Archives de catégorie : Mobilité

NÉO en embuscade.

Alors que le centre commercial Cora est contraint de fermer ses portes, la Ville de Bruxelles persiste dans son intention de relancer NÉO sur le plateau du Heysel. C’est que NÉO n’est pas seulement un projet de logements, de parc sportif, d’écoles, c’est aussi la création d’un énorme centre commercial de 72.000 m2, dont les promoteurs privés doivent contribuer financièrement au développement d’un projet, vieux de plus de 15 ans et plus en phase avec « la ville à 10 minutes ».

Malgré les obstacles urbanistiques, juridiques, financiers et les problèmes de mobilité détaillés ICI, la nouvelle majorité de la Ville persiste et signe dans la poursuite du projet NÉO. Elle n’ignore pas les nombreux arguments des associations, des autorités et des citoyens. Sans doute, les dédits à payer en cas de rupture de contrat pour le centre commercial seraient énormes et contraignent la Ville à s’entêter dans ce mégaprojet d’un autre temps.

Après l’échec du grand stade, le renoncement au projet de Jean Nouvel pour un hôtel et un centre de congrès de 5000 places, la nécessité de rénover la stade roi Baudouin sans la garantie de l’attribution des grands matchs, il faut constater que l’état de vétusté des bâtiments du parc des expositions est criante. Un lifting à 330 millions d’euros est programmé, mais son financement est loin d’être assuré. Finalement, est-ce bien l’une de nos 19 communes de prendre en charge l’aménagement du plateau du Heysel ? N’est  ce pas à tout le moins un espace d’intérêt régional, pour ne pas dire national ?

Les quais de Molenbeek.

Fin des années 60, les berges de la Seine ont commencé à être aménagées en voies rapides. Georges Pompidou estimait que la ville devait s’adapter à la démocratisation de la voiture et rien ne devait en entraver ni le flux, ni la vitesse. Aujourd’hui une grande partie des berges de la Seine ont été interdites aux voitures et rendues aux Parisiens. non sans de vives protestations. D’abord le dimanche et puis définitivement depuis 2016, avec l’agrément de la Justice.

Les Parisiens s’y promènent au bord de l’eau, y courent, s’y reposent dans des transats, y organisent des pique-niques, … Cela a donné des idées aux riverains du Quai du Hainaut. Des travaux en cours, leur ont permis de jouir librement des espaces libérés du trafic. De temporaire, ils aimeraient que la situation devienne définitive. Molenbeek ne l’entend pas de cette oreille.

Dans un article de Bruzz, traduit pour vous ICI, des riverains expriment leurs rêves. Se livrent aussi, des agents de la Mobilité et la ministre Van den Brandt (Groen), qui se sent parfois bien seule pour un tel changement. Dimitri Strobbe veut faire du canal en un « espace urbain vivant, vert et bleu ». Mais ici, le seul objectif après travaux est de rétablir la circulation le plus vite possible. L’utopie pourrait cependant devenir réalité et le canal un lieu de rencontre inattendu.

© Linkedin/DS La version IA du Quai du Hainaut générée par Dimitri Strobbe.

 

 

 

 

Métro 3 sur pause ?

Nous apprenons par Bruzz – traduit ICI pour vous – que le ministre Quintin (MR) veut suspendre les travaux du Métro 3 pendant cinq à dix ans, jusqu’à ce le budget de la Région soit en ordre. Le « demi métro » qui devrait subsister entre Albert et la Gare du Nord – pour ne pas perdre les travaux déjà entrepris – serait lui aussi à l’arrêt. Peut-on imaginer un instant que l’avenue de Stalingrad reste ainsi éventrée pendant cinq à dix ans ?

Que resterait-il des commerces et des habitants ? Quid du Palais du Midi ? Qu’en pense la Ville de Bruxelles ? Si c’est le budget Beliris du fédéral qui est en charge du tunnel à creuser entre la Gare du Nord et Bordet ainsi que des sept stations à aménager, c’est cependant la STIB qui reste en charge de la « métroisation » du tunnel prémétro existant d’Albert à la Gare du Nord.

Vu les dépassements de budget, la STIB est en attente d’un gouvernement bruxellois pour aller plus loin et résoudre les passages mal évalués sous les voies de la Gare du Nord et sous le Palais du Midi. Peut-être devrait-elle reconsidérer l’offre alternative du Groupe Denys, à la fois moins chère et plus rapide ? Politico profite de ce désarroi pour évoquer l’effondrement de la Région de Bruxelles. Propos qui n’engagent que Politico, mais dont la classe politique bruxelloise  – aussi en pause – doit assumer la responsabilité.

Illustration by Natália Delgado for Politico

 

Produire de l’ignorance.

On peut produire de l’ignorance sans le vouloir. Le faire intentionnellement, ne devrait-il d’ailleurs pas s’appeler tout simplement un mensonge ? Au palais des Académies, on s’est intéressés cette semaine aux mécanismes de l’ignorance: de la théorie à la pratique. Le Survol de Bruxelles et le Métro 3 y ont fait l’objet d’une analyse critique.

Survol. Laurette Onkelinx à remplacé la route Chabert qui traversait Bruxelles par la route « industrielle » du canal. Melchior Wathelet a prétendu n‘appliquer que le programme de son prédécesseur et ne pas survoler de zones densément peuplées, comme le canal  dit « industriel ». Un accident, lié à une erreur humaine, a permis de limiter l’usage d’une piste impactant des populations privilégiées. Ces contre-vérités ont permis de traverser la ville de part en part, en survolant des populations souvent défavorisées, qui n’ont pas les moyens de se plaindre ni d’aller en justice.

Métro 3. Un mégaprojet dont l’utilité n’a pas été démontrée par une saturation et dont la Région a caché qu’elle n’avait pas les moyens financiers. Un projet à l’arrêt. Beliris refuse le devis du tunnel vers Bordet. Faudra se contenter d’un demi métro d’Albert à Gare du Nord ? Mais aucune étude préliminaire n’a mis en évidence l’existence d’un sol marécageux qui  bloque le passage sous le Palais du Midi et la gare du Nord. Des ingénieurs et la STIB silencieux, même au parlement. Des mécanismes d’ignorance en action.

Voilà  l’aspect de la zone qualifiée « d’industrielle » pour justifier la route aérienne du canal

Sera-t-elle électrique ?

Outre le prix d’achat, l’angoisse de l’autonomie et celle de la recharge conduisent encore une grande majorité des Bruxellois à privilégier l’achat d’une voiture à moteur thermique ou une hybride. Le rejet est bien réel, comme l’atteste le sondage du CNCD, mené en collaboration avec Le Vif: 48% des Belges interrogés se disent contre la substitution du thermique par l’électrique. Essentiellement portée par les voitures de société, l’électrification du parc de véhicules est bien plus timide chez les particuliers.

Au troisième trimestre 2024, une voiture vendue sur quatre (27%) était 100% électrique, d’après la FEBIAC. Un gain de 7,4 points de pourcentage par rapport à la fin 2023. La Flandre y est pour beaucoup, notamment grâce à une prime qui s’est terminée fin novembre 2024. Tout cela incite de nombreux constructeurs à prolonger la production de véhicules diesel et essence. Par contre, les installateurs de bornes de recharge ne relâchent par leurs efforts. 2025  devrait marquer d’importants progrès en la matière.

Si vous ne pouvez absolument pas vous passer d’une voiture individuelle et en attendant que des véhicules électriques citadins de plus petite taille et à des prix plus abordables voient le jour, voilà déjà des infos sur ce qui changera à partir de 2025 à Bruxelles et une autre enquête révélatrice, réalisée par Europ Assistance.