Archives de catégorie : Urbanisme

Des boulevards à l’abandon.

De la Porte de Hal à la Porte d’Anderlecht, les terre-pleins des boulevards du Midi et Poincaré sont transformés, depuis des décennies, en parking sauvage et en dépôts d’immondices, où tout semble possible. Ce chaos au cœur de la ville révèle les conséquences visibles de la fragmentation territoriales bruxelloise, écrit Kris Hendrickx dans un édito de BRUZZ traduit pour vous ICI.

Ces boulevards se trouvent en effet à cheval sur les territoires de la ville de Bruxelles, sur ceux des communes de Saint-Gilles et d’Anderlecht et celui de la Région. Comment transformer ce « no man’s land » en un  « iedersland » (pays de tous) ? Comment mettre fin à la fragmentation qui contribue à la situation dramatique de ce terre-plein ? Une question épineuse, qui débouche rapidement sur un débat de tranchées : « Fusionner les communes » ou « Ne pas y toucher ».

Tout le monde est compétent, mais personne n’est responsable. Une spécialité bruxelloise. La Région ne devrait-elle pas commencer par un réaménagement de ce boulevard et de ces bermes ? Même s’il y a fort à parier que le bourgmestre de la ville de Bruxelles et divers lobbies y mettront leur veto pour pouvoir y accueillir tous les étés la Foire du Midi. Cette foire pourrait cependant très bien déménager au vert au Heysel, comme la foire du Trône à Paris. La balle est dans le camp de Elke Van den Brandt (Groen), ministre de la Mobilité.

Opération nettoyage, stationnement sauvage, Foire du Midi

 

Screenshot

20.000 congressistes !

Les palais des expositions du Heysel appartiennent à la Ville de Bruxelles et ont un besoin urgent de rénovation. La Ville semble avoir trouvé une solution, en confiant la réaffectation des trois palais centraux à une société Newco, dont la Région deviendrait actionnaire, avec un investissement de 150 millions d’euros. Reste encore à trouver 250 millions supplémentaires auprès d’investisseurs privés pour finaliser le projet.

Bien sûr, avec une telle capacité d’accueil pour les congrès, le secteur hôtelier se réjouit déjà. Après 5 ans, une étude estime que le projet devrait générer environ 2 milliards d’euros de dépenses directes à Bruxelles. L’activité induite représenterait près de 35.000 emplois cumulés sur 5 ans, ainsi qu’environ 10 millions de nuitées hôtelières. Une partie des 982 millions de retombées fiscales reviendrait à la Région. L’article de la RTBF en dit plus.

Des chiffres qui donnent le tournis, mais qui supposent de trouver suffisamment de grands événements pour remplir ces palais. Curieux aussi de voir la Région désargentée se lancer dans une telle opération, qui se déroule dans des bâtiments dont elle n’est pas propriétaire. Elle prévient d’ailleurs qu’elle n’épongera pas d’éventuelles dettes, si l’aventure devait mal évoluer. Quant aux autres palais, la Ville devrait prendre leur rénovation en charge, mais ne se prononce pas encore.

plans  JWE fournis par l’ARAU

 

 

 

Nos espaces naturels.

Fin 2025 – et pour la première fois – un tribunal a ordonné un moratoire sur la construction à l’échelle de toute une ville, au motif que la poursuite de son urbanisation et de son imperméabilisation contrevient aux obligations de droit international de lutter contre les causes du changement climatique et d’adapter la ville à ses conséquences inéluctables. C’était une victoire historique de l’association We Are Nature.

Le 3 avril, la Région a publié une circulaire interprétative destinée à ses administrations, pour assurer la continuité des projets tout en renforçant leur évaluation climatique. Les porteurs de projets vont être amenés à fournir des informations qui démontrent la contribution de leur initiative aux objectifs climatiques de la Région. Selon la ministre, l’analyse de l’impact des projets au regard des enjeux climatiques et environnementaux s’en trouvera ainsi renforcée, grâce à des dossiers plus complets et qualitatifs.

La circulaire vise à apprécier les projets au-delà de leur seule consommation de sol, en tenant compte de l’ensemble de leurs effets environnementaux. Cette analyse peut notamment intégrer la réduction des émissions de gaz à effet de serre à la source et les effets positifs sur place, notamment en matière de maintien des puits de carbone, via la préservation ou la création de couvertures arborées. Une interprétation à suivre de près. We Are Nature parle carrément de voyouterie démocratique.

Réforme d’Airbnb.

Des milliers de logements – et parfois même des immeubles entiers – échappent au parc locatif bruxellois, parce qu’ils sont loués à court terme à des touristes. Une opération apparemment plus rentable que la location à long terme avec bail. Les logements type Airbnb doivent cependant s’enregistrer auprès de la Région. Selon Bruzz, plus de 90 % ne seraient pas enregistrés. Cela représenterait 2 500 appartements, maisons ou villas.

On est loin de la simple chambre chez l’habitant louée occasionnellement. Cependant, à entendre les personnes qui souhaitent mettre une chambre en location, les démarches à accomplir sont nombreuses, pénibles et dispersées. Le ministre-président est conscient du problème et veut instaurer un guichet d’enregistrement unique pour les personnes qui continuent à y habiter elles-mêmes.

Par contre, pour celles qui mettent un immeuble entier en location touristique, la législation va devenir plus sévère et coûteuse, dans la mesure où elles entrent en concurrence déloyale avec le secteur hôtelier et soustraient trop de logements au parc locatif bruxellois. Comme d’autres grandes villes, Bruxelles est victime d’un développement anarchique d’une formule qui demande à être règlementée d’une manière juste et efficace.

Réforme d’Airbnb.

Des milliers de logements – et parfois même des immeubles entiers – échappent au parc locatif bruxellois, parce qu’ils sont loués à court terme à des touristes. Une opération apparemment plus rentable que la location à long terme avec bail. Les logements Airbnb doivent cependant s’enregistrer auprès de la Région. Selon Bruzz, plus de 90 % ne seraient pas enregistrés. Cela représenterait 2 500 appartements, maisons ou villas.

On est loin de la formule d’une simple chambre chez l’habitant louée occasionnellement. Cependant, à entendre les personnes qui souhaitent mettre une chambre en location les démarches à accomplir sont nombreuses, pénibles et dispersées. Le ministre-président est conscient du problème et veut instaurer un guichet d’enregistrement unique pour les personnes qui continuent à  y habiter elles-mêmes.

Par contre pour ceux qui mettent un immeuble entier en location touristique, la législation va devenir plus sévère et coûteuse, dans la mesure où ils entrent en concurrence déloyale avec le secteur hôtelier et soustraient trop de logements au parc locatif bruxellois. Comme s’autres grandes villes, Bruxelles est victime d’un développement anarchique d’une formule qui demande à être règlementée d’une manière juste et efficace.