise. Il a désormais été supplanté par les clivages entre automobilistes et cyclistes et entre laïcs et musulmans. De plus, dans les années 80, à peine plus de 20 % des Bruxellois de nationalité belge étaient d’origine étrangère récente. Aujourd’hui, ils sont 66 % à donc pouvoir voter aux régionales. Il faut donc abolir le double collège électoral FR / NL.

Cette mise à jour effectuée, les candidats ne seront plus empêchés artificiellement de former des listes « bilingues » au niveau régional. Comme dans les deux autres régions, la formation du gouvernement bruxellois pourra alors se faire d’un seul coup, sans devoir trouver des compromis laborieux entre une composante francophone et une composante néerlandophone. L’article complet en dit bien plus.

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