Archives de catégorie : Culture

Un monde de brutes ?

De Gucht (Open VLD), Bouchez (MR) et Laaouej (PS) s’y entendent pour rouler des mécaniques et sortir les petites phrases assassines qui bloquent toute formulation d’un compromis, dont Bruxelles a absolument besoin pour être enfin gérée. Sans doute ces mâles propos peuvent-ils plaire à leurs électeurs, mais même répétés à l’envi, ils ne déboucheront pas sur une coalition, même après plus de 500 jours. Ils découragent aussi les nouveaux politiciens, plus humains et peu familiers de ce type d’échanges.

Un hommes politique comme Yvan Verougstraete (Les Engagés) avait fait une proposition négociable, aussitôt torpillée par Frédéric De Gucht. Même sort pour la dernière note de David Leisterh (MR) qui l’a conduit à se retirer de la politique régionale. Déjà Christophe De Beukelaer (Les Engagés) avait annoncé sa démission face à la tournure que prenait les négociations. Un combat inégal où les forts en gueule écrasent ceux qui plus modestement tentent d’œuvrer pour l’intérêt général.

Dans son billet au Soir, Philippe Van Parijs déclare « ne pas vouloir être à leur place ». Certes la situation budgétaire est dramatique et ne permettra  pas de cadeaux, mais à leur place, les Charles Picqué (PS) et Guy Vanhengel (MR) n’auraient-ils pas déjà trouvé les compromis nécessaires pour remettre la Région sur pied ? Les femmes et les hommes politiques vont devoir changer de ton pour mériter le respect des Bruxelloises et des Bruxellois.

Alimentation saine pour tous.

Bien sûr, rien ne remplace le cuisiné maison. Ne faut-il cependant pas s’étonner et se réjouir de voir le fonds derrière Quick et Burger King devenir le principal actionnaire de Foodmaker, le spécialiste belge des repas frais et prêts à manger ? Donner accès à une alimentation saine au plus grand nombre – et non la réserver à une élite – est un objectif louable et une bonne nouvelle.

Foodmaker prépare 150.000 plats frais chaque jour. Il les écoule  notamment dans ses propres restaurants à Bruxelles et ailleurs, mais ivre aussi ses plats à des supermarchés comme Delhaize, Rewe, Monoprix et Franprix. Un géant de l’alimentation fraiche. Une qualité qui reste évidemment à surveiller, lorsqu’une entreprise alimentaire se développe aussi largement. En contradiction avec le livre de E.F. Schumacher Small is Beautiful.

Pour la nourriture, on préfère évidemment le fait sur place. Là, ce sont des dizaines de camions qui partent chaque jour de Westerlo vers l’Europe. Cela semble néanmoins une alternative sérieuse à la malbouffe. L’engagement de ce nouvel investisseur dans ce créneau semble indiquer que le vent pourrait tourner. Le hamburger, le dürüm et la mitraillette pourraient finir par lasser les plus fanatiques.

Peur de manifester ?

Manifester ses opinions ou revendications pacifiquement dans l’espace public est un droit garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Il se fait que dans de nombreuses manifestations, des groupes de casseurs – souvent cagoulés – s’immiscent dans le cortège et procèdent à des dégradations, des bris de vitrines et des violences, qui nécessitent l’intervention de la police pour tenter de maintenir l’ordre.

Un peu comme les hooligans dans le foot, ils nuisent à l’image des citoyens qui sont dans la rue pour le maintien pacifique de leurs droits. Pour les hooligans on a parfois trouvé des solutions, pas pour les casseurs professionnels. Bien qu’ils dénaturent l’objet des manifestations qu’ils infiltrent, l’enfermement préventif des causeurs de trouble, à la veille des manifestations, a vu sa légalité contestée, en Belgique comme en France.

Si les interventions agressives et disproportionnées de certains policiers vis-à-vis de manifestantes et manifestants pacifique est inadmissible, leur passivité devant les débordements ne serait pas davantage acceptable. Ce qui doit nous inquiéter aujourd’hui, c’est qu’il y a des gens qui ne vont plus oser participer à des manifestations. Les violences des casseurs et de certains policiers comme arme d’intimidation ? Cet article de Bruzz traduit pour vous ICI en dit plus.

extrait vidéo RTBF

Screenshot

Bruxelles marginalisée ?

Billet d’humeur

Nous n’allons pas jouer au Calimero pleurnichard, mais il semble de plus en plus évident que le statut de la troisième Région du pays et la loi spéciale qui l’institue, nous mènent à un naufrage institutionnel. Bien sûr, les femmes et hommes politiques des 30 dernières années avaient réussi à surmonter ces obstacles, mais une nouvelle génération plus radicale et moins soucieuse du bien commun n’y arrive plus.

Bientôt 500 jours sans gouvernement. Bruxelles ressemble de plus en plus à un paquebot à la dérive, incapable de se fixer un cap. Si d’aucun y voient une belle occasion de rêver de mettre la capitale sous tutelle, la société civile bruxelloise exige de ses élus de redonner priorité au bien commun et de démontrer notre capacité à gérer notre cité au profit de tout le pays.

Une récente carte blanche attribue les causes de l’échec de Molenbeek 2030 au titre de Capitale européenne de la Culture au naufrage institutionnel et politique belgo-bruxellois. Molenbeek n’a pas bénéficié du même soutien de la part des deux Communautés que Namur et que le lauréat Leuven. Bruxelles a été le parent pauvre des politiques culturelles, victime de son extrême complexité. L’analyse des causes de cet échec est intéressante parce qu’elle dépasse la seule situation de Molenbeek2030.

 

Bruxelles mégalomane ?

Un vent favorable nous a permis d’accéder à une note de juin 2014, qui conclut que Néo et Kanal ont pour points communs d’être deux projets mégalomanes, sensés booster notre attractivité internationale, mais sans études de marché ni business plan sérieux. Leur direction confiée, non pas à des professionnels choisis sur concours, mais à des proches du Ministre Président. Le PS n’a pas le monopole de ces parachutages, mais en semble coutumier. Cette analyse financière annonçait déjà ce que le magazine Investigation vient de révéler.

Luckas Vander Taelen s’avère encore plus féroce dans l’analyse du projet Kanal, à laquelle il s’est livré dans deux articles, traduits pour vous ICI. Pour lui, Rudi Vervoort a profité d’une nouvelle possibilité lui permettant de soutenir des projets culturels qui favorisent le rayonnement de la Région, pour justifier l’achat du garage Citroën. Jusqu’ici les initiatives culturelles étaient de la seule compétence des deux Communautés. Le Centre Pompidou en fera une juteuse affaire.

Un projet de prestige enthousiasmant, dont Bruxelles pourrait sans doute s’enorgueillir, mais dont la faisabilité financière est loin d’être garantie. L’achat, la « rénovation » et le fonctionnement de cet immense paquebot semble, pour Luckas Vander Taelen, aussi irresponsables que la décision inattendue de construire une troisième ligne de métro, désormais à l’arrêt dans le sous-sol marécageux de Bruxelles. Au futur gouvernement à se livrer à des arbitrages difficiles mais indispensables.