Archives de catégorie : Sécurité

Réforme d’Airbnb.

Des milliers de logements – et parfois même des immeubles entiers – échappent au parc locatif bruxellois, parce qu’ils sont loués à court terme à des touristes. Une opération apparemment plus rentable que la location à long terme avec bail. Les logements Airbnb doivent cependant s’enregistrer auprès de la Région. Selon Bruzz, plus de 90 % ne seraient pas enregistrés. Cela représenterait 2 500 appartements, maisons ou villas.

On est loin de la formule d’une simple chambre chez l’habitant louée occasionnellement. Cependant, à entendre les personnes qui souhaitent mettre une chambre en location les démarches à accomplir sont nombreuses, pénibles et dispersées. Le ministre-président est conscient du problème et veut instaurer un guichet d’enregistrement unique pour les personnes qui continuent à  y habiter elles-mêmes.

Par contre pour ceux qui mettent un immeuble entier en location touristique, la législation va devenir plus sévère et coûteuse, dans la mesure où ils entrent en concurrence déloyale avec le secteur hôtelier et soustraient trop de logements au parc locatif bruxellois. Comme s’autres grandes villes, Bruxelles est victime d’un développement anarchique d’une formule qui demande à être règlementée d’une manière juste et efficace.

Notre chère énergie.

La sortie du pétrole et du gaz est souvent présentée comme un impératif climatique. Mais les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, qui paralysent le détroit d’Ormuz, nous rappellent que c’est aussi un enjeu sécuritaire de premier ordre. Notre dépendance à ces énergies, qui sont originaires de pays lointains, est totale et constitue une arme qui peut être utilisée comme moyen de chantage. The Conversation consacre un article assez complet à cette situation.

Mais alors, qu’elle énergie nous reste-t-il ? L’électricité bien sûr. Mais suffira-t-elle ? Les éoliennes et les panneaux photovoltaïques ne suffiront pas, le nucléaire non plus, ce sont donc des centrales au gaz et des importations d’électricité européenne qui font l’appoint. Jusqu’à quand et à quel prix ? C’est pour dissuader l’usage des énergies fossiles que les gouvernements européens vont les taxer davantage et utiliser ces contributions pour rendre l’électricité moins chère et plus compétitive.

Dans l’immédiat, Écolo propose une solution temporaire au fédéral… qui ne peut se permettre de faire des cadeaux. A plus long terme, là où elle est utilisable, la pompe à chaleur devrait très bientôt devenir avantageuse financièrement. Selon l’économiste de l’énergie Sam Hamels (UGent),  nous sommes à un point de bascule. 2026 pourrait être la bonne année pour passer d’une chaudière au gaz à une pompe à chaleur. Il en dit beaucoup plus ICI. Mais quelles sont les alternatives si une pompe à chaleur ne peut être installée ?

Lettre aux enfants.

« Moi, qui étais certaine que nous lui avions épargné la guerre, que nous avions enterré les démons qui avaient fait les camps de concentration et les génocides et érigé, entre lui et le monde, un mur en forme de promesse : « Plus jamais ça ! » C’est ainsi que commence la lettre que Béatrice Delvaux écrivait à son fils au lendemain des attentats de Bruxelles de 2016.

10 ans plus tard, elle écrit à sa petite-fille et ne change pas un mot à ce texte, où elle demandait pardon de l’avoir abreuvé durant vingt ans de mensonges, avec pour seule et unique excuse d’y avoir cru elle-même. Ces valeurs défendues pour la démocratie contre les extrémismes, pour l’égalité contre les exploitations, pour le pluralisme contre l’obscurantisme, que nous avions reçu en héritage. Béatrice Delvaux en dit plus dans sa lettre complète.

Elle y parle de l’Ukraine, des terroristes du Hamas, de l’extermination du peuple palestinien à Gaza, de cette attaque déclenchée sur l’Iran. Elle veut cependant embrasser sa petite-fille et lui rappeler la force de la vie: sois émerveillée, sois gaie ! Pas par naïveté, innocence ou déni mais parce que la gaîté est une façon d’affronter la vie avec courage. Un message pour tous les enfants de Bruxelles et du monde.

Chasse au blanchiment.

À partir du mois de juin, la ville de Bruxelles entend contrôler les activités des criminels qui blanchissent leur argent via des établissements horeca. Ce sera grâce à une collaboration (enfin) plus étroite avec la police et le parquet. Philippe Close dans un article de Bruzz : « Nous allons fermer des établissements horeca. Tout le monde ne blanchit pas de l’argent, mais ceux qui le font, la Ville les attrapera. »

Cette approche administrative a déjà porté ses fruits à Liège et à Ostende. « Nous pourrons identifier les personnes qui ont dû fermer leur commerce dans ces villes. Si elles décident de s’installer à Bruxelles, nous pourrons contrecarrer leurs plans. On peut à la fois agir de manière préventive en empêchant l’ouverture d’un commerce et de manière répressive en fermant un établissement. » Les indices: chiffre d’affaire énorme, mais sans clients. De Morgen en dit plus ICI, dans un article traduit pour vous.

La chasse pourrait ensuite s’étendre à d’autres commerces impliqués dans des affaires de blanchiment d’argent. Il s’agit par exemple des salons de manucure, des barbiers et des magasins d’accessoires pour téléphones portables. Mais pourquoi seulement à la Ville de Bruxelles ? il reste 18 autres communes.

Nos chers tunnels.

The Brussels Times se livre à une analyse détaillée de la longue histoire de nos tunnels, qui a démarré en vue d’un accès rapide à l’Expo 58. En surface, la Région ralentit la circulation, ajoute des pistes cyclables et récupère de l’espace pour les piétons. Sous terre, un réseau délabré de tunnels routiers datant des années 50, permet le passage de 250.000 voitures par jour à travers la capitale. Faut-il les réparer ou certains devraient-ils disparaître complètement ?

Autrefois, ils représentaient l’avenir. Aujourd’hui, on constate que l’obsession pour la voiture et la négligence des transports publics a eu un coût énorme pour la vie urbaine. Aucune capitale européenne ne dispose d’une infrastructure de tunnels aussi étendue. Les 30 tunnels routiers de Bruxelles sont en ruine. La Région peine à financer l’entretien de ce réseau complexe de 12 km d’autoroutes souterraines construites pendant l’âge d’or de l’automobile.

Dès 2016, Pascal Smet (Vooruit) souhaitait leur fermeture. Le PRDD devait confirmer cette vision du futur. Toute la presse s’en empare et les patrons aussi. La suppression du viaduc Reyers n’a pas conduit au chaos pronostiqué. Un signal positif pour d’autres fermetures ? La Région a espéré qu’une réduction de l’usage de la voiture individuelle allait lui éviter la couteuse rénovation de ses tunnels, mais il n’en fut rien. Cette infrastructure profite toujours en grande partie aux navetteurs qui viennent travailler à Bruxelles, mais qui ne participent pas à son financement.

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